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 Diane Henning

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MessageSujet: Diane Henning   Mer 22 Avr - 12:04

/// Mon personnage est : [Prédéfini]///


I. Identité

    Nom, Prénom(s) : Henning Diane, Mary-Jane
    Date de Naissance, Age : 13 Mai 1977, 17 ans
    Lieu de Résidence : Poudlard. Sa famille vit à Londres, elle y passe le moins de temps possible


IV. Informations complémentaires

    Composition de la Baguette : Un crin de licorne contenu dans un étau de saule, la baguette magique de Diane est conçue pour des sorts mêlant subtilité et souplesse, un reflet parfait de son attrait pour l'intellect plutôt que la puissance. Inappropriée pour des jeux de force mais parfaite quand il s'agit d'user de sortilèges délicats et stratégiques. Elle mesure dix neuf centimètres, se distingue par son utilité dans tout sort de métamorphose.

    Camps : Éloignée dès sa plus tendre enfance de la guerre entre Bien et Mal qui régit ce monde, influencée par son vécu dans son choix de n'y avoir cure, Diane ne se préoccupe absolument pas des duels que peut subir le monde des sorciers depuis quelques années. Sceptique, elle reste à jamais convaincue que Celui Dont On Ne Doit Prononcer le Nom est bel et bien mort, qu'il n'y a a donc absolument pas lieu de s'en préoccuper. Qui plus est, cette conception de ce qui doit être bon ou mauvais l'exaspère, elle l'estime aussi réductrice que manichéenne, trop futile pour mériter tout ce remue ménage. Diane est une jeune femme profondément éloignée du monde de la sorcellerie, suffisamment désabusée pour s'abstenir de le placer sur un piédestal comme peuvent le faire la plupart de ses congénères. Sa plus grande peur n'a malheureusement rien à voir avec le Seigneur des Ténèbres, nul ne sait si elle ne se cassera pas les dents sur son cynisme à l'égard des puissances maléfiques.

    Maison désirée: Elle est à Serpentard
    Don particulier : //



V. HJ - Vous

    Age : 18 ans
    Niveau en Rp : Ça c'est à vous de l'évaluer.
    Présence /7 : Hors rp, 7j/7, rp : Entre 1 et 7 sur 7, c'est assez irrégulier
    Personne sur votre avatar : Mary Elizabeth Winstead
    Code du Règlement : Welcome Merci! I love you
    Comment nous avez-vous connus ? Top site


Dernière édition par Diane Henning le Mer 22 Avr - 21:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Diane Henning   Mer 22 Avr - 17:55

    Rp de Présentation




- Tu veux que j'appelle l'infirmière?

Un vague hochement de tête...
Maternelle, Diane force son visage à sourire, tente de ravaler cette inquiétude perfide qui lui ronge les entrailles et cherche à sortir son cœur par la gorge. Elle agrippe la main de son cher et tendre, comme pour le retenir un peu plus, laisse son regard errer en silence sur les vieilles allées étendues devant la fenêtre. L'été touche à sa fin, mais les fleurs saisonnières sont encore en pleine explosion, elles couvrent l'horizon d'un joli manteau arc en ciel. Du rose, du jaune, du bleu et du rouge, un peu de violet au fond du jardin, au milieu d'une verdure flamboyante, on pourrait presque croire à des centaines de perroquets venus saluer l'aurore imminente. Le monde offre ses plus belles couleurs aux derniers soupirs d'une injustice, comme s'il tenait à prouver que lui aussi sait faire preuve d'un certain humour. Le silence à peine troublé par la gaieté de quelques oiseaux chanteurs, la tiédeur d'une fin de journée caniculaire, l'odeur si particulière du garçon qu'elle aime, celle qui n'est sans doute encore qu'une enfant se sent bien. Il n'est plus question des hurlements qui ont salué la nouvelle au cours des premières semaines, des incompréhensions et des révoltes inutiles, elle éprouve une sérénité presque dérangeante de perfection. Seul réside au fond de son cœur un vide que l'idée de solitude prit la peine de creuser trois mois auparavant, la certitude de mourir à petits feux avec son homme.


"Lis moi un peu de Corneille"

La voix de Jeffrey est méconnaissable... éteinte. A croire qu'une partie de lui est déjà partie pour d'inaccessibles contrées. Diane acquiesce en silence, elle se penche vers son sac pour en extraire le livre déjà rongé par les multiples visites malgré la précaution avec laquelle elle le manipule. Elle soupçonne Jeff d'avoir hérité de l'œuvre bien avant leur rencontre, mais elle n'a jamais osé lui demander s'il lui a prêté dans cet état là. Elle a tellement honte de ne plus s'en souvenir... mais quelque soit le bonheur qu'elle éprouve à le voir, ces dernières semaines lui ont paru si longues, un véritable leitmotiv de routine que seule la dégradation d'une vie pouvait faire parfois varier. Tout lui paraît loin, abstrait, hors d'une réalité qu'elle ne parvient plus à concevoir. Qu'est ce que la réalité sans lui? Ça non plus, elle ne s'en souvient pas. Fort heureusement, elle ne tardera pas à la redécouvrir d'elle même.

"Tu aurais pu choisir autre chose qu'une tragédie grecque pour te remonter le moral." soupire t'elle en cherchant sa dernière page, le visage obstinément fermé.

Un rire dont l'épuisement n'a en rien altéré la douceur s'élève à ses côtés, l'obligeant à lever les yeux de son livre pour contempler le visage creusé de son éternel compagnon.

"Cette histoire finit bien, tu verras... Et j'aime le personnage de Chimène. Tu la lis merveilleusement bien"

Diane se trouble, elle laisse enfin ses lèvres s'étirer d'un sourire naturel, et peut plonger dans sa lecture sans plus de réprimandes. Alors qu'elle laisse les mots l'emporter hors de la cruelle vérité, elle se demande... Serait il entrain de la contempler? Voilà qui pourrait s'avérer particulièrement traître. Bien entendu, elle n'a pas le courage de s'assurer que non, et plusieurs fois les mots butent d'hésitation lors des premières pages. Puis, enfin, elle oublie la présence de Jeffrey et se laisse submerger par la beauté des vers; enfin, il peut tourner le visage vers elle et la regarder sans risquer qu'elle ne s'en aperçoive. Il sourit. Il se sent bien, il n'a ni peur ni rancune, pas même ce vide qui ronge pourtant sa petite protégée... seulement la honte de devoir l'abandonner si vite, si peu certain qu'elle est prête à le laisser aller. Il ne tiendra plus longtemps.

Cet endroit pue, c'est une infection. Pourtant, avec la richesse de son père et son copieux argent de poche, Diane a offert aux derniers jours de Jeff un centre de soins réputé dans tout le pays pour sa quiétude. Le palliatif est quelque chose d'encore si peu rependu, trouver cet institut a demandé tant d'énergie, tout ça pour s'apercevoir qu'il sentait aussi mauvais que les hôpitaux des premières tentatives de sauvetage. Le renfermé, le déjà respiré, la mort et l'attente passive. Elle déteste ça, cette impuissance face à ce qui n'a pourtant jamais été source de préoccupations pour elle. Une sorcière sortie de sa quatrième année ne devrait pas avoir à lutter contre le cancer invasif de son petit ami de seize ans, elle ne savait pas même avant de le connaître que cette faiblesse là était humaine. Elle qui a pourtant tout cherché, depuis les potions les plus improbables jusqu'aux véritables soins moldus, en passant par des sortilèges tenant presque de la magie noire. Et rien... La mort est une chose contre laquelle le plus puissant des mages ne pourra jamais lutter, Diane l'a appris à ses dépens. Et voilà qu'elle passe tout son été dans une chambre qui pue les défunts déjà passés par là, au milieu d'un jardin somptueux et d'autres hommes en attente de leur propre trépas. C'est tellement injuste...


"Tu te souviens de notre première rencontre?" expire soudain Jeff avec une difficulté perceptible.

Elle lève à nouveau le regard de ses lignes, quelque peu désarçonnée, et lui adresse un regard qui ne tarde pas à se faire profondément attendri. Bien sûr, murmure t'elle d'une douceur qui n'a plus besoin d'être forcée. Au milieu de la chambre puante et des mourants, elle comprend pour la première et dernière fois ce que signifie le mot tendresse.

"Tu étais assise sur un tas de feuille. T'avais peut être... je sais pas neuf, dix ans? A te voir on aurait cru que tu ne savais pas ce que tu fabriquais là. J'ai cette impression, chaque fois que je te regarde. Tes yeux n'arrêtent pas de demander ce qu'ils font ici... et ce soir plus que jamais."

Oui... Qu'est ce qu'on fait là au juste Jeff? Pourquoi n'est on pas dehors, avec les autres de notre âge? On pourrait aller voir un film, il paraît que Hitchcock ne va pas tarder à repasser. On mangerait une glace en léchant les vitrines et on parlerait des choses vraiment importantes de la vie, les nouvelles chaussures à la mode et le futur centre commercial, tout pourvu que ça n'ait pas de rapport avec le cancer.
Qu'est ce qu'on fait là?

Elle baisse piteusement les yeux sur son bouquin, troublée d'avoir affaire à un sens de l'observation aussi déstabilisant de justesse. Ses épaules se haussent, aussi peu convaincues qu'elle, ses lèvres marmonnent d'une voix boudeuse.


"Oui... mes parents ne m'avaient pas vraiment épargnée ce jour là. J'avais pris des cookies et du beurre de cacahuète pour tenir le temps de ma fugue" un sourire étire enfin ses lèvres.
- Oh, c'était ça ton petit sac.

Elle acquiesce en silence et reprend la main du jeune homme dans la sienne. La lecture est terminée désormais, elle connaît suffisamment Jeff pour le comprendre. L'heure est venue d'une discussion qu'elle redoute par dessus tout.

**************************************


Diane rencontra ce curieux garçon - curieux parce que bien trop bon pour être humain - cinq ans plus tôt, à la faveur d'un bel après midi d'automne. Les feuilles volaient au milieu du riche quartier résidentiel de Londres et parsemaient le bitume d'une chaude couleur de miel et de feux de bois. Ça sentait bon l'herbe fraîchement coupé, la verdure en pleine décomposition. Elle devait rentrer l'année suivante dans la fameuse école de magie, Poudlard, celle dont elle avait rêvé des nuits entières. Et ce jour là, ces chers parents avaient pour la énième fois décidé de briser le rêve. Trop agitée qu'ils disaient, beaucoup trop heureuse de vivre qu'ils sous entendaient. "Regarde ta grande sœur, elle ne nous cause pas de soucis elle. Prends un peu exemple, tu sers de modèle à Helena maintenant. Ne nous fais pas honte"

Une honte, un modèle et une enfant trop heureuse, voilà ce qu'elle avait toujours été, ce qui avait déjà commencé à l'enfermer sur elle même. Ses premières années avaient pourtant été aussi heureuses que possibles. Des parents absents, une aînée insupportable, un multitude de cadeaux inutiles mais une petite sœur adorable. Son trésor, sa "meilleure amie" comme elle se plaisait à le répéter encore et encore et encore. Toutes les deux étaient inséparables, jamais l'une n'aurait pensé respirer sans l'autre, et ce pendant près de neuf ans. Seulement voilà, l'été suivant, elle rentrait à Poudlard et sans sa chère et tendre. Elle se devait d'assagir sa curiosité et son entrain, pour représenter dignement la brillante famille Henning au sein de ce nouveau monde. Sa mère était une sorcière à ses heures perdues, son père un riche homme d'affaire, tous deux ne s'étaient jamais réellement préoccupés du monde de la magie. Mais non, ce jour là, les sorciers devenaient des admirateurs potentiels, il était primordial qu'elle apprenne à se faire un nom au lieu de sauter partout comme une imbécile, et qu'elle apprenne à sa sœur à faire de même. Et ce jour là, assise au milieu des feuilles, elle les haïssais intérieurement de vouloir lui infliger leur façon de penser les choses. Elle abhorrais sa grande sœur d'être si stupidement parfaite, même la benjamine n'était que source d'amertume.

Jeff s'assit près d'elle, simplement, sans rien dire. Il avait déjà douze ans, c'était un grand, il l'intimida profondément. Mais les quelques heures qu'elle accepta finalement de passer avec lui furent un bonheur encore jamais égalé. En cette journée d'automne, Diane comprit que la bonté humaine pouvait ne pas avoir de limite.

Ils apprirent à se connaître en douceur durant tout le reste de l'année, il sut merveilleusement bien lui redonner le sourire. Bien entendu, elle s'était assagie, au prix d'une rancœur grandissante, mais ce mal était oublié chaque fois qu'elle apprenait à le reconnaître de loin, de plus en plus loin. La genèse d'une relation qui ne pouvait finir que par un amour mutuel et sincère. Un enfant n'est sans doute pas capable d'aimer durablement rétorqueront les intellectuels. Pour Diane, il était évident que ce ne pouvait être qu'un amour éternel.
L'année suivante, elle entra enfin à Poudlard, non sans avoir longuement expliqué à un Jeffrey incrédule les raisons de son absence. Des délires de gamine, disait il, déclenchant à chaque fois chez elle un "stupide moldu" plein de frustration. Elle ne saurait plus même dire à quel moment commença t'il à la croire. Mais à la vue de la baguette, des grimoires et nouvelles robes toutes propres, il fut bien forcé d'admettre la sincérité de ses dires. Mais chuuut, répétait elle bien trop souvent. C'est un secret, tu ne dois en parler à personne.

La première année à Poudlard fut absolument fabuleuse. Le Poudlard Express, les barques, les lumières en pleine lévitation de la Grande Salle et cette voûte céleste visible à même son plafond, l'émerveillement fut tel qu'elle ne put s'empêcher d'en verser une larme. Un sentiment que tous les élèves de cette étrange école reconnaîtront ... comme si tout à coup, on avait enfin trouvé son chez soi.
Une année pleine de curiosité et de succès. Diane était une bonne élève, pleine de questionnements et d'avidité, son admission à Serpentard tenait d'avantage dans son amertume constante et son ambition de conquérir le monde encore présente que dans l'élitisme que l'on prête trop souvent à la maison d'émeraude. Elle se trouva un attrait particulier pour les potions, à tel point que même leur professeur devint son préféré, celui qui rendait chaque journée lumineuse de nouvelles connaissances. Une chance qu'elle ait été admise sous ses couleurs à lui!

Un rêve trop merveilleux pour être durable...


Dernière édition par Diane Henning le Mer 22 Avr - 23:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Diane Henning   Mer 22 Avr - 23:10

"Et notre première fois, tu t'en souviens?"
- Bien sûr, sourit elle immédiatement, alors qu'une lueur mutine éclaire enfin son regard terni depuis bien trop longtemps. Comment aurais je pu oublier?

Un rire couvre une nouvelle fois les chants d'oiseau, cette rafle de chaleur humaine que Diane aime tellement entendre, un véritable torrent de bonheur sans lequel elle n'espère plus survivre.

"Tu as raison... Inoubliable. C'était vraiment... Vraiment atroce"

Leurs rires se mêlent cette fois ci, en un tout de feu et de glace, la gaieté si difficile à trouver chez cette poupée de cire, si ardue à retirer à son tendre marionnettiste. La chambre morte d'avoir croisé trop de défunts semble renaître quelques secondes, à la faveur du soleil ensanglanté qui nourrit désormais tous les murs. Même le vent paraît un instant accompagner leur bien être, agiter soudain les feuilles d'une bise favorable. Comme elle aurait aimé se promener une dernière fois au milieu des fleurs... mais Jeff est bien trop fatigué. A peine parvient il à conserver les yeux ouverts. Peu importe, songe t'elle, il les gardera. Elle obligera ses paupières à ne plus jamais se fermer, pourvu qu'elle ne soit pas obligée d'attendre à jamais qu'elle ne s'ouvre à nouveau sur le caramel de son regard.

"J'étais totalement figée..."
- Et moi je m'y suis pris comme un manche. C'est le cas de le dire. Je crois que tu m'as rendu nerveux.
"Une jeune vierge de quatorze ans, ça ne m'étonne pas que tu aies eu honte"

Et rebelotte, ils se gaussent comme des enfants insouciants dans toute la force de leur âge. Même Jeffrey semble oublier sa fatigue quelques secondes... Éphémères secondes.
Il la lâche en douceur, pour qu'une caresse chaude et légère, à peine un effleurement, ne vienne rassurer sa joue et faire cesser l'inquiétude qui croît chaque fois qu'il ose rompre le contact. Il tremble, elle peut sentir l'incertitude dont chacun de ses doigts est mu alors qu'ils parcourent tous la courbe de sa mâchoire; la faiblesse de son pouce sur la ligne de ses lèvres. Elle sourit malgré tout, heureuse de sentir son cœur s'embarder, retient les sanglots qui lui brûlent tout à coup la gorge à l'idée de ne plus jamais sentir cette douceur, si épuisée soit elle. Jamais elle ne s'autoriserait à pleurer devant lui... quel injustice, quel égoïsme ce serait que de verser de chaudes larmes sur l'épaule d'un mourant. Magnanime, il essuie la goutte amère qui ose pourtant perler, cruelle, au coin de ses prunelles émeraudes.


"Je crois que je ne t'ai jamais vue pleurer" murmure t'il, à peine audible

Elle se mord la lèvre, détourne le visage vers la douceur du jardin, tout juste accepte t'elle de serrer sa main un peu trop fort lorsqu'il daigne la lui rendre. Son cœur saigne, c'est une véritable torture, sa gorge brûle de devoir retenir un tel chagrin. Tout dans leurs gestes, dans cette chambre, dans les fleurs de ces stupides parterres sonne comme un adieu irrévocable. "Le soleil qui les accompagne est une lune bête à pleurer". Qu'il est cruel de lui faire subir un tel bonheur avant de le lui en priver, si brutalement... parce que bien sûr ce sera brutal. Parce ce que leur connaissance de sa mort imminente ne la rendra pas plus douce, pas même moins surprenante. Parce qu'elle est encore persuadée qu'il ne partira pas comme ça, qu'il ne peut tout simplement pas...

"Il n'y a qu'une chose que je regrette... conclut il finalement, ses iris transperçants figés sur un visage qui refuse de les voir,.J'aurais aimé te faire l'amour comme tu le mérites. Diane tourne un visage estomaqué vers lui, bien forcée de plonger dans son regard pour comprendre. Une dernière fois. Comme cet hiver, tu te rappelles? J'avais fait un feu... Je voulais me faire pardonner du désastre."

Le sourire qu'il lui adresse est autrement plus douloureux. Elle ne trouve d'ailleurs pas la force d'y répondre, dépitée qu'elle est face à cette confession si amère. Jeff qui n'a jamais rien regretté, qui a passé toutes ses premières semaines de mort lente à la calmer elle, à toujours faire preuve d'une bonne humeur sans faille. Il n'a jamais eu qu'un seul remords, et ce serait ça? "Comme elle le mérite?" Quand cesseras tu de t'oublier pour moi Jeffrey? Dire que tu aurais eu tous les droits d'être égocentrique ces derniers jours. Et pas une fois tu n'as...

C'est au tour de Diane de sourire, protectrice, sûre de sa sérénité. Peut être aurait il dû éprouver d'avantage de regrets, peut être ainsi aurait elle moins souffert. En cet instant, alors qu'il lui confie sa douleur, elle sent sa gorge se dégonfler, comme soulagée de ne plus pouvoir s'occuper de sa seule peine.
Elle le lâche elle aussi, sa main s'aventure sur la joue creusée de son doux ami, pour venir caresser sa joue, son front, s'enfouir dans sa chevelure écrasée par l'oreiller. Qu'il est beau ainsi, avec sa peau sur les os et sa pâleur cadavérique, son regard exténué et son derme crayeux. Et tandis qu'elle refuse de le quitter du regard, même de répondre à ses interrogations silencieuses, ses doigts glissent le long de son col pour en déboutonner les premières résistances. Il semble figé de stupeur, mais elle sourit de plus belle, et ses lèvres viennent chercher leurs jumelles avec passion, son corps s'aventure déjà sur le lit de mort.


"Diane..."

Il veut la repousser, il sait que c'est complètement stupide. Il y a les infirmières, il y a la gigantesque fenêtre qui dévoile leur vie la plus privée qui soit, il y a son imbécile de corps qui lui refuse sans doute un tel effort. Mais elle est plus déterminée que lui, ses doigts caressent déjà avec passion les os saillants de son buste malade, sa bouche désormais s'aventure dans le creux de ses mâchoires, elle n'hésite pas à expirer sur son cou un souffle empli d'un désir grimpant. Elle l'enjambe enfin, fait sauter ses dernières hésitation en un nouveau baiser ardent, sourit de sentir les mains de son homme se lever faiblement vers la ligne de ses hanches alors que chacune de leurs langues cherche avidement sa sœur. Des doigts dont la maladie n'a en rien altéré la dextérité viennent s'aventurer le long de ses cuisses, épouser la ligne de ses fesses, osent enfin cheminer vers son intimité la plus profonde. Et alors qu'elle plaque plus avant son bassin sur la virilité de son amour, elle rit doucement de sentir sa fermeté.

"Plutôt réactif pour un mourant..." murmure t'elle en l'enlaçant de toute son âme.

*****************************


L'été succédant à sa première année d'étude vit poindre les premiers affres de l'amertume que jusque là elle parvenait encore à contenir. Jeff n'était pas là, parti en stage d'été dans l'un de ces camps de sports si communs aux moldus. Elle le savait, ils étaient parvenus à communiquer durant l'année malgré leurs divergences en matière de médias. Mais elle n'était certainement pas préparée à la gifle qu'elle allait pourtant devoir accuser.
Ses parents furent de véritables tyrans. Bien qu'elle parvint à trouver refuge auprès de sa sœur, lui narrant ainsi toutes ses expériences fabuleuses, parmi lesquelles haute voltige et autres escapades proscrites par le règlement, elle ne parvint pas à échapper à l'étau qui se resserrait dangereusement sur elle. Refaire toute son éducation, contrôler le moindre de ses gestes, réprimander la plus innocente de ses paroles, elle manqua d'en devenir folle de rage et de chagrin. Et Jeff n'était pas là... Sa seule échappatoire, son dernier souffle, elle ne pouvait pas même combler le vide en trouvant une oreille compréhensive sur son sujet. Même sa sœur n'apprit jamais son existence. Parce que Jeff, lui, savait. Elle avait brisé le secret de la sorcellerie, et la peur de ne plus jamais le revoir pour cette faute suffit à faire taire toutes ses audaces, par la même occasion à accélérer considérablement l'implosion. En l'espace de deux minuscules mois, Diane mourut pour renaître plus froide et distante que jamais.

Les années suivantes furent autrement moins passionnées que les autres. Elle perdait son envie de sorcellerie, sa curiosité, l'éternelle énergie qui avait fait d'elle une petite fille si ouverte. Éternellement renfermée sur des rancœurs qu'elle taisait à jamais, elle dégringola, lentement mais sûrement... seul Jeffrey parvenait encore à lui faire retrouver son envie de sourire.

**********************************


La nuit commence presque à tomber, seuls restent sur les murs quelques fresques enflammées vacillant à la faveur de l'ombre des feuilles trimbalées par la bise. Enlacés, les deux adolescents observent les derniers soupirs du soir, engourdis par l'audace qu'ils viennent de commettre. Jeff semble relativement apaisé, son regard tremble de faiblesse. Quelques dernières minutes, Diane imprime des traits qu'elle connaît déjà par cœur : sa mâchoire carrée entachée par une barbe naissante, ses prunelles brunes ternies de fatigue et la symétrie presque parfaite de son visage. Comme ils vont lui manquer ces cheveux en bataille parfaitement indomptables. Comme il sera dur de vivre sans la maturité sereine de ce regard...


"Tu vas bien?" articule enfin un Jeff de plus en plus absent
- Comment peux tu me demander ça...? C'est toi qui meurs, pas moi. Comment penses tu ne serait ce qu'à savoir si moi je...

Elle s'interrompt, une fois encore de peur de fondre en larmes. Pour la dernière fois, Jeffrey laisse échapper un rire empli de tendresse. Il parvient encore à exercer une pression quelque peu supérieure sur la main de son aimée, serrée contre son cœur ralenti par la morphine.

"Il doit me rester quelques heures pour demander au Bon Dieu ce que j'ai fait pour... Pour mériter ça. Et toi Diane...? Combien de temps ? Des jours, des semaines, des années? C'est toujours...il inspire, difficilement... toujours plus difficile pour celui qui reste."

Un gémissement sourd s'évade de la gorge de Diane, elle laisse enfin couler les larmes quelle refoulait depuis des mois. En quelques secondes, elle se noie dans les grosses gouttes, incapable de retenir écoulement oculaire ou nasal, comme une enfant qui se serait soudain rendu compte d'un méchant bobo...

"Tu ne peux pas... une fois... juste fois être ég... égoïste? Crétin"

Et elle s'effondre sur l'épaule d'un Jeff dont le sourire ne s'est pas fait jamais fait si heureux.

Jeff s'est éteint une heure et vingt huit minutes plus tard. Une infirmière a proposé une aide psychologique à Diane, qui a bien évidemment refusé, assurant que tout allait très bien. Peut être aurait elle dû accepter.
C'est toujours plus difficile pour celui qui reste.
Elle commençait tout juste à le comprendre
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MessageSujet: Re: Diane Henning   Jeu 23 Avr - 0:17

Le plus difficile à vivre dans un cancer, c'est qu'il n'y a personne à haïr, aucun responsable à trouver à cette tragédie. Avec le monde de la sorcellerie, c'est facile, on est bon ou on est mauvais, personne ne cherche plus loin et si on meurt c'est que quelqu'un a, consciemment ou pas, attenté à notre vie. Toutes ces théories fumeuses sur le grand maître des ténèbres, sa marque stupide, sur ce garçon incroyable qui a su repousser les forces du mal... Comment voulez vous que j'y prête encore ne serait ce qu'une once d'attention? Ni Harry Potter ni Voldemort n'auraient su repousser un cancer, et cette petite chose, simple conséquence de cellules déficientes, n'a rien d'un mage noir qu'il faut à tout prix éliminer. C'est ainsi, on l'accepte sans besoin de féérie et de prince charmant, on apprend à vivre et mourir avec elle. Que ceux qui critiquent le monde des moldus cherchent un jour à vaincre un cancer.
Mais ça, personne ne le saura jamais. Probablement... Ce n'est pas quelqu'un d'aussi réfléchi que moi qui commettra l'erreur de parler maladie moldue à ses confrères. J'emporterai Jeff et tout ce qui l'accompagne dans la tombe.


*****************************


L'appartement est suffocant de puanteur.
Allongée sur un canapé, Diane, 17 ans, savoure les effets paradisiaques d'une quantité d'hydromel trop importante pour prétendre encore être raisonnable. Derrière elle, des cris que l'alcool rend plus bruyants encore qu'à l'accoutumée s'élèvent, alors que les feux d'artifices ensorcelés pétaradent autour des meubles, manque de brûler tout l'immeuble chaque fois qu'un imbécile a le malheur de les faire exploser. Un sourire glacial étiré sur le bord de ses lèvres, elle méprise l'humanité de toute la force de son âme, au sein du silence le plus cynique qui soit.

Elle a changé et s'en rend parfaitement compte. Moyen d'autodéfense risible, preuve faite que son deuil est passé aux oubliettes, elle a préféré refroidir ses cellules cardiaques plutôt que de les laisser se faire pervertir par le cancer des sentiments. Bien sûr, elle n'a rien d'une grande sociopathe que seule le sang et les larmes pourraient faire encore jouir, elle n'est pas non plus une pro satanique prévoyant la fin imminente du monde tel qu'on le connaît... Elle n'a pas plongé à ce point, tout simplement parce que ça aurait été bien trop voyant. Intelligente, réfléchie, machiavélique dans ses calculs, Diane en sait assez sur la psychologie humaine pour comprendre comment manipuler ses congénères. Pour bien des imbéciles qui se pavanent dans cet appartement miteux, rendu invivable par les fumées de cigarettes et de toutes sortes de pétards, elle n'est qu'une jeune femme cool parce que distante, charmante parce que mystérieuse, parfois joueuse, souvent cruelle. Ces trois dernières années, son corps et chaque artifice servant la cause esthétique ont su renforcer cette image préfabriquée et confortable. Des jambes interminables, une ligne fine et sensuelle sans être exagérément sublime, deux émeraudes désillusionnées en guise d'iris, des lèvres fines et parfaitement maniées... elle est belle et en a parfaitement conscience. Bien que jamais elle n'en use. Jeff reste imprimé au plus profond de son être, il est impensable qu'un jour elle cherche à séduire tout autre homme. Non, elle finira vieille fille, entourée d'une bonne vingtaine de chats et elle ne s'en plaint pas. Bien entendu, il reste quelques hommes pour venir combler ses gouffres interminables. Que serait une véritable plongée dans la débauche sans un peu de sexe?

Une vague nausée lui prend les tripes, elle pousse un soupir épuisé et s'arrache à son canapé pour tenter d'aller se refaire une fraîcheur. Au passage, et non sans manquer de s'effondrer sur ce qui semble être un semi cadavre, elle cherche une fenêtre à ouvrir, un peu d'air frais à respirer avant son imminent trépas. La cuisine, parfait, elle se sert un verre d'eau, de ce geste engourdi si caractéristique des pré gueules de bois, l'avale d'un trait, pour enfin lutter quelques instants avec l'ouverture de cette stupide fenêtre. Sa sœur ne devrait pas être loin, il lui semble l'avoir vue dans les parages. Ce ne serait pas étonnant, toutes deux vont toujours à cette même foutues ... Foutue fenêtre putain!
Enfin, l'ouverture cède, pour le plus grand bonheur de son assaillant. Mesdames et messieurs, voici comment l'esprit vainquit la matière. Elle inspire une bouffée d'air frais, emprunte à un individu lambda une cigarette du paquet resté posé sur le bord. Ne jamais laisser son paquet de cigarettes seul lors d'une soirée visant le suicide collectif par coma éthylique, axiome de base... D'ailleurs, où a t'elle fichu son paquet?


"Tu n'es pas avec les autres?"

Elle tourne le visage, avise une silhouette masculine négligemment appuyée contre la porte, sans doute dans un but de séduction primaire. Inutile de préciser qu'il serait ambitieux de lui demander maintenant de se souvenir du nom de son nouveau Casanova...
Elle ne se donne même pas la peine de se tourner entièrement vers l'énergumène, se contente de répondre d'une voix métallique de neutralité.


"Question purement rhétorique et parfaitement inutile. Je ne suis pas assez studieuse pour pratiquer l'ubiquité, tout le monde à Poudlard sait ça."

A vrai dire, elle ne saurait pas dire si un tel don existe dans le monde de la sorcellerie. Pourquoi pas après tout? Si quelqu'un est assez fou pour se transformer en opossum mexicain, il devrait bien y en avoir un pour se faire des clones. Et oui, elle connaît un élève prétendument à même d'opossumer le mexican. Ariba ariba...
Le garçon rit, pur réflexe de défense, tentative veine de dissimulation de gêne intense. Diane laisse entrevoir un sourire sarcastique, qu'il est certainement trop desinhibé pour interpréter comme tel. Non, Donjuan voit la moquerie comme un encouragement, tente une approche subtile, réclamant une cigarette qu'il sait ne pas appartenir à la demoiselle. Elle lui jette le paquet à la figure sans plus de cérémonie, mais se réjouit paradoxalement de voir que monsieur ne se décourage pas. Très bien jeune homme, tu as gagné, mais sache que l'hydromel a plus de mérite que toi dans cette affaire.

Il aura suffi de quelques années, quelques verres pour que je parvienne à t'oublier Jeff. L'espace d'une petite heure, dans les bras d'un homme qui demain me répugnera. Je peux déjà t'assurer que je n'aurai pas d'orgasme, la jouissance est une conception que je n'entrevois même plus. Peut on décemment faire plus pathétique? Tu serais déçu... Peu importe, c'est ainsi que je survis. Si tu voulais me faire la morale, il fallait être là.
Le pire? Sans doute... Je n'ai pas le droit de t'en vouloir. N'est ce pas?



"Vas, je ne te hais point"
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Paul Higgins
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Age du joueur : 55
Localisation : Les fesses sur la chaise de mon bureau. Les pieds sur le bureau ; et moi dans mon bureau. Logique ?
Age du perso. : 16 ans
Date d'inscription : 16/02/2009

- LEGILIMENS -
Relations:
Profession / Année: Directeur de Recherches à l'Hopi' Ste Mangouste
Aspiration: Connaissance (priorité à la culture)
MessageSujet: Re: Diane Henning   Jeu 23 Avr - 15:16

    Bonjour & Bienvenue ! m5
    Pchut...non, non je ne me répète pas xD


    Yeeeeaah ! J'aime cette petite astuce ;D
    Bien, parlons de ta fiche. Tu sais déjà que j'aime beaucoup ton style et le niveau de vocabulaire très appréciable que tu emploies. Je n'ai pas relevé de grosse faute (même pas une petite d'ailleurs). Ta fiche est parfaitement écrite !
    Ahh et j'aime aussi cette raison qui a provoqué la déchéance de ton perso' m5

    Je te valide sur le champ ; bienvenue chez les Serpentards =D
    Tu peux désormais visiter quelques listes (Quidditch et autres...) et également créer tes fiches de Rps, relations, etc...

    VOILA ; Bon jeu alien



Ps. Une idée particulière pour ton rang la demoiselle ? =D
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InvitéInvité

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MessageSujet: Re: Diane Henning   Jeu 23 Avr - 17:13

*rires*

A chaque problème, une solution; pas de solution pas de problème. Very Happy

Il reste quelques tournures plutôt alourdies, mais paraîtrait que la perfection n'existe pas alors...

Pour le rang... *réflexion intense*
Allons y pour " la double solitude où sont tous les amants. ". Si je peux me permettre une citation qui n'est pas de moi. flower

Encore merci pour tout. ^^
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MessageSujet: Re: Diane Henning   

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Diane Henning

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