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 Blessé &&démasqué__Pv

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Paul Higgins
Newcomer [*] -> Pense à ta fiche =)

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Age du joueur : 55
Localisation : Les fesses sur la chaise de mon bureau. Les pieds sur le bureau ; et moi dans mon bureau. Logique ?
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MessageSujet: Blessé &&démasqué__Pv   Mar 3 Mar - 1:17

    Bien qu’il adore son travail, bien qu’il raffole de ses patientes, bien qu’elle soit avec lui lors de leurs longues recherches ; Paul aimait également s’échapper de cet hôpital pour rentrer chez lui. Et en l’occurrence, c’était l’heure de partir. Le Médicomage prit un grand soin à ranger ses documents éparpillés sur son bureau, ramassant les papiers froissés qui avaient pris logis sur la moquette, remettant sa tasse de café sur une étagère. Lançant un dernier coup de baguette, l’ensemble des tiroirs et des portes d’armoires se verrouillèrent en une flopée de CLIC – CLAC. Paul attrapa ensuite son porte document marron qui trônait dans l’un de ses fauteuils, avant de clopiner en direction de la sortie, s’appuyant sur sa canne qu’il maintenait à son habitude dans la main droite. Porte fermée, manteau enfilé avec sa voisine l’écharpe ; ses pas s’accélèrent vers l’ascenseur qui lui permettrait de rejoindre le rez-de-chaussée de l’hôpital pour enfin prendre l’air dehors après cette longue journée. Très longue journée. Etant venu aux aurores, l’ancien Serdaigle s’était vu travailler aux urgences toute la matinée, durant laquelle il eut droit à divers cas très différents les uns des autres. Par exemple, un jeune enfant était venu accompagné de sa mère. Rien d’extraordinaire aux yeux du Médicomage, jusqu’à ce qu’il se rendre compte que le petit chérubin avait l’apparence d’un elfe. Du moins, sur la moitié du visage. En le voyant ainsi, Paul avait faillit s’esclaffer de rire après avoir écarquillé les yeux tel un merlan fris. Bien heureusement, il n’en avait rien fait ; se contentant de soigner le pauvre garçon.

    Fin sourire d’amusement qui s’étira le long de ses fines et délicates lèvres roses à cette pensée, alors qu’il se trouvait toujours dans l’ascenseur. Il n’avait d’ailleurs même pas pris la peine de demander comment cet enfant c’était trouvé dans cet état, ne pensant qu’à le soigner rapidement sur le moment. Chose qu’il regrettait ensuite…il était toujours bon de savoir comment transformer un enfant en elfe si jamais ce dernier se révélait être un vrai diablotin non ? Certes, cela serait toujours très utile si jamais un patient se verrait être trop insupportable. L’homme sortit ensuite avec hâte, dès lors que les portes dorées s’ouvrir sur le grand hall d’accueil. Il salua rapidement quelques personnes qu’il connaissait maintenant assez bien depuis les années pendant lesquelles ils les côtoyaient. Laissant taper sa canne à chaque pas contre le carrelage du hall, Paul avança en clopinant jusqu’à la sortie qui l’amena dans cette longue rue moldue. Déserte, certes, mais enneigée ! Merlin, l’hiver était réellement une saison qu’appréciait peu le Médicomage lorsqu’il s’agissait de marcher longuement sur ces trottoirs dont les rebords n’étaient que recouvert de gros amas de neige fraichement tombée du ciel. L’homme redoubla de vigilance, ne voulant en aucun se retrouver les quatre fers en l’air après avoir glissé dans la neige avec sa canne.

    Quittant maintenant le quartier moldu, Paul entra lentement dans Godric’s Hollow. Petit village peuplé de sorciers et moldus, qui était accolé à Londres et dont un rapide transplanage lui permit d’atteindre la grande avenue principale qui le conduirait rapidement à son logement. Il reprit alors sa marche, constatant avec étonnement que peu de monde traînait dans les rues. Cela était très certainement du à cette heure tardive qui entraînait une nuit profondément sombre qui laissait néanmoins tomber quelques petits et légers flocons. Laissant ses yeux bleutés errer dans les alentours alors qu’il marchait toujours, Paul remarqua une grosse masse noire qui l’approchait rapidement. Plissant alors les paupières pour tenter de voir de quoi il s’agissait, le Médicomage ne perçut que ses deux gros yeux noirs qui brillaient sous la lueur que dégageaient chacun des lampadaires. Deux gros globes qui le fixaient et qui firent tressaillir le Serdaigle. Paul ne sut dire si son échine avait vibré sous l’effet de ce regard insistant ou sous le vent froid qui soufflait fortement dans la rue. Et alors que cette grosse masse sombre s’avança sur le même trottoir que lui, le Bleu & Bronze resserra sa main droite sur sa canne alors qu’il poursuivait sa marche. Il le vit alors subitement, là maintenant lorsqu’il passa sous un réverbère. Un gros chien noir dont les poils longs étaient négligés et recouvert d’une neige qui s’y perdait dedans. Ses pattes étaient aussi imposantes que le regard qu’il possédait, alors que ses crocs légèrement visibles ne donnaient en aucun l’envie de venir lui administrer une gentille petite caresse le long de sa fourrure.

    Paul sentit ses pas se presser, alors que ce chien commençait à l’effrayer un tant soit peu. Une si grosse bête en liberté dans les rues de ce village ! Merlin, qui étaient les maîtres irresponsables qui laissaient un tel phénomène seul dans les rues, à errer tout seul ?! Très certainement des gens à gifler. Et si un enfant tombait nez à nez avec cette bestiole ? Comment savoir s’il ne l’attaquerait pas férocement pour le réduire en petits morceaux…Vraiment irresponsables. Paul pesta alors encore longuement mentalement tout en marchant, gardant en tête ce regard effrayant que possédait ce gros chien peu chaleureux. Jusqu’à ce qu’un gros bruit sourd n’interrompe ses rêveries. Stoppant sa marche, les oreilles aux aiguaies ; Paul pivota lentement sur lui-même pour essayer de voir de quoi il s’agissait. Personne dehors. Hum, qu’est-ce que c’était ? L’homme fit alors demi-tour, étant persuader que quelque chose avait percuté quelqu’un ou un simple poteau vu le bruit que cela avait produit. Activant son pas en pensant qu’il pourrait y avoir quelqu’un de blessé, le Médicomage réussit à voir uniquement une voiture moldue démarrer au quart de tour au bout de la rue, après un rapide demi-tour. Fronçant les sourcils, il distingua une nouvelle fois cette masse noire. Le chien noir. Sauf que cette fois-ci, il était bel et bien au beau milieu de la rue ; immobile et apparemment allongé au sol.

    Devrait-il l’approcher pour s’assurer s’il n’était pas blessé ? Non, non hors de question d’approcher une autre bestiole qui pourrait lui offrir une deuxième canne si jamais il se mettrait à le mordre subitement. Paul n’était pas vétérinaire après tout. Il fit donc volte-face, pensant que dans cette rue, une personne aurait vite fait de se rendre compte qu’une voiture venait de percuter un pauvre chien qui était maintenant étalé par terre immobile. Ses pas reprirent donc de la vitesse, attendant un moindre bruit de porte qui lui indiquerait que les habitants de ce village étaient un tant soit peu utiles. Mais rien ne venait. Aucun bruit, aucun claquement de porte, aucune parole échangée ; seul le silence régnait dans cette grande avenue où la neige tombait encore lentement. Hésitant un instant, le Médicomage finit par revenir une nouvelle fois sur ses pas, poussé par un sentiment d’altruisme fort –même envers une bestiole peu attirante. Il pressa donc le pas, pestant contre ces habitants aussi sourds qu’un vieux dragon. Clopinant avec sa canne, tenant toujours son porte document dans l’autre main en restant emmitouflé dans son écharpe ; Paul s’avança vers le cabot au milieu de la route. Aux premiers abords, il paraissait salement amoché…Le Serdaigle approcha jusqu’à arriver à sa hauteur, restant néanmoins très méfiant de peur qu’il ne lui saute dessus sous l’effet de la rage et de la colère. « Merlin…mon pauvre tu ne pourras pas gambader dans les rues ce soir… » Paul avait laissé cette phrase franchir ses lèvres, bien qu’il soit conscience de parler à un chien. Il laissa son porte-document traîner au sol, alors qu’il s’agenouilla par terre en prenant sa jambe droite entre ses mains pour parvenir à cette position.

    Et alors qu’il s’apprêtait à porter ses deux mains sur le pelage du chien pour examiner l’étendue de ses blessures ; Paul tomba littéralement sur ses fesses en écarquillant grand les yeux devant se qui se passait. Lui, lui…LUI ! L’homme tant recherché, l’homme présumé comme très dangereux ; était là devant lui ! Animagus. Sirius Black, Animagus. Paul resta un instant à l’observer, de peur qu’il ne le tue sur place pour l’avoir vu sous sa forme animale et humaine. Le choc subit suite à la forte rencontre qu’il avait eut avec la carrosserie de la voiture moldue folle ; avait dut l’affaiblir à un tel point qu’il ne parvenait plus à conserver son apparence animale. Sous l’effet de l’appréhension, du stresse et de la peur ; Paul voulut rire en pensant en cet instant précis qu’il était bien normal que tous ces Aurors ne parviennent à trouver le criminel si ce dernier était un Animagus illégal ! Mais il n’en fit rien…

    « Black… ? Vous…enfin vous m’entendez… ? »

    Ce fut donc son esprit professionnel qui prit le dessus. Il garda cet espace de sécurité entre eux, alors que ses yeux bleutés parcouraient son corps salement amoché. Paul avait pleinement conscience de la dangerosité qui était mise sur la tête de cet homme, mais un blessé restait toujours un blessé à ses yeux. Le Serdaigle, téméraire, approcha son visage du sien pour s’assurer qu’il n’était pas perdu dans un état second. Il le regarda longuement, avant de tenter un sourire timide et maladroit :

    « Je suis Médicomage…je…enfin vous avez vraiment besoin de soins mon cher… »
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MessageSujet: Re: Blessé &&démasqué__Pv   Mer 4 Mar - 21:02

Niveau blabla, je crois que je t'ai battu. =D

    Le gros chien noir posa l'une de ses imposantes pattes dans la neige fraîche, et observa un instant l'empreinte qu'il venait d'apposer sur cette étendue lisse et immaculée. Les quelques flocons qui tombaient encore blanchissaient son pelage noir quelques secondes durant, avant de finalement fondre et ne laissant que de minuscules gouttes d'eau qui perlaient entre ses poils. Il pouvait sentir le froid sous ses coussinets, rendus d'autant plus sensibles par les jours et nuits entières de marche qu'il avait effectués depuis son évasion, cinq mois plus tôt. Il était assez fatigué, et las de demeurer constamment sous son apparence canine, mais l'hébétude des premiers temps après son évasion s'était estompée, et cette litanie sans fin qui avait tournoyé dans son esprit pendant des semaines s'était enfin apaisée. Oui, Peter Pettigrow était à Poudlard, et il avait bien failli l'avoir. Il le savait, ce n'était plus qu'une question de temps avant de réussir à attraper ce sale rat et lui faire payer, à la fois la trahison des Potter, leur meurtre, et les douze années qu'il avait lui-même passé à Azkaban à purger une peine qui n'était pas la sienne.

    Il ne lui avait pas fallu bien longtemps, après s'être évadé, pour atteindre Poudlard. Il fallait avouer qu'il s'était pressé, ne s'accordant du repos que lorsque ses pattes n'étaient plus en mesure de le porter plus loin. Une fois arrivé à Pré au Lard, une fois qu'il avait posé de nouveau les yeux sur le Château, il s'était contraint à la patience. Malgré cette volonté farouche de vengeance et de justice, il savait qu'il lui faudrait élaborer un plan. Retourner à la prison des Sorciers avant d'avoir effectué ce qu'il avait à faire n'était pas dans ses intentions, absolument pas. Il n'avait que trop enduré le contact des Détraqueurs, et c'était une chance pour lui que ces horribles créatures ne fussent pas capable de différencier un sorcier d'un animal. Combien de fois son talent d'Animagi lui avait-il sauvé la mise ? C'était étonnant de constater que personne encore ne semblait avoir été mis au courant de cela. Après tout, Remus était parfaitement au courant de ses aptitudes, et comme il était certainement persuadé qu'il avait livré James & Lily à Voldemort, il lui aurait été très facile de se rendre au Ministère pour dire aux autorités magiques qu'il était un Animagus non déclaré. Etonnant, mais rassurant, et cela l'arrangeait bien. Il pouvait aller et venir dans le village sans que personne ne le remarque ni prête attention à lui. Un chien errant n'avait rien de choquant à Pré au Lard, et nombreux étaient les villageois qui, l'ayant remarqué, lui laissaient quelque chose à manger sur le pas de leur porte. Des restes, certes, mais il n'allait pas faire la fine bouche... Sirius pouvait donc se tenir au courant de ce qu'il se passait à Poudlard, et essayer de déterminer comment y pénétrer et atteindre la tour des Gryffondors sans se faire repérer. En bon Maraudeur, il n'avait naturellement rien oublié des multiples passages secrets que ses amis & lui avaient découverts dans leur jeunesse.

    Et le 31 Octobre, il s'était décidé. Quasiment tous les élèves de Poudlard s'étaient rendus au village pour profiter de leur jour de sortie, il n'avait eu qu'à se faufiler dans la cave de chez Honeydukes et emprunter le passage secret qui l'avait mené droit jusqu'au troisième étage de Poudlard. De là, il n'avait eu qu'à se cacher dans un coin en attendant le soir, que tous les élèves sans exception soient dans la Grande Salle pour le festin de Halloween. Mais la Grosse Dame, toujours présente pour garder la tour des Gryffondors, ne l'avait pas laissé entrer. Submergé par la colère et la frustration, Sirius avait lacéré le tableau. Avait-il vraiment été stupide au point de croire que cela lui ouvrirait le passage jusque dans les dortoirs des Gryffons ? Il avait surtout été guidé par son désir de vengeance et, réalisant son geste, il avait pris la fuite, empruntant de nouveau le passage secret de la sorcière borgne alors que l'on sonnait déjà l'alerte. Il s'était retransformé, et le gros chien noir qui avait erré ensuite dans les rues de Pré au Lard en avait effrayé plus d'un tant la rage semblait émaner de lui. Et puis, quelques jours après, il avait trouvé ce chat. Ou plutôt, ce chat l'avait trouvé, avec sa face écrasée et son pelage roux, et il avait compris que l'animal appartenait à un ou une élève de Poudlard. Tout s'était alors mis en place dans son esprit. Puisqu'il ne pouvait compter sur aucun humain pour l'aider, il lui faudrait d'autres alliés, des alliés qui n'iraient pas le dénoncer aux autorités. Et ce chat semblait tout indiqué pour cela.

    Les semaines s'étaient égrenées jusqu'à décembre. Plusieurs fois le chat avait essayé de lui ramener Queudver, en vain. Chaque fois, le rat avait réussi à s'échapper, et Sirius n'en pouvait plus de tourner en rond dans le village, à attendre de pouvoir faire quelque chose. Alors, à l'approche de Noël, il était redescendu dans le sud, à Godric's Hollow. Il ne savait pas réellement ce qu'il cherchait là-bas. La maison en ruine des Potter, il l'avait déjà revue quelques mois plus tôt. Leur tombe aussi. Au fond de lui, il nourrissait l'infime espoir d'y croiser Remus. Sans avoir aucune idée de ce qu'il pourrait bien faire s'il croisait son vieil ami, il avait envie de voir s'il le croiserait là-bas. Peut-être aurait-il l'audace et la folie de se présenter devant lui. En chien ou en humain, dans tous les cas, Remus le reconnaîtrait. Il s'était transformé tellement de fois sous ses yeux. La solitude rongeait Sirius, et la crainte de ne jamais réussir à attraper Queudver, et surtout de ne jamais pouvoir lui faire payer le prix de toutes ces vies brisées par sa faute, lui nouait les entrailles. Et puis, un certain nombre de sorciers vivaient à Godric's Hollow. Peut-être croiserait-il une vieille connaissance qu'il observerait de derrière ses poils hirsutes. Il lui fallait quelque chose de familier auquel se raccrocher. Il pénétra dans le village à la nuit tombée et, au détour d'une ruelle, ses grands yeux gris se posèrent sur l'inconnu qui marchait avec une canne.

    Ce qui était amusant lorsqu'il était sous sa forme canine, c'était que même si son esprit demeurait celui d'un humain, ses perceptions devenaient celles d'un chien. Aussi pouvait-il sentir la peur ou la colère des gens en passant à proximité d'eux. Et l'homme qui avançait là n'était absolument pas rassuré par sa présence. Cela l'amusa un instant, et ses crocs se dévoilèrent un bref instant. Joueur, il n'avait pu résister à l'envie de filer un peu plus la frousse à cet homme, certain qu'au moins, il ne viendrait pas le déranger. Il fit l'homme presser le pas et lui même passa son chemin, se détournant de lui sans lui prêt d'avantage d'attention. Puisqu'il était là, il avait l'intention de retourner au cimetière du village. Comment il fit pour ne pas sentir la voiture, ou pour ne pas se dégager à temps, il n'en sut rien. Toujours est-il que ce fichu moyen de transport moldu dérapa sur une plaque de verglas et le heurta avant qu'il n'ait eu le temps de s'écarter d'un bond. La fatigue, le froid et la faim avaient engourdi ses réflexes et il n'avait pu qu'encaisser le choc, lâchant un couinement à la fois de surprise et de douleur. Le pare-choc lui avait éraflé le flanc, un mince filet de sang s'en échappait, et il devait bien avoir une ou deux côtes cassées à en juger par la douleur qui lui perçait le thorax à chaque inspiration qu'il essayait de prendre. L'une de ses pattes s'était tordue lors de sa chute. Péniblement, le chien essaya de se relever, mais il était trop sonné pour y parvenir et la douleur le fit renoncer. Lorsqu'il entendit des bruits de pas revenir vers lui, il grogna, retroussant ses babines. Réflexe stupide, et le simple fait de grogner lui faisait mal aux côtes, aussi cessa-t-il bien vite en reposant sa tête sur le sol et essayant de calmer sa respiration. Par Merlin, quelque chose pour la douleur !

    « Merlin... mon pauvre, tu ne pourras pas gambader dans les rues ce soir... »

    Sans blague. Il n'aurait pas eu si mal, il aurait volontiers levé les yeux au ciel, chien ou pas. Au contraire, il ferma les yeux, incapable de supporter la douleur. On aurait presque dit qu'une grimace déformait les traits de l'animal. Il sentit cependant que l'homme tendait une main vers lui, et son instinct de survie le fit réagir plutôt stupidement. Incapable de demeurer plus longtemps transformé, il reprit sa forme humaine sous les yeux ébahis de l'inconnu qui en tomba à la renverse. La respiration de Sirius était pénible et souffreteuse, erratique. Chaque inspiration paraissait lui déchirer le flanc, mais la seule pensée cohérente qu'il parvenait à formuler était qu'il ne retournerait pas à Azkaban. Certainement pas. Il aurait été prêt à se débarrasser de cet homme s'il avait tenté quelque chose contre lui, quelque chose qui lui aurait valu un aller simple pour la prison des sorciers, qui l'aurait empêché de mettre ses plans futurs à exécution.

    « Black...? Vous... enfin, vous m'entendez ? »
    « Foutez le camp... »

    Sa voix était rauque, cassée par la douleur. Il n'avait pas dû prononcer un mot depuis des semaines et cela s'entendait dans ses intonations éraillées. Sirius se savait incapable de se remettre debout et de s'enfuir, mais cela ne l'empêcha pas d'essayer. Il roula sur le côté et, s'appuyant sur l'une de ses mains, essaya de se relever. Il ne parvint qu'à gronder de douleur, se laissant retomber sur le bitume. « Nom de... » Le juron mourut sur ses lèvres. Quelle connerie ! Se faire renverser par une voiture, aussi stupidement. Il était furieux. Fatigué, blessé, et furieux. Et puis, l'autre le détaillait de ses yeux clairs, comme s'il avait été en train d'évaluer ses chances de le maîtriser d'un sortilège pour pouvoir le renvoyer à Azkaban. Il serra les mâchoires lorsqu'il approcha son visage du sien.

    « Je suis Médicomage... Je... Enfin, vous avez vraiment besoin de soins mon cher... »

    Un rire sans joie s'échappa de ses lèvres. Voyant que le prétendu Médicomage tendait une main vers lui, il lui attrapa le poignet certes fermement, mais l'autre aurait pu se dégager sans problème.

    « Ne me touchez pas... » siffla-t-il entre ses dents. Puis, dans un souffle : « Je ne retournerai pas là-bas… »

    C’était une pure folie de refuser ses soins, il le savait. Mais qui lui disait que l’autre ne mentait pas ? Qui lui disait qu’il était véritablement médicomage ? S’il le laissait sortir sa baguette pour le soigner, il pourrait très bien l’assommer d’un sortilège. Et quand il se réveillerait, il serait de nouveau dans une cellule… Ou pire. Il pourrait se réveiller pour voir la bouche béante d’un Détraqueur qui aspirerait son âme. Un frisson de peur lui secoua l’échine. Non seulement il était dans l’incapacité de se défendre, mais en plus de cela, il venait de montrer à l’homme qu’il était Animagus. Incapable de se soutenir plus longtemps, Sirius posa de nouveau sa tête sur le bitume, se rallongeant. Sa main, cependant, tenait toujours le poignet de l’homme. Il devait vraiment être en sale état, avec ses vêtements usés de prisonnier, ses blessures à peine cicatrisées qui parsemaient son corps maigre et tatoué et son air frêle. Il détestait être ainsi en situation d’infériorité.

    « N’essayez même pas de sortir votre baguette. » Puis, à nouveau : « Je ne retournerai pas à Azkaban… Pas maintenant… »
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Paul Higgins
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MessageSujet: Re: Blessé &&démasqué__Pv   Mar 10 Mar - 1:44

J'admets ! m5 Tu remportes le cadeau : UN soin gratuit à Ste Mangouste ! Si ça ne tombe pas au bon moment ça...xDD


    Il ne savait ce qui l’avait poussé. Il ne savait pour quelle raison il s’était risqué à s’approcher. Et pourquoi était-il resté en lui proposant son aide par la même occasion. Tant de questions auxquelles il n’avait le temps de prêter attention, alors que devant son nez était allongé le plus dangereux des criminels. Du moins, d’après ces multitudes d’affiches qui étaient placardées sur chaque lampadaire dans les rues sorcières. Comment aurait-il pu ne pas le reconnaitre ? Restait maintenant à savoir l’attitude qu’il devait adopter face à cet individu. Assis par terre, au milieu de la route, la neige tombant par flocon sur ses cheveux, ses yeux fixés sur ce corps blessé ; Paul ne cacha pas la peur qui traversa l’ensemble de son être. Il eut tout d’abord peur qu’il ne lui lance un quelconque sortilège. Puis ensuite qu’il l’attaque. Vint après la potentielle seconde de réflexion qui lui permit néanmoins d’éclaircir quelque peu son esprit. Il était nettement supérieur et dominant de la situation, bien qu’il possède une jambe handicapante. Black était sérieusement blessé, plongé dans un état second due à l’intense douleur et amaigrit. Paul reprit alors un tant soit peu confiance en lui, tentant vainement de faire disparaitre cette peur qui avait prit possession de son corps. Immobile. Pétrifié. Il n’avait toujours pas retrouvé l’ensemble de ses esprits, alors qu’il laissa échapper un vague soupir. Indéniablement, il ne pouvait plus faire demi-tour et le laisser ici. Paul, poussé par une témérité extrême, essaya d’évaluer l’état de son pauvre patient improvisé.

    « Foutez le camp... »
    « Comme si je m’étais embêté à faire tout ce chemin avec ma patte folle et ma canne pour entendre ce doux murmure des plus attendrissants … »

    Peut importe ce qu’il avait pu commettre pour gagner sa cellule à Azkaban. Il restait néanmoins un homme. Blessé de surcroît. Paul s’était alors permis cette réplique des plus ironiques, lui adressant par la même occasion un faux air enjoué. Répliques comme il avait tant l’habitude de dire dans son entourage et ce au quotidien. Le Médicomage préféra ignorer les possibles réactions que pouvait avoir le vagabond clandestin. Merlin, il ne valait mieux pas. Ses deux perles bleues claires balayèrent ensuite le corps allongé de l’homme. Quelques flocons se perdaient sur sa peau découverte à certains endroits. Paul ne put qu’apercevoir quelques tatouages encrés sur son torse, ses bras. Par quelle raison s’était-il imposé tant de douleur pour avoir ces choses immondes sur sa peau ? Nouveau soupir de la part de l’ancien Serdaigle qui poursuivit son observation alors qu’il paraissait souffrir de ses douleurs, s’il en croyait ce juron aspiré qu’il avait subitement émis. Le Médicomage voulut se présenter dans l’espoir qu’il cesse d’être aussi ridicule et méfiant avec lui. Ne l’aurait-il pas déjà embarqué derrière lui s’il avait souhaité le ramener dans sa cellule ? Surtout avec la prime qu’il aurait peut-être touché.

    Un rire sans joie. Ce fut la seule réponse que lui fournit Black. Bien…passons aux choses sérieuses, alors que la neige ne cessait de les envahir et qu’ils occupaient toujours la route. Heureusement que ce froid hivernal et que cette heure tardive n’avait pas attiré grand monde dans l’allée principale. Sinon les choses auraient davantage étaient brusquées. Paul approcha donc une main vers lui, dans l’espoir qu’il le laisse l’examiner rapidement. En vain ! Ce crétin lui attrapa la main, avant de poser son regard meurtrier et menaçant dans le sien.

    « Ne me touchez pas... »
    « Hum…Navré, je n’ai pas encore inventé la télépathie pour connaitre l’étendue des blessures de mes patients. J’ai besoin d’un contact avec eux, mais dès que je parviens à me séparer de l’utilité de mes mains ; vous serez le premier au courant… » L’ironie était toujours présente. La peur également, bien que davantage enfouie en lui à cet instant précis.
    « Je ne retournerai pas là-bas… » Il devina aisément et rapidement la signification de ce lieu indirectement avoué.
    « Et bien n’y allez pas… » Franc, direct, posé, distinct ; le timbre de sa voix fut dénudé d’ironie ou d’un quelconque signe d’amusement. Un haussement d’épaule accompagna ses mots, alors qu’il le regardait toujours en attendant qu’il lui lâche le poignet. « Ce n’est pas moi qui m’amuserait à traîner par là-bas. Ou même à ramener quelqu’un là-bas… »

    Aurait-il désormais confiance en lui ? Peut-être pas. La méfiance devait maintenant être encrée dans ses veines, simple réflexe de survit. Après tout. Il devait bien avoir ses raisons pour éviter à tout prix de retrouver sa cellule adorée à Azkaban. L’accueil ne devait pas être des plus chaleureux, les repas ne devaient pas être somptueux ; mais la solitude y était reine. Morbide même. Cependant Paul n’était pas autant amoureux de la tranquillité et le silence pour aller se jeter dans les bras des Détraqueurs pour être interné à Azkaban. Qui donc le ferait d’ailleurs. L’homme sentait toujours l’emprise qu’avait Black sur son poignet, ainsi que la dureté du sol qui commençait à se faire sentir dans ses genoux. La peur quand à elle s’était évaporée, laissant place à la détermination. Il resterait ici jusqu’à ce que ce maudit prisonnier ne veuille céder. Hors de question qu’il le laisse au beau milieu de Godric’s Hollow, étendu sur le bitume. Dépourvu de soin et d’aide. Un Médicomage ne ferait pas ça. Paul n’allait pas faire ça.

    « N’essayez même pas de sortir votre baguette. »
    « J’en aurai pourtant bien besoin pour vous transporter dans un endroit plus approprié » Ses prunelles azures croisèrent les siennes « Je crains ne pouvoir vous transporter dans mes bras plus d’un mètre… » Léger sourire qui traversa ses lèvres. Même dans cette situation, le vieil Serdaigle trouva de quoi plaisanter. Merlin, pourvu que l’évadé ne vienne pas lui sauter à la gorge en lui ordonnant de partir au plus vite avant qu’il ne se mette à l’étrangler. Un frisson parcourut alors l’échine du Médicomage, dont le poignet était toujours aussi bien tenu par l’homme.

    « Je ne retournerai pas à Azkaban… Pas maintenant… »
    « Ca tombe bien. Moi non plus ! » Il porta sa deuxième main sur la première, voulant extirper celle de Black. N’y parvenant pas réellement ; ses yeux revinrent sur son visage. « Si vous pouviez me lâcher maintenant, je vous promets de ne pas vous tuer, ne pas vous ramener, ne pas vous blesser davantage, ne pas partir en courant…Quoique. Je ne pense pas être capable d’effectuer la dernière possibilité. »

    Une mine faussement songeuse s’empara de chacun des traits de son visage, alors qu’il le regardait toujours. Il était claire que Paul prenait cette situation à la légère, plaisantant, ironisant, jouant sur les mots ; pour ne pas sombrer dans la peur face au prisonnier vagabond. Le Médicomage occupait toujours le bitume, les fesses dessus et les jambes plus loin devant lui. L’humidité s’était emparée de son pantalon depuis un moment, alors qu’il commençait à avoir trop de flocons sur ses genoux à son goût. Il était temps de partir de cette rue, ou du moins prendre une autre position que celle-ci. De plus, les muscles meurtris de cet homme n’allaient pas retrouver leur vivacité en un seul claquement de doigt. Ce fut sans aucun doute la raison qui poussa Paul à retirer vivement cette main qui agrippait toujours la sienne. Il regarda ensuite l’homme de plus près, voulant lui assurer qu’il n’allait que s’en tenir à ses promesses dites quelques secondes auparavant.

    « Vous allez vous laisser faire maintenant ? A moins que vous préférez mourir de froid pendant la nuit… »

    Doux, autoritaire, attentionné. Paul conserva son regard posé sur sa silhouette, alors qu’il sortait lentement et doucement sa baguette de la poche intérieure de sa veste. Il pria tous les saints, se fit croyant durant ces secondes pendant lesquelles il espéra que Black ne le tue pas sur place. Une. Deux. Trois. Cinq. Huit. Toujours rien. Les secondes s’écoulaient toujours les unes après les autres, alors que Paul sortait sa baguette magique. Il lui avait interdit. Mais un Médicomage qui ne faisait pas l’usage de sa baguette magique était comme une Vipère sans ses écailles. « Je ne vais rien vous faire qui nuirez davantage à votre santé… » Ces paroles se voulaient rassurantes. Mais elles s’adressèrent plus à lui qu’à Black. C’était bien lui qui espérait, qui sentait une légère crainte prendre siège au creux de son estomac en imaginant déjà cet homme criait et lui planter sa baguette magique dans l’œil. Ou peut-être son imagination était-elle trop développée et les rumeurs que l’on contait sur Sirius Black embrumaient trop ses esprits. Il n’en restait pas moins que Paul était toujours en train de sortir sa baguette magique, gardant un œil sur l’Animagus qui jonchait le bitume. Ce furent sans aucun doute les secondes les plus longues qu’il n’ait jamais connu.





    EDIT Sev' : N'ose même pas imaginer une Vipère sans écailles ! Un Ver de Terre O.o -
    D'où tu viens t'incruster dans mon Rp toi ? m12 _Héhé. Vipère sans écaille !


Dernière édition par Paul Higgins le Mer 11 Mar - 13:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Blessé &&démasqué__Pv   Mar 10 Mar - 23:04

    « Comme si je m’étais embêté à faire tout ce chemin avec ma patte folle et ma canne pour entendre ce doux murmure des plus attendrissants … »

    Pour toute réponse, Sirius émit un léger grognement qui évoquait celui d’un chien. Pas menaçant, plutôt… désespéré. Et puis, à part avec lui-même, il n’avait pas vraiment eu l’occasion de tenir une conversation civilisée ces douze dernières années, alors l’ironie dont faisait preuve l’inconnu l’avait un peu surpris. Avant, il aurait sauté sur l’occasion et aurait répliqué quelque chose de plus mordant encore. Avant, de toute manière, il ne se serait certainement pas retrouvé étalé au milieu d’une route, dans la neige, renversé pitoyablement par une voiture… Et puis, l’engourdissement commençait à le prendre, aussi bien dû au froid qu’à la douleur, et semblait anesthésier son cerveau, tant et si bien qu’il n’était plus réellement en mesure de trouver quelque chose d’intelligent à rétorquer. C’était le cadet de ses soucis, de toute manière. Essayer de faire preuve de finesse d’esprit alors qu’il risquait se gagner un retour pour Azkaban aurait été des plus futiles, même pour quelqu’un comme Sirius, qui se moquait généralement éperdument des conséquences.

    Un frisson lui secoua le corps tout entier, réveillant la douleur, et il crispa les mâchoires pour réprimer un nouveau grognement, de protestation cette fois-ci. Vu les haillons qu’il portait, il n’était guère armé contre le froid, d’autant plus qu’il se trouvait allongé dans la neige, et que des flocons continuaient de tomber. C’était aussi pour cela qu’il demeurait chien aussi souvent que possible, au moins il n’était pas dérangé par les conditions climatiques. Ou du moins les supportait-il plus aisément lorsqu’il était recouvert d’un pelage noir hirsute qui résistait également aux intempéries. Mais malgré l’engourdissement, Sirius ne perdait pas de vue que cet homme qui se présentait pourtant avec les meilleures intentions, Médicomage de surcroit, pouvait tout aussi bien jouer la comédie et profiter du plus petit moment d’inattention pour le neutraliser. La prime promise par le Ministère pour sa capture, lui, le dangereux & sanguinaire criminel, devait en allécher plus d’un… Alors ledit criminel blessé & épuisé, c’était carrément une aubaine pour le premier bon citoyen de la communauté magique venu.

    « Hum…Navré, je n’ai pas encore inventé la télépathie pour connaitre l’étendue des blessures de mes patients. J’ai besoin d’un contact avec eux, mais dès que je parviens à me séparer de l’utilité de mes mains ; vous serez le premier au courant… »
    « Si vous êtes vraiment Médicomage, ne me faites pas rire, je crois que mes côtes ne tiendraient pas le coup. »

    Un rictus vint étirer les lèvres de Black. Un rictus qui dévoila ses dents jaunies, et creusa des fossettes sur ses joues déjà maigres, lui conférant un air un peu fou. L’air de quelqu’un qui avait vécu trop longtemps avec ses fantômes. L’autre aurait eu peur en le voyant que ça n’aurait pas été étonnant, après tout, il ne devait pas être très beau à voir, encore moins quand on était persuadé qu’il avait tué douze moldus et réduit Peter Pettigrow en miettes…

    « Ce n’est pas moi qui m’amuserait à traîner par là-bas. Ou même à ramener quelqu’un là-bas… »

    Cette fois-ci, sans pouvoir s’en empêcher, il émit un rire qui lui enflamma le thorax et mourut dans sa gorge alors qu’il aspirait pour une grande goulée d’air. Pendant les secondes qui suivirent, seule sa respiration erratique brisait le silence de la nuit, alors qu’il tentait de repousser la douleur et la peur qui lui tiraillait les entrailles. Puis, posant de nouveau ses prunelles grises sur le Médicomage, il répondit, sans se départir de ce sourire dérangeant :

    « Pas même un… comment disent-ils déjà, un dangereux assassin ? Quelqu’un qui a réussi à s’en échapper ? »

    Ça le faisait rire. Ça le faisait tellement rire, toutes ces rumeurs qui couraient sur lui… Quelqu’un avait même laissé courir le bruit qu’il était un vampire. Stan Rocade, le contrôleur du Magicobus, à qui il avait ensuite bien flanqué la frousse. Et puis, mieux valait en rire, après tout. Tant qu’il se savait innocent, lui. Tant qu’il parvenait à venger James & Lily, à supprimer ce foutu rat une bonne fois pour toutes, chose qu’il n’était pas parvenu à faire une décennie plus tôt… De toute manière, après le meurtre des Potter, le Ministère avait cherché à boucler le plus rapidement l’affaire. Voldemort était mort, ou présumé mort en tout cas, et les autorités magiques avaient cherché à mettre le plus vite possible aux oubliettes ces sombres heures de la communauté sorcière. Alors, quand ils l’avaient attrapé, lui, Sirius Black, riant aux éclats au beau milieu d’une rue jonchée de cadavres de moldus… Le coupable idéal. Il n’avait même pas eu de procès, même pas eu la chance de leur expliquer. Pourtant, si quelqu’un s’était donné la peine de le laisser exposer les faits, même sous Veritaserum, toute la lumière aurait pu être faite sur cette histoire. Il aurait été relâché, et ils auraient cherché le vrai coupable. Mais Sirius lui-même avait été trop sonné pour essayer de prouver son innocence. La perte des Potter et la culpabilité l’avaient plongé dans une sorte d’état second où tout ce qu’il avait pu faire ou dire avait été tellement étrange, tellement incongru, qu’il avait constitué le coupable parfait. Fou, fou à lier.

    Douze années de perdues. Et aujourd’hui, Peter se trouvait dans le dortoir où Harry dormait. Dans le château où Harry vivait. Cette idée était insupportable.

    « J’en aurai pourtant bien besoin pour vous transporter dans un endroit plus approprié. Je crains ne pouvoir vous transporter dans mes bras plus d’un mètre. »
    « Vous pouvez aussi me laisser là, oublier m’avoir vu et reprendre votre chemin… »

    Il toussa, et à nouveau la douleur lui enflamma la poitrine, le faisant grimacer. L’idée était plus qu’alléchante, à vrai dire. Le laisser l’emmener pour qu’il le soigne, dans un endroit où son dos ne serait plus en contact avec le bitume recouvert de neige, ou le vent cesserait de courir sur sa peau, et où il pourrait se réchauffer. Combien de temps qu’il n’avait pas goûté à la tiédeur d’un bon lit ? Avec le feu crépitant dans l’âtre, et les bruits de l’extérieur étouffés comme dans du coton. Furtif mais vivace, un souvenir lui revint en un flash qui l’aveugla et lui fit fermer les yeux, un instant. Sa prise sur le poignet du Médicomage se relâcha un peu. Il se revit ici même, à Godric’s Hollow, dans le jardin des Potter. Un soleil d’automne qui réchauffait doucement sa peau. Il n’avait à cette époque pas encore les traits usés et pâles de celui qui a passé des années en prison, mais au contraire la beauté juvénile de celui qui est dans la fleur de l’âge. Ses yeux gris, rieurs, suivaient un petit garçon pas plus haut que trois pommes qui filait sur son premier balai magique. Ses éclats de rire semblaient résonner dans l’air. Au fond du jardin, un pommier livrait ses premiers fruits. Dans la maison les bruits de James & Lily qui se chamaillaient gentiment tout en préparant le repas. Et, une poule qui picore sur un mur séparant leur jardin de celui des voisins. Il s’était transformé en chien, et le petit Harry avait grimpé sur son dos, agrippant ses poils hirsutes sans cesser de rire.

    Lorsqu’il rouvrit les yeux, son cœur se serra. Il était bien à Godric’s Hollow, mais les temps avaient bien changé. La voix du Médicomage acheva de le ramener à la réalité, avec son lot de froid & de douleur.

    « Si vous pouviez me lâcher maintenant, je vous promets de ne pas vous tuer, ne pas vous ramener, ne pas vous blesser davantage, ne pas partir en courant…Quoique. Je ne pense pas être capable d’effectuer la dernière possibilité. »

    Bien malgré lui, la fin de la phrase lui arracha un léger sourire. Un éclopé, lui aussi. Eclopé qui parvint finalement à se dégager de sa poigne, et sa main à lui retomba mollement sur le sol. Il fixait Paul sans ciller, incapable de se décider. Il avait envie de lui faire confiance, parce qu’il était simplement à bout de forces et que de toute manière, dans l’état où il se trouvait, il était simplement incapable de lutter plus longtemps. Que ce soit mentalement ou physiquement, l’homme aurait le dessus sur lui, patte folle ou pas. Et puis, malgré toutes ses réticences, il ne pouvait s’empêcher de remarquer que si l’autre avait voulu réellement le renvoyer à Azkaban, il ne se serait pas perdu dans tant de mots. Un simple coup de baguette aurait suffi à le neutraliser, alors, pourquoi se serait-il embêté à essayer de le convaincre de le laisser le soigner ? Quel homme normalement constitué aurait désiré soigner un dangereux fugitif avant de le renvoyer dans sa cellule ? Bon, pas que l’homme en question parût sain d’esprit, parce que réussir à faire de l’humour quand on se trouvait face à un homme en cavale, ça requérait un certain grain de folie…

    « Je ne vais rien vous faire qui nuirait davantage à votre santé… »

    Il vit du coin de l’œil que le médicomage cherchait à sortir discrètement sa baguette de sa poche, et eut un reniflement sarcastique. De toute manière, si l’autre décidait de le renvoyer dans la prison des sorciers, vu son état il ne pourrait rien y faire. Alors, puisqu’il lui proposait de le soigner – en supposant que cela fût vrai – autant accepter… Dardant ses prunelles grises sur son vis-à-vis, il lâcha :

    « Si vous voulez sortir votre baguette, faites-le clairement parce que là, c’est vraiment suspect… » Une inspiration, hachée. A nouveau, un sourire qui dévoila ses dents bien alignées. « Et si vous me croyez vraiment capable de vous attaquer dans cet état, je vais demander à voir vos diplômes avant de vous laisser me lancer le moindre sortilège de soin. »

    Accord silencieux. Il acceptait de le laisser le soigner, si tel était vraiment ce qu’il voulait, mais il n’allait certainement pas lui dire de vive voix « Allez-y, je mets mon sort entre vos mains ». Cette perspective était bien trop hasardeuse & risquée pour qu’en plus il admette clairement ne pas être en état de reprendre son chemin sans son aide.

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Paul Higgins
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MessageSujet: Re: Blessé &&démasqué__Pv   Mer 11 Mar - 15:28

    Qui diable avait eu l’audace de dire qu’un échappé d’Azkaban n’était pas de bonne compagnie ? Bon. Certes, cet échappé là était en quelque sorte blessé et ne possédait pas ses entières capacités physiques. Il n’en restait pas moins que Paul commençait à se faire moins craintif face à celui qui était soit disant très dangereux et sauvage. Pure foutaise. Ce jeune homme était juste traumatisé par ces longues années passées enfermé dans une cellule avec pour seule compagnie ; ces horribles montres cagoulés et difformes noirs. Les Détraqueurs. Néanmoins, Black restait sensible aux différentes marques d’ironies et d’amusements qui se glissaient parfois dans l’un des phrases que lui accordait le Médicomage. Comme celle où il s’était insurgé de ne pouvoir faire l’usage de sa baguette magique. « Si vous êtes vraiment Médicomage, ne me faites pas rire, je crois que mes côtes ne tiendraient pas le coup. » Léger sourire qui apparut sur son visage, alors qu’il voyait cet être allongé sur le bitume, se tordant de douleur sous les plaies qu’il avait eu. Paul ôta deux, trois puis quatre flocons inopportuns qui démangeaient furtivement le bout de son nez ; après s’y être logés.

    Son attention revenue sur le pauvre homme maigrichon, Paul plissa les yeux dans un intense moment de réflexion. « Il me semblait bien que vous étiez blessé à ce niveau là, vu la difficulté que vous aviez à vous maintenir autrement qu’allongé… » L’une de ses mains, celle qui était libre, c’était rapidement placée au-dessus de son flan droit, désignant la zone sur laquelle il devait très certainement avoir plus d’une côte cassée. Paul reprit ensuite son analyse visuelle, alors que Black s’abandonné à sourire. Ou du moins à tenter de sourire. Ses lèvres fines et meurtries s’étiraient vaguement sur son visage creux où les os de la mâchoire étaient si visibles qu’il donnait farouchement l’impression d’être en cet instant un fou allié. La peur de Paul lui secoua légèrement l’estomac à cette vue, alors qui s’efforçait de maintenir un air tout à fait stoïque ou du moins impassible.

    « Pas même un… comment disent-ils déjà, un dangereux assassin ? Quelqu’un qui a réussi à s’en échapper ? »
    « Uniquement si votre tête étiez mise à prix. Les temps sont dures en ce moment à Ste Mangouste, j’ai du mal à boucler la fin du moi vous comprenez ? » Moue amusée qui traversa son visage, alors que ses yeux azurs restèrent encrés dans ces deux prunelles grises foncées dépourvue d’étincelle de vie, de joie, d’espoir. Pure plaisanterie qu’il s’était une nouvelle fois permis, ne sachant d’ailleurs même pas si le Ministère s’était fait le loisir d’accoler une prime au nom de « Sirius Black ». « Et puis je dois admettre que vous produisez involontairement un peu d’action dans le monde Magique qui était avant bercé par une routine monotone. Alors ce n’est pas moi qui risquerais de tout cesser ! » Il avait conscience qu’il restait un échappé d’Azkaban. Qu’il était qualifié comme très dangereux, assassin et psychologiquement atteint selon les dires qui circulaient. Il avait également conscience que peu de collègues à lui se seraient risqués à venir ainsi approcher Black, dans l’unique but de le soigner après ce terrible et violent choc qu’il avait eu en allant embrasser cette voiture folle. Mais il n’en restait pas moins qu’il pouvait se permettre de lui parler. Après toutes ces années à croupir dans une cellule, le pauvre homme n’avait très certainement guère eut beaucoup l’occasion d’échanger quelques paroles avec un être un tant soit peu humain. Le Médicomage profitait aussi de cet instant pour s’offrir quelques remarques légères, plaisantes et hilarantes ; souhaitant très fortement détendre cette drôle d’atmosphère et atténuer la peur qui somnolait dans le creux de son estomac.

    « D’ailleurs je trouve que vous êtes beaucoup mieux en vrai que dans toutes ces images qui font la une dans la Gazette du Sorcier. Ca doit être l’effet noir et blanc qui ne vous réussit pas… »

    Nouveau sourire crispé, qu’il aurait voulu amusé. Paul savait pertinemment qu’avec tous ces articles faits sur lui, toutes ces recherches activement mise en place pour lui aussi et ses compatriotes d’Azkaban ; il avait du voir ou apercevoir une photo de lui. La plus célèbre était bien évidemment celle où l’homme était enfermé à la prison, tenant dans ses mains un simple panneau indiquant ses références qui devaient être par la suite mises dans le registre de la prison. Image dont la folie et dangerosité étaient fortement explicites. Mais ce n’était qu’une simple photo. Le Médicomage était bien trop désintéressé par les différentes tensions qui sévissaient dans le Monde Magique pour prendre la peine de croire à tout ce que l’on pouvait bien écrire dans les journaux publiés. Sa position restait et persistait comme neutre. Ce devait également être un élément qui expliquait sa présence ici. Malgré le risque qu’il pouvait encourir dans un premier temps par la compagnie de cet évadé et dans un deuxième temps par la protection qu’il lui accordait en allant pas le dénoncer aux Aurors qui le recherchaient depuis si longtemps désormais. D’ailleurs, pourquoi n’y en avait-il pas dans cette rue ? N’était-ce pas ici, selon les journaux, où tout avait commençait pour Black ? Le début de la fin. Etrange situation dans ce cas à vrai dire.

    Black lui interdit ensuite de faire usage de sa baguette. Chose totalement incongrue aux yeux du Serdaigle.

    « Vous pouvez aussi me laisser là, oublier m’avoir vu et reprendre votre chemin… »
    « Je serais si cruel de laisser un homme blessé au beau milieu de la route déserte, dans ce froid glacial et cette neige abondante. Alors que j’habite à quelques pâtés de maisons de là…D’autant plus que je ferais un piètre Médicomage »

    Chez lui. Ramener Black chez lui. Chose entièrement stupéfiante et étonnante, bien moins lorsqu’on réfléchissait aux potentiels endroits où il pourrait convenablement soigner l’évadé. Ste Mangouste était de suite éliminée, trop de personnes risqueraient de l’apercevoir et de le dénoncer dans un moment d’affolement. D’autant plus qu’il ne pouvait pas non plus lui lancer un sort pour le rapetisser et le fourrer négligemment dans l’une des poches de sa veste. Ni vu, ni connu. Non, pas Ste Mangouste. Cette rue semblait être habitée par des moldus, ce qui excluait toute tentative magique excessive. Et de toute manière, la neige qui s’efforçait de tomber inlassablement ce soir n’aidait en rien la situation. Il restait donc sa maison, située dans le quartier sorcier voisin de celui-ci. Néanmoins, Paul ne s’imagina pas un seul instant partager un bon repas avec Black, plaisantant et bavardant autour d’une poule rôtie et dorée accompagnée de délicieuses patates. Inconcevable. C’était même inimaginable. Ou quoique…Non, non et non. Il se limiterait à le soigner, lui accordant même son canapé s’il serait dans un grand élan de gentillesse. L’homme devait alors être transporté. Et pour cela, Paul aurait besoin de sa baguette magique. Le Médicomage, après s’être extirpé de l’étreinte qu’avait l’évadé sur lui en lui maintenant le poignet, sortit donc son morceau de bois magique. Mais d’une lenteur incroyable, ayant soudainement peur qu’il se mette à pester contre lui si jamais il allait en faire usage.

    Ses yeux azurs restèrent alors fixés sur les siens, sa main fouillait sa poche intérieure de sa veste chaude en velours pour prendre son accessoire indispensable ; Paul l’observait toujours. Les secondes lui parurent une éternité, alors qu’il resta méfiant face à la réaction que pourrait avoir Black après avoir tant répété qu’il ne voulait en aucun cas qu’il se serve de sa baguette. Très certainement dans la peur qu’il l’embarque à Azkaban.« Si vous voulez sortir votre baguette, faites-le clairement parce que là, c’est vraiment suspect… » Un sourire apparut sur le visage du Serdaigle, alors qu’il sentit un soulagement s’opérer au creux de son estomac. Il sortit rapidement sa baguette, regardant toujours l’homme qui commençait à l’intriguer davantage. Le sourire qu’il avait sur les lèvres lui donnait un air des moins apeurant, lui soustrayant d’ailleurs plusieurs années à ce qu’il n’en paraissait. Ses creux du visage s’étaient momentanément volatilisés, seul ce sourire parut illuminer et raviver le teint de son visage pourtant meurtrit par les années passées à Azkaban.

    « Et si vous me croyez vraiment capable de vous attaquer dans cet état, je vais demander à voir vos diplômes avant de vous laisser me lancer le moindre sortilège de soin. »
    « Pour si peu… » Paul lui accorda un second sourire, alors qu’il s’appuya sur sa canne pour se relever difficilement de ce sol si dur et inconfortable. Après ce consentement indirectement avoué, il ne pouvait perdre de temps durant lequel Black pourrait changer d’avis. Paul tint alors fermement sa baguette dans sa main gauche, alors que dans l’autre il restait en équilibre grâce à sa troisième jambe. Ses yeux se reposèrent sur lui « Bien. Je vais d’abord vous désillusionner, pour éviter que des moldus tombent à la renverse lorsqu’ils apercevront un corps flottant dans les airs et tracté par un infirme en canne. » Amusement qui revint à cette pensée « Quant au moyen de transport, un simple Levicorpus devrait convenir pour le trajet… »

    Il parlait tout en réfléchissant, priant par la même occasion que personne ne sorte à l’instant où Black flotterait dans les airs. Cette situation pourrait s’avérer plus compliquée s’il s’agirait d’une personne sorcière. Mais soit. A cette heure si tardive, tout le monde devait être au chaud à boire du chocolat brûlant devant un film idiot près de la cheminée du salon. Paul lança alors le sortilège de Désillusion sur l’homme, après avoir enchaîné avec celui du Levicorpus. Dans cette telle position, le risque qu’il ne lui cause davantage de douleur était nettement restreint. Le Médicomage attrapa alors son porte document noir, qu’il rétrécit pour le ranger dans l’une de ses poches, ne pouvant s’offrir le loisir d’avoir un troisième bras qui le maintiendrait. Paul commença alors à marcher, s’appuyant sur sa canne qu’il avait dans la main droite, alors que sa sœur jumelle tenait sa baguette magique avec laquelle il parvenait à conserver Black en équilibre dans les airs. Bien que la silhouette de l’évadé fût en quelque sorte dissimulée puisqu’il avait l’apparence de ce qui était derrière lui, tel un caméléon en réalité, cela n’allait pas l’empêcher de parler.

    « J’espère que vous passez un agréable voyage. La température extérieure est nettement trop basse pour laisser un évadé d’Azkaban dehors, la nuit semble particulièrement enneigée. Nous subiront très certainement quelques turbulences, veillez à bien conserver vos bras et vos jambes dans la prolongation de votre corps. Merci d’avoir choisi la compagnie Higgins ! »

    Large sourire qui apparut sur ses lèvres. Un rire des plus amusés fendit ensuite l’air, suite à cette hilarité qu’il s’était laissé dire, l’adressant directement à Black. Paul poursuivit néanmoins sa marche, ne s’arrêtant pas pour autant. Ils n’étaient plus très loin…Le transplanage aurait nettement été des plus rapides, mais vu l’état des blessures de l’Animagus ; Paul ne voulait pas se risquer à tenter l’expérience. La soirée se faisait de plus en plus inattendue et surprenante.
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MessageSujet: Re: Blessé &&démasqué__Pv   Ven 13 Mar - 0:21

    Jeune homme, jeune homme… Sirius avait certes 33 ans, ce qui était jeune comparé au Médicomage qui devait plutôt approcher de la cinquantaine, mais sa jeunesse n’en demeurait pas moins loin derrière lui. Ses années passées à Azkaban, tapi au fond d’une cellule, avaient rendu sa peau pâle et son teint maladif. Avec les tatouages gravés à jamais sur sa peau marquée, ses plaies à moitié cicatrisées et ses vêtements déchirés, il ressemblait davantage à un mort-vivant plutôt qu’à un homme dans la fleur de l’âge avec encore de belles et longues, nombreuses années devant lui. Seuls ses yeux avaient résisté aux ravages du temps et de la prison, conservant cette couleur grise si particulière, teintée d’une détermination farouche. Teintée d’une certaine folie, aussi, parce qu’on ne vivait pas douze ans à sentir les détraqueurs aspirer tout ce qu’on pouvait avoir de positif en soi sans y perdre quelque chose. Et puis, cette folie-là s’expliquait aussi par le fait qu’il n’avait jamais vraiment pu accepter les choses. Admettre ce qu’il s’était passé, se faire à l’idée que James & Lily étaient morts. Pendant douze ans il avait ressassé cela, mais jamais il n’avait vraiment pu faire son deuil, et là encore, malgré ce deuxième passage à Godric’s Hollow depuis qu’il s’était évadé, il n’y parvenait pas. Il n’en prenait pas le temps, obnubilé par ce désir furieux et destructeur de faire payer à Peter le prix de sa trahison. Peut-être que dans les faits il était plus jeune que cet homme qui voulait le soigner, mais dans le fond, il ne vivait qu’avec des fantômes & des souvenirs.

    « Il me semblait bien que vous étiez blessé à ce niveau-là, vu la difficulté que vous aviez à vous maintenir autrement qu’allongé. »
    « Hum. Un Médicomage perspicace, je vais finir par croire que j’ai de la chance. »

    Ironie qui se réveillait chez Sirius, en écho à celle dont avait fait preuve Paul quelques instants plus tôt. C’était assez étrange pour lui d’avoir une conversation normale avec un autre être humain. Ça ne lui était pas arrivé depuis bien longtemps… La situation toute entière était étrange, de toute façon. Se retrouver allongé au milieu d’une rue, dans la neige, après s’être fait renverser par une voiture, à discuter normalement avec un Médicomage qui venait de percer à jour son secret… Non, ça n’avait rien de normal. Peut-être qu’Azkaban lui avait vraiment détraqué le cerveau et qu’il était encore plus fou qu’il ne le pensait ? Plus fou que les autres ne le pensaient ? « Uniquement si votre tête était mise à prix. Les temps sont durs en ce moment à Ste Mangouste, j’ai du mal à boucler la fin du mois vous comprenez ? » Il arqua un sourcil à cette réponse, mais se retint de rire pour ne pas entrainer une nouvelle vague de douleur. Cependant, son amusement se lisait clairement sur son visage et il secoua doucement la tête, répondant d’un ton faussement grave : « Ah, je ne vous le fais pas dire, les choses ont bien changé en douze ans… Les autorités magiques ne sont plus ce qu’elles étaient. »

    Ces paroles là semblaient certainement encore plus amusantes et incongrues dans la bouche d’un homme qui filait entre les doigts du Ministère depuis près de cinq mois. Autant dire qu’il se moquait ouvertement des autorités magiques, qui n’avaient rien trouvé de mieux à faire pour essayer de le rattraper que d’envoyer des Détraqueurs autour de Poudlard… La nouvelle ne l’avait absolument pas réjoui, pourtant. A dire vrai, et bien qu’il ne l’admettrait jamais, ces créatures là lui glaçaient le sang et le terrorisaient. Il était bien content de leur avoir échappé une fois, et il était hors de questions qu’il retombe entre leurs doigts. Ça, jamais. Rien que de repenser à cette angoisse poisseuse et suffocante qui le prenait à chaque fois que ces créatures s’approchaient des barreaux, ce désir puérile et désespéré qu’il avait pu avoir de se fondre dans les murs qui constituaient sa cellule pour leur échapper, il en frissonnait d’effroi. Des créatures pareilles n’auraient jamais dû exister.

    « Et puis je dois admettre que vous produisez involontairement un peu d’action dans le monde Magique qui était avant bercé par une routine monotone. Alors ce n’est pas moi qui risquerais de tout cesser ! » Un nouveau sourire vint lui étirer les lèvres. « Comment ça, involontairement ? J’ai toujours adoré mettre les autorités sens dessus dessous. Que ce soit à Poudlard ou maintenant… » Ses yeux brillèrent d’une malice fugace, mais bel & bien présente. Ah ça, on ne pouvait pas nier qu’il avait fait les quatre cents coups à Poudlard avec ses amis. Rusard surtout devait s’en souvenir, avec tous les mauvais tours qu’ils avaient pu lui jouer. C’était la belle époque… Quand ils étaient tous insouciants, confiant quant à leur avenir. Soudés comme l’était le sorcier à sa baguette. James & lui, surtout, avaient été comme deux frères qui n’avaient jamais eu besoin de mots pour communiquer. D’un simple regard, ils étaient toujours parvenus à prendre les décisions et en faire voir de toutes les couleurs aux Vipères. Une époque désormais révolue… « D’ailleurs je trouve que vous êtes beaucoup mieux en vrai que dans toutes ces images qui font la une dans la Gazette du Sorcier. Ca doit être l’effet noir et blanc qui ne vous réussit pas… » Sans pouvoir s’en empêcher, Sirius observa le Médicomage comme s’il était devenu fou. Puis il émit un léger grognement amusé, avant de rétorquer : « Arrêtez, avec mon allure je ne devrais même pas être capable de séduire un Scroutt à Pétard »

    « Je serais si cruel de laisser un homme blessé au beau milieu de la route déserte, dans ce froid glacial et cette neige abondante. Alors que j’habite à quelques pâtés de maisons de là…D’autant plus que je ferais un piètre Médicomage. » A nouveau, Sirius écarquilla les yeux. C’était définitif, cet homme avait un problème psychologique. N’importe qui se serait mis à hurler, serait parti en courant, ou lui aurait lancé un sortilège en le voyant, et lui il décidait, comme ça, de le soigner et de l’emmener chez lui. Il avait vraiment l’air si pitoyable ? C’était complètement… fou. Il savait pourtant que peu d’options s’offraient à eux. Sainte Mangouste était rayée d’office de la liste, pas la peine d’expliquer pourquoi. Encore que faire crier les infirmières aurait pu être amusant pour le court laps de temps dont il aurait disposé avant de se faire sauter dessus par une horde de sorciers qui auraient voulu le livrer au Ministère. Mais tout de même, accepter de se faire emmener chez cet homme dont il ne savait rien, sinon qu’il était – soit disant – médecin… Avait-il une famille ? Des gens qui le verraient s’il se faisait réparer les côtes dans leur salon ? « Vous êtes complètement fou, » déclara alors Sirius comme une évidence. Puis, esquissant un sourire : « Mais je dois l’être encore plus d’accepter. » Pas qu’il eût réellement le choix. Il grimaça sous un nouvel élancement de douleur.

    Il ne put qu’acquiescer lorsque l’homme lui exposa son idée. Le désillusionner, puis le faire léviter jusque chez lui. Oh, ça n’allait pas être une partie de plaisir, ça non. Mais il était incapable de se mettre debout, et à en juger par la patte folle du doc’, il ne pouvait pas espérer de prendre appui sur lui pour se déplacer. Ça restait certainement la solution la plus plausible & réalisable. Et avec un peu de chance, pendant qu’il flotterait dans les airs, il se sortirait de ce rêve complètement démentiel et se réveillerait à Pré au Lard, allongé dans la grotte où il avait élu domicile. Avec un peu de chance… S’il ne sentit rien lorsqu’il reçut le sortilège de désillusion, l’expérience fut cependant désagréable lorsqu’il se sentit magiquement soulevé du sol et maintenu à un mètre de celui-ci. Immobile, Sirius ne pouvait de toute manière plus bouger, et cela n’était pas plus mal car cela atténuait la douleur. Le trajet commença mais il ne tarda pas à fermer les yeux. C’était particulièrement dérangeant de voir le ciel et les lumières des lampadaires défiler au dessus de lui, et déjà qu’il se sentait un peu nauséeux, ça ne servait à rien d’ajouter à cela en admirant le paysage défiler de manière inhabituelle. Il était fou de mettre sa vie entre les mains de cet étranger. La situation commençait même à l’angoisser et il gardait les yeux fermés en espérant pouvoir nier l’inconscience dont il avait fait preuve en acceptant son aide.

    « J’espère que vous passez un agréable voyage. La température extérieure est nettement trop basse pour laisser un évadé d’Azkaban dehors, la nuit semble particulièrement enneigée. Nous subiront très certainement quelques turbulences, veillez à bien conserver vos bras et vos jambes dans la prolongation de votre corps. Merci d’avoir choisi la compagnie Higgins ! »

    Il rouvrit les yeux et tourna la tête vers le médicomage, oubliant momentanément qu’il n’était pas vraiment en mesure de voir son visage. De là où il était, il contemplait davantage sa hanche qu’autre chose. Un sourire vint jouer sur ses lèvres. La position avait beau être inconfortable, l’humour de l’homme avait quelque chose de relaxant. « Higgins, donc. Vous m’excuserez si je ne dis pas “Enchanté de faire votre connaissance”, je préfère attendre d’être arrivé à destination avant. » Il demeura quelques instants silencieux, écoutant pensivement le bruit léger de la canne de Higgins contre le bitume. Puis, poussé par la curiosité, il demanda en observant sa canne : « Qu’est ce qu’il vous est arrivé ? »
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Paul Higgins
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MessageSujet: Re: Blessé &&démasqué__Pv   Dim 15 Mar - 20:01

    « Uniquement si votre tête était mise à prix. Les temps sont durs en ce moment à Ste Mangouste, j’ai du mal à boucler la fin du mois vous comprenez ? »
    « Ah, je ne vous le fais pas dire, les choses ont bien changé en douze ans… Les autorités magiques ne sont plus ce qu’elles étaient. »
    « Hum, oui. C’est vrai que vous êtes mieux placé que moi pour cela… »

    Rictus ironiquement plaisantin qui se logea sur ses lèvres. Son regard quant à lui, ne quittait pas celui de cette silhouette mal en point qui jonchait encore le sol enneigé et glacé. L’idée que son interlocuteur soit un évadé d’Azkaban, assassin, criminel et fou restait encré dans son esprit. Paul ne pouvait l’ignorait ou même l’oublier ne serait-ce qu’une fraction de seconde. Cependant, étant donné l’état d’infériorité très nette dans lequel se trouvait Black ; le Médicomage ne pouvait craindre quoique se soit envers le vagabond. Peut-être une vulgaire réplique à la limite. Quoique. Vu les douleurs qui paraissaient stagner au niveau de son thorax, diaphragme et ses poumons, l’homme devait parler avec difficulté. Il se retenait déjà de rire lorsque Paul s’abandonnait à lancer une ou deux répliques des plus hilarantes et dépourvues de tout sens dans cette situation présente. D’ailleurs, son cher interlocuteur paraissait l’écouter avec attention et sa répartie restait intacte après tant d’années passées très certainement dans un profond mutisme. D’autant plus que cela apaisait l’atmosphère. Paul en avait presqu’oublié la peur qui régnait à l’instant où il avait découvert son identité. Presque. « Comment ça, involontairement ? J’ai toujours adoré mettre les autorités sens dessus dessous. Que ce soit à Poudlard ou maintenant… » Nouveau sourire qui orna ses fines lèvres. Regard qui se braqua sur le sien, décelant très rapidement cette lueur goguenarde très explicite sur la malice qui le submergeait en cet instant.

    « J’ai cru comprendre ça. Vous êtes tellement célèbre depuis votre petite évasion, que les journaux sorciers ont longuement parlé de vous… » Voix un tant soit peu amusée, alors qu’il s’approchait lentement vers lui, s’abaissant pour qu’il puisse mieux voir son visage « Je serai capable de vous dire maintenant, votre biographie. Mais je pense que vous devez la connaitre suffisamment »

    Bien évidement. Cela tournait tout de même sous le sens. Black était, de par ce que Paul avait pu constater, en pleine possession de sa mémoire. Il pourrait alors aisément se souvenir de chaque instant de sa vie. Il paraissait presqu’incongru que le Médicomage se mette à lui réciter sa biographie telle une leçon magnifiquement bien apprise par un brave élève. Ce qui soutira alors un nouveau sourire à l’ancien Serdaigle. Son attention restait entièrement posée sur lui. Bien qu’il n’ait à priori rien à craindre, Paul se plaisait à rester vigilent envers Black. Il avait du mal à se l’avouer, mais sa compagnie n’était pas aussi affreuse, déplaisante, sauvage, froide et meurtrière qu’il l’aurait imaginé. Au contraire. Il appréciait fortement ces répliques tout aussi folles et incongrues que les siennes, que le Lion lui répliquait malgré ses douleurs.

    « D’ailleurs je trouve que vous êtes beaucoup mieux en vrai que dans toutes ces images qui font la une dans la Gazette du Sorcier. Ca doit être l’effet noir et blanc qui ne vous réussit pas… »
    « Arrêtez, avec mon allure je ne devrais même pas être capable de séduire un Scroutt à Pétard… »
    « Hum. Je vous l’accorde… » Lueur légère et amusée qui traversa ses pupilles bleutées « Néanmoins, je pense que vous pourriez à la limite obtenir un dîner aux chandelles avec Pompom vêtu ainsi…Elle se ferait un si grand plaisir à rester à votre chevet et être aux petits soins ! »

    Un rire cristallin, mélodieux et léger retentit doucement autour d’eux. Paul connaissait très bien Pompom ; infirmière de Poudlard. Il avait cité ce nom, étant certain que Black la reconnaitrait. Le Médicomage n’avait en aucun cas oublié les vieilles manies de l’infirmière, depuis leur dernière rencontre. Elle était très intransigeante lorsqu’il s’agissait de soigner une personne. Visites interdites, repos exigé. Se donnant corps et âme pour ses patients, cette jeune femme était bien capable de rester à veiller toute une nuit pour s’assurer que ledit malade prendrait les potions adéquates. Une femme si admirable dans son travail. Peu de personnes dans la médecine magique, se donneraient autant de mal. Ainsi donc, le fait d’imaginer Pompom voir en cet instant Black -avec toutes ses blessures- le faisait doucereusement rire. Elle en tomberait dans les citrouilles. Se reprenant un tant soit peu quelques secondes plus tard, Paul attendit quelques minutes pour retrouver un calme professionnel. Bien que la légèreté avec laquelle il prenait cette situation ne sembla en aucun cas s’évaporer « Vous êtes complètement fou » Cette réplique dut à celle qu’il lui avait accordée en expliquant qu’il ne s’en irait pas sans lui, amusa une nouvelle fois le Médicomage. Il allait finir par passer pour un homme totalement dépourvu de réalité et de jugeote. Parler avec un échappé de prison, MERLIN ce que cela pouvait-être dangereux et même irréel ; qu’il reste dans sa bouse de dragon. Voilà ce qu’aurait pu penser un collègue du Directeur de Recherches de Ste Mangouste. Mais pas Paul. Bien trop altruiste et téméraire en cet instant, il ne pouvait que sourire d’amusement aux propos du Lion.

    « Et c’est vous qui osez me dire ça ! Ma tête, bien qu’irrésistible je vous l’accorde, n’est aucun cas placardé sur tous les lampadaires…Contrairement à la votre, étant donné la réputation si admirable que vous avez su récolter » Paul n’était pas fou. Pas en présence d’une personne que l’on désignée telle bestiale et déraisonnée. D’où l’amusement du Médicomage.
    « Mais je dois l’être encore plus d’accepter. »
    « Allons. Vous n’avez pas encore entendue toutes mes autres questions que je serai susceptible de vous poser en vous examinant… » Lueur puérile et malicieuse qui s’attarda un instant sur ses iris bleus azur.

    Paul avait ensuite commencé à lui lancer les sortilèges nécessaires, pour le déplacer jusqu’à sa maison. Clopinant avec sa canne, l’homme avait repris le chemin qu’il avait l’intention de suivre plusieurs minutes auparavant ; quant il n’avait pas encore croisé ce vieux chien noir très effrayant. Tentant de rester en équilibre en s’appuyant avec sa canne de sa main droite, Paul tenait fermement sa baguette magique dans l’autre main afin que le wagon suive la locomotive. N’étant toujours pas plus sérieux qu’avant, l’ancien Bleu & Bronze s’autorisa une nouvelle réplique totalement hilarante et irrationnelle. Sa réputation n’allait pas s’améliorer auprès de son invité.

    « Higgins, donc. Vous m’excuserez si je ne dis pas “Enchanté de faire votre connaissance”, je préfère attendre d’être arrivé à destination avant. »
    « Oui, Higgins. Paul Higgins » Son air joyeux et plaisantin persistait, tandis qu’il marchait toujours sans même tourner la tête pour croiser les yeux sombres de Black « Ne sous-estimez pas autant mes capacités voyons. Je suis certain que nous arriverons tous les deux entiers. Du moins, je l’espère… »

    Sa voix se termina sur une note mystérieuse et malicieuse, alors qu’il eut un rictus amusé que l’homme qu’il transportait dans les airs ne pouvait apercevoir. Il poursuivit sa route, arrivant bientôt à la fin de cette longue allée de Godric’s Hollow. Il ne lui resterait plus qu’à traverser un autre quartier sorcier et moldu, pour déboucher sur sa modeste demeure. Une résidence typiquement londonienne, comme l’on pouvait en trouver par milliers dans les environs. Sobre, grande, spacieuse, entourée d’herbe avec un jardin à l’arrière ; il se plaisait déjà à l’idée de la retrouver. Son passager clandestin resta un moment silencieux. Paul n’osa alors pas faire d’autres remarques, imaginant que son état pouvait se faire de plus en plus douloureux et insupportable en étant ainsi transporté dans les airs. Flottant. Jamais le Serdaigle n’avait été lui-même ainsi déplacé…Il était d’ailleurs en train d’imaginer quelles sensations cela pouvait-il produire, lorsque Black se remit à parler dans un léger murmure qui suffit à être entendu. « Qu’est ce qu’il vous est arrivé ? » Ses yeux s’exorbitèrent un instant, surpris par cette soudaine question qu’il pourrait juger indiscrète venue d’une autre personne. Mais étant donné la situation très étrange dans laquelle il se trouvait, elle ne fit que confirmer la folie de la chose. Paul ne répondit cependant pas de suite. Il observait quelques secondes les gros flocons blancs qui tombaient toujours. Sujet toujours aussi sensible et difficile pour lui. Bien qu’il supporte sa jambe malgré ce handicap.

    « Un Vampire… » Réponse soufflée ; difficilement soufflée. Ses yeux restèrent fixes loin devant lui, aussi vides qu’auraient pu être ceux de Black « Un Vampire qui m’a une fois sauvagement attaqué, alors que je m’étais approché de lui pour le soigner…Je m’en suis sorti en laissant derrière moi l’intégralité de mon muscle situé à la cuisse droite. C’est comme s’il était mort, paralysé »

    Distant, nostalgique. Son humour n’était plus présent, alors qu’il continuait toujours à marcher. Ce sujet ne lui plaisait vraiment pas. Même avec pour interlocuteur le plus ‘dangereux’ homme du moment. Il se sentit alors cruellement obligé et contraint de déboucher sur un tout autre sujet. Une chose qui ne le concernerait pas lui, mais Black. Il élimina de suite la question dans laquelle il demanderait s’il était réellement coupable ou non et comment avait-il fait pour se retrouver à Azkaban. Du moins, ce qu’il était accusé d’avoir commis précisément. « Comment avez-vous fait ? » Moins dur, mais toujours aussi poussé par sa curiosité « Pour vous échapper j’entends. Azkaban était devenu trop mal fréquenté pour vous ? » Léger sourire qu’il s’autorisa, en pensant à tous les autres criminels qui devaient loger dans cette prison sorcière. Notamment certains Mangemorts. Paul se retourna, arrêtant sa marche. Il regarda l’homme, ou du moins la tête de celui-ci.

    « On m’a toujours dit qu’Azkaban était l’endroit le plus sûr. Perdu au milieu de l’océan, sur une île où seules d’immenses roches poussent, habité et gardé par des créatures immondes… » Il marqua une pause, ôtant son sourire qui n’avait plus sa place sur ses lèvres Est-ce réellement vrai ou il s’agit une nouvelle fois d’un ramassis de mensonges que l’on récite aux jeunes naïfs pour les empêcher de commettre l’irréparable ? »
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MessageSujet: Re: Blessé &&démasqué__Pv   Sam 27 Juin - 14:45

Trois mois après... J'ai honte. T_T

    « Je serais capable de vous dire maintenant, votre biographie. Mais je pense que vous devez la connaître suffisamment. »
    « Oui, je vous remercie, » répondit-il en grimaçant. « Une bien belle façon d’accéder à la postérité. » Surtout que la moitié des choses qui avaient été dites sur lui dans la Gazette ne devait être qu’un ramassis de stupidités. « Si vous êtes gentil, je vous raconterai une jolie histoire avant de dormir.. »

    Ces paroles-là n’étaient pas à prendre au sérieux, mais puisqu’il n’avait pas eu l’occasion d’entretenir une conversation civilisée avec quelqu’un ces douze dernières années, Sirius avait en partie envie d’en profiter. Ce Higgins avait l’air de compagnie agréable, il pourrait bien faire l’affaire s’il venait à Sirius l’envie de parler longuement. Et, qui savait, peut-être démentir toutes les rumeurs qui avaient pu courir sur lui. Au fond, il sentait qu’il pouvait avoir confiance en cet homme, qui était de toute manière tenu au secret médical. Il ne serait pas dans son intérêt d’aller par la suite raconter partout qu’il avait soigné Sirius Black et découvert qu’il était un Animagus, puisque les autorités magiques ne perdraient pas l’occasion de lui demander pourquoi il ne s’était pas contenté de le neutraliser avant de le renvoyer à Azkaban.

    « Néanmoins, je pense que vous pourriez à la limite obtenir un dîner aux chandelles avec Pompom vêtu ainsi… »

    Ce fut étrange d’entendre le Médicomage prononcer ce nom. Un nom qui évoquait bien des souvenirs, des souvenirs d’une époque désormais révolue. Il eut un rictus amusé, puis secoua brièvement la tête. Non, il doutait fortement du fait que Pompom accepterait un dîner avec lui ; et lui-même n’était pas certain d’en vouloir un. Avec tout ce qu’il lui avait fait endurer à Poudlard, lorsqu’il venait visiter Remus à l’infirmerie, ou bien quand il se blessait lors d’un entrainement de Quidditch… L’infirmière, jeune à l’époque, en avait vu de toutes les couleurs avec les Maraudeurs, d’une part parce qu’eux-mêmes s’y étaient souvent rendus et qu’ils n’avaient pas été de dociles patients à l’écoute de ses conseils, et d’autre part parce qu’ils lui avaient souvent envoyé des Serpentards victimes de leurs mauvais tours. Snape, Rosier, Mulciber, Avery… tous y étaient passés, pour le plus grand bonheur du quatuor infernal de Gryffondor.

    « Et c’est vous qui osez me dire ça ! Ma tête, bien qu’irrésistible je vous l’accorde, n’est aucun cas placardé sur tous les lampadaires…Contrairement à la votre, étant donné la réputation si admirable que vous avez su récolter. »
    « Comme si j’avais voulu passer pour l’assassin de… » marmonna-t-il vaguement. Il ne prit pas la peine de finir sa phrase, n’étant pas certain de vouloir s’engager sur ce sujet. L’histoire était longue, trop longue pour être racontée ; mais si Higgins se mettait à lui poser des questions, il n’éluderait pas. Il n’en avait jamais parlé, sauf à lui-même, dans la solitude de sa cellule. Quelque part, il avait envie de se libérer de tout ça. Et peut-être que s’il expliquait ce qu’il s’était réellement passé au médecin, celui-ci l’aiderait à obtenir légalement sa liberté par la suite. Il eut un reniflement sarcastique à cette pensée, qu’il chassa aussitôt. Ridicule, Sirius. Tu ne seras jamais libre. La voix qui résonna dans son crâne avait les intonations de celle de James et le firent frissonner. Idiot de cabot, Paddy ; on devrait te tenir en laisse ! Il sentit sa gorge se nouer. Le froid et la douleur l'engourdissaient, de même que le sortilège de lévitation auquel il était soumis. Il aurait voulu être inconscient ; au moins son cerveau n'aurait pas déraillé ainsi en lui rappelant de vieux souvenirs communs avec James. Il expira longuement, chassant toute trace d'air de ses poumons pour s'enjoindre au calme. Se retrouver ainsi immobilisé dans les airs n'avait rien d'agréable et lui rappelait l'enfermement d'Azkaban. Angoisse qu'il sentait s'insinuer sournoisement dans ses veines. Rester calme.

    Il sentit l'atmosphère entre eux s'alourdir lorsqu'il demanda au Médicomage ce qui était arrivé à sa jambe. Hum, ce n'était visiblement pas une question à laquelle ce Paul avait envie de répondre. Il se demanda s'il obtiendrait une réponse, et s'apprêta à ajouter qu'Azkaban lui avait fait perdre toute notion d'indiscrétion, afin de lui faire comprendre qu'il n'était pas forcé de répondre. Mais le mot sonna dans l'air, soufflé par le médecin. Vampire. L'évadé écarquilla les yeux, visualisant la scène à mesure que Paul la décrivait à demi-mots. « Un Vampire qui m’a une fois sauvagement attaqué, alors que je m’étais approché de lui pour le soigner…Je m’en suis sorti en laissant derrière moi l’intégralité de mon muscle situé à la cuisse droite. C’est comme s’il était mort, paralysé. » Ça avait du être douloureux, incroyablement douloureux. Ainsi donc, il s'était fait avoir en portant secours à la mauvaise personne. Un peu comme ce soir. Sirius ferma les yeux, ne supportant plus de voir les réverbères défiler à mesure de leur avancée dans la nuit, et répondit dans un souffle parfaitement audible :

    « Navré. » Puis, comme s'il s'était senti obligé de le préciser : « Et pourtant, vous n'avez rien perdu de votre conscience professionnelle ni de votre altruisme, cela force le respect. » La sincérité était nettement perceptible dans sa voix. Lui non plus n'avait plus envie de plaisanter avec légèreté. « Vous.. Enfin. Je suppose que vous vous posez la question, et c'est normal ; mais vous ne regretterez pas votre bonne action de ce soir. »
    « Comment avez-vous fait ? Pour vous échapper j’entends. Azkaban était devenu trop mal fréquenté pour vous ? »
    « Il y a de ça, oui.. » rétorqua-t-il avec un léger sourire en coin. « Je ne sais pas si vous avez entendu parler de ma chère cousine, mais au bout de douze ans de cohabitation dans la même aile d'Azkaban, je n'en pouvais plus. »
    « On m’a toujours dit qu’Azkaban était l’endroit le plus sûr. Perdu au milieu de l’océan, sur une île où seules d’immenses roches poussent, habité et gardé par des créatures immondes… » Paul marqua une pause, et Sirius acquiesça brièvement, sans pouvoir retenir le frisson d'horreur à l'évocation, même détournée, des Détraqueurs. « Est-ce réellement vrai ou il s’agit une nouvelle fois d’un ramassis de mensonges que l’on récite aux jeunes naïfs pour les empêcher de commettre l’irréparable ? »

    Sirius garda le silence, pesant ses mots. Parler d'Azkaban, ou simplement y repenser, était toujours pénible. A vrai dire, il refusait généralement de l'évoquer, même à demi-mots. Son esprit semblait faire un blocage sur tout ce qui avait trait à la prison des sorciers, ce qui était compréhensible quand on savait de quoi il en retournait. On ne pouvait croire en Azkaban tant qu'on n'y avait pas été. Et lui, y avait passé douze longues années. Pour parvenir, enfin, à s'en échapper. C'était une peur panique, qui pouvait paraître exagérée, quand la perspective de pouvoir y retourner lui passait par la tête. Si l'Enfer avait existé, il aurait été établi là-bas, Sirius en était convaincu. Finalement, il desserra les mâchoires et articula prudemment, d'une voix légèrement rauque :

    « Non, c'est vrai. Tout est vrai. C'est un endroit... terrible où l'espoir n'a plus sa place. On perd peu à peu toute notion de bonheur ou de joie, on perd ce qui nous rattache à la vie. Et pourtant, on ne meurt pas, on reste là, dans un état second de prostration, en attendant que quelque chose se passe. » Il fit une légère pause, reprenant son souffle. La douleur à sa poitrine était toujours présente. « J'en ai réchappé parce que je me transformais en chien. Mon esprit n'était plus réellement humain aux sens des.. Détraqueurs, et cela leur convenait. Et ils n'avaient pas de pensée heureuse à me prendre ; le fait de me savoir innocent n'en était pas réellement une. » Il s'arrêta, puis, comme semblant se souvenir de la question initialement posée par Paul, il répondit enfin : « Je me suis échappé un soir, pendant qu'on me déposait mon repas. Comme ces créatures ne voient pas, j'ai pu me faufiler à travers l'entrebâillement de la grille, transformé en Pad.. en chien. Ils n'ont rien vu, seulement perçu que je n'avais plus l'air vraiment humain, ce qui était... normal, au bout de douze ans. Et comme un chien passe plus facilement inaperçu qu'un homme, j'ai réussi à atteindre la sortie. Azkaban est effectivement sur une île, au large des côtes anglaises. Ça n'a pas été facile d'atteindre la terre ferme à la nage, mais il y a certaines pensées qui... donnent des ailes et rendent tout possible. »

    Il est à Poudlard. Ces mots qui avaient tournoyé dans sa tête pendant des semaines, qui avaient rendu son évasion possible. Il ne se considérait pas comme un fou, juste comme quelqu'un de spécial. Déjà à Poudlard, il avait une notion particulière du bien & du mal, considérant que s'en prendre à des Serpentards était légitime puisqu'ils étaient tous les mêmes selon lui. Mais ça, cette obsession qui l'avait pris lorsqu'il avait vu Queudver posté sur l'épaule du garçon Weasley, ça avait failli le rendre plus fou que douze ans passés en prison, plus fou que la culpabilité d'avoir quasiment participé au meurtre de Lily & James en ne devenant pas leur Gardien du Secret.

    « Je vous souhaite de ne jamais avoir à y mettre les pieds. »
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