AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 L'ignorance d'autrui « Evander »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: L'ignorance d'autrui « Evander »   Lun 26 Jan - 1:08



    L'ignorance d'autrui « Evander M. Connor »





    Damn. Comment se pouvait-il que cette école renferme autant d'abrutis? Pourquoi on m'avait envoyé ici , pourquoi m'avait-elle envoyé ici ? Elle savait pourtant que je n'y aurais pas ma place. Oh ça jamais! Elle aurait pu tout aussi bien me faire l'école à la maison.Ou bien , elle aurait pu tout aussi bien m'envoyer dans une école moldue , normale , où j'aurais pu y être transparent , invisible. Mais non , ma charmante mère avait décidé tout autrement. ET RÉSULTAT :J'étais obligé de fuire. Fuire quoi , qui et pourquoi , comment? Trop longue histoire. Evander me suivait déjà depuis quelques semaines. Je ne suis pas idiot. Cet imbécile de blaireau m'observe depuis un peu trop de temps selon moi. Je ne sais pas ce qu'il me veut , je ne sais pas ce qu'il a en tête. Mais une chose est sûre ; Je me devais de le fuire , coûte que coûte. Je ne sais pas si c'est son regard , ou cette façon de se tenir , mais il m'effrayait. Encore plus que Candice m'effrayait à l'époque. Oh , je sais ce que vous vous dites , la volière mais qui d'assez idiot oserait choisir pour seule cachette un endroit où tout le monde pouvait aller et venir? Moi! Bien évidemment! Oh et puis , je sais bien que c'était pas l'idée la plus intelligente que j'aie eu jusqu'à maintenant, mais c'était une action désespérée. Vous le comprenez , n'est-ce pas? Et puis , si je vous racontais tout du début , je sais bien que mes peurs sont un peu abusées , j'en suis certain même , mais j'ai vu son regard.. Son regard qui m'était familier sans vraiment l'être tout à la fois. Oh , je sais , j'ai une âme bien complexe à déchiffrer. Rassurez-vous , je compatis à votre douleur.

    MODE FLASHBACK ON


    Il était aux environs de midi. Le soleil éclatait déjà sur la rive du lac quand j'eus décidé enfin de prendre l'air. J'avais l'habitude qu'on me regarde comme si j'étais un morceau de viande. Et comme toujours , je levai les yeux au ciel quand j'entendis quelques gloussements. Mais ce jour-là , je ne m'attendais pas tellement à ce qu'on m'observe d'une façon courtoise.Plus précisément de la même façon que moi , Caden Mallory , se plaisait à observer l'espèce humaine dans sa splendeur téméraire. J'étais installé sur un banc à fixer le néant. Candice allait arriver d'une minute à l'autre. Je me souviens dailleurs de lui avoir demander , encore une fois , d'être discrète. Je sais que cela peut paraitre un peu parano , mais je ne tenais pas à ce que les gens sachent que nous étions ensemble. Je ne tenais pas à sortir de l'ombre , du moins ce que je croyais être une ombre. J'étais assis là , à regarder alternativement ma montre et l'horizon. Et puis c'est alors que je sentis un regard se poser sur ma personne. Rien d'étonnant me dites-vous? Peut-être , mais à chaque fois je tenais à savoir qui me reluquait pour être sûr de pouvoir lui adresser un très sympathique regard noir pour afficher ma gratitude envers ce geste malhonnête et surtout impoli. Mais cette fois-ci , ce fut différent. Quand je me retournai , à ma grande surprise , il s'agissait d'Evander , Evander M.Connor , ce blaireau qui somme toute , m'était inconnu. Comme tout le monde n'y fesait pas exception , je ne lui avais jamais parlé en sept longues années. Je l'ai regardé moi aussi , tentant de dénicher un certain mystère sans trop savoir ce qui me poussait réellement à le faire. Et si seulement ce fut la dernière de ses observations.

    MODE FLASHBACK OFF


    Et voilà , après plusieurs semaines , j'avais réellement la frousse. Une frousse indescriptible , celle qui me glacait les veines. Et s'il me voulait du mal? Et s'il avait une dent contre moi? Pourquoi avais-je mérité ça. C'est ainsi qu'en tournant vers la gauche dans un couloir longeant le rez-de-chaussé que je le vis qui m'observait encore et encore. Un peu trop trouillard pour oser l'affronter du regard , j'avais préféré fuire. Bien installé au fond de la volière , je serrais dans mes mains une lettre qui était destinée à ma mère. Des mois que je ne lui avais pas écris une seule lettre. Les remords me rongeaient de l'intérieur. Outre ma fuite , j'avais une très bonne raison de me retrouver dans cet endroit. Et du fond de mon coeur , j'espérais que ma mère en serait ravie. Vous savez , elle et moi n'entretenions point une belle relation mère-fils.Peut-être parce que ça m'irrite de savoir qu'elle me cache des détails sur mes origines , mon passé .. Peu importe! Rachel est sans doute la personne la plus importante de ma vie , je lui devais bien une petite lettre. Dailleurs , je m'appliquai à une relecture approfondie. Je vérifiais si je n'avais pas fait de fautes d'orthographe par exemple. Ou bien je regardais si le contenu était efficace pour calmer toutes les craintes d'une maman dont l'instinct de protéger son enfant était plus fort que le raisonnement sain. Avec un sourire inexplicable , je parcourus les lignes de mes yeux azur.

    Citation :
    Chère maman,
    Tout va bien , j'étudie très fort , je compte bien obtenir un Optimal dans toutes les matières même celles que je déteste. Candice va bien aussi , enfin j'imagine qu'elle se porte bien. Elle a dû quitter Poudlard pour une durée d'un mois , mais tu sais , j'ai peur qu'elle ne revienne pas. Et si c'était le cas , j'oublierai tout ce que tu m'as dit sur l'amour et les effets bénéfiques de ce sentiment puéril et je le te ferai payer , c'est promis! Ne t'inquiète surtout pas. Je suis tranquille , studieux , un vrai fils unique parfait! Je suis également désolé de ne pas t'avoir écris plutôt , j'étais un peu débordé avec tous ces devoirs à la pelle , je suis sûr que tu comprendras. N'hésite pas à me donner de tes nouvelles mamans. Et au fait , cette semaine , quel est ton bilan de miraculeux ? 20 ? Allez je suis sûr que tu peux faire mieux!

    Je t'embrasse
    Dew

    Ma lecture terminée et satisfait , je léchai l'enveloppe couleur crème et me levai pour le tendre à un hibou de Poudlard. Je prenais bien soin , à chaque fois de me rendre ici , de sélectionner un hibou qui ne me mordillerait point les doigts. Parce qu'il faut l'avouer , c'est plutôt agaçant de se faire mordre par un animal avec comme taille de cervelle , celle d'une cerise . Le hibou que je choisissais à chaque fois avait un plumage rapidement. Ce dernier était d'une couleur blanche , comme la neige , avec un peu de nuance grisâtre sur l'extrémité de ses ailes. Il avait l'air majestueux , mais surtout suffisamment sage pour ne pas piquer avec son bec le premier qui oserait tendre une enveloppe. Je ne sus pas s'il avait un nom , mais moi je l'apellais Hal. Pourquoi? Je ne sais pas. Ce prénom lui allait à merveille. Je tendis alors ma lettre en caressant doucement son plumage. Puis , je lui soufflai de se rendre à l'adresse habituelle , celle de la maison de Pappy , à Milton Abbas. Puis , je retournai m'asseoir. J'avais failli oublier la raison qui me poussait à me cacher ici. Si bien que je n'avais pas perçu les bruits de bas qui résonnait dans les escaliers menant à la pièce principale de la volière. C'est en fixant le mur d'en face qu'Evander apparut. J'allais sans doute remarquer sa présence , sûrement.. Mais comment allais-je réagir? Et si Evander avait de bonnes raisons de m'espionner?




Dernière édition par Caden R. Mallory le Mer 28 Jan - 0:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: L'ignorance d'autrui « Evander »   Mar 27 Jan - 23:23

Je tiens à dire que j'ai bien ri en lisant ton post... Imaginer Evander en stalker, c'est assez marrant ! *je sors*

    Quoiqu'il fasse, quoiqu'il se dise, ses prunelles sombres revenaient toujours se poser, irrémédiablement, sur l'élève de Serdaigle. Il savait que c'était mal de dévisager ainsi les gens, et il détestait cela quand quelqu'un le fixait avec insistance sans raison apparente... Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Près de sept ans qu'il agissait ainsi, à observer Caden quand celui-ci se retrouvait dans les parages, comme si le simple fait de scruter ainsi son visage avait pu lui donner les réponses à ses questions. Savait-il qu'ils étaient cousins ? Et si Evander prenait la décision de le lui dire, comment réagirait-il ? Au fond, le Poufsouffle savait peu de choses de Caden, si ce n'était que son père - donc, l'oncle d'Evan - était parti à sa naissance... Et il avait récolté quelques informations en en discutant avec sa mère, où elle lui avait expliqué que Nathan avait toujours été trop faible et trop peu sûr de lui pour savoir affronter ses responsabilités... Image peu glorieuse de son oncle que le Jaune & Noir avait, car il ne comprenait pas qu'on pût abandonner femme & enfant par crainte de s'engager. Ce genre de considérations venaient généralement avant de faire tomber enceinte la femme avec qui on vivait... Selon lui, Nathan se cachait derrière des excuses aussi stupides pour ne pas avoir à avouer ses véritables motifs. En quoi ils consistaient exactement, Evander n'en savait rien, mais la curiosité le tenaillait.

    Toujours était-il qu'il manquait de discrétion, il en était conscient... Parfois, Caden venait à lui rendre son regard. Un regard noir face auquel il s'efforçait généralement de ne pas flancher, et il n'avait naturellement aucune idée des idées farfelues qui pouvaient passer par la tête du Serdaigle. Il fallait avouer que depuis le début de l'année, Evander avait perdu en discrétion. Inconsciemment, peut-être avait-il envie que Caden remarque ses regards. Peut-être qu'il avait envie de créer un contact, pour compenser. Pour changer. Il avait réalisé bien des choses depuis l'été dernier, et notamment le fait que la vie était trop courte & trop imprévisible pour la gâcher par de vaines hésitations. Il n'osait pas aller voir Caden aujourd'hui, mais qui savait vraiment de quoi demain serait fait ? C'était ainsi qu'il pensait, de plus en plus, et s'il n'avait pas pris clairement la décision d'essayer de tisser un lien - quel qu'il fût - avec son cousin, son inconscient avait visiblement décidé de faire le boulot à sa place, lassé de le voir tergiverser ainsi et de peser le pour & le contre.

    Ce jour-là, quand il croisa le regard de Caden et que celui-ci prit la fuite, Evander n'avait aucunement l'intention de le suivre. A vrai dire, il n'avait même pas fait attention à la direction prise par le Serdaigle, et ce fut avec surprise qu'il aperçut sa silhouette lorsqu'il parvint dans la pièce principale, une lettre à la main. Il lui accorda un bref signe de tête, salut poli, avant de finalement desserrer les mâchoires pour lâcher dans un souffle :

    « Salut. »

    Bien. Un mot adressé au Serdaigle en... sept années de cohabitation à Poudlard. Un grand progrès, non négligeable ! Cherchant ce qu'il pourrait ajouter afin d'amorcer un semblant de conversation, et occupé à fixer une enveloppe à la patte d'une chouette de l'école, il laissa s'effacer l'état de préoccupation qui le prenait toujours lorsqu'il devait envoyer une lettre à ses parents. Il n'avait même pas pris la peine de relire sa missive avant de l'envoyer, de toute manière, chacune des lettres qu'il faisait parvenir à ses parents contenait les mêmes banalités stériles que la précédente... Tout allait bien, les cours étaient intéressants, il espérait qu'ils allaient bien... C'était une tonalité presque formelle qui transpirait clairement de leurs échanges, et pire encore, les lettres qu'il recevait en retour suintaient généralement d'un désintérêt froid et mal dissimulé. D'une rancoeur pas encore oubliée. D'un chagrin dont ils ne se relèveraient peut-être jamais... Lorsque la chouette se fut envolée, il fit volte-face pour poser de nouveau les yeux sur Caden. Son cousin. Ça lui faisait toujours bizarre de se dire qu'ils partageaient un lien de parenté... Parce qu'au fond, ils étaient de véritables étrangers l'un pour l'autre. Et il avait envie de remédier à cela, sans savoir pourquoi. Trouver quelque chose à quoi se raccrocher, peut-être.

    « Tu fuis des innombrables admiratrices ? » s'enquit-il avec un léger sourire.
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: L'ignorance d'autrui « Evander »   Mer 28 Jan - 0:36

    Bin quoi ? Fallait bien que j'aie une idée :P

    Je me retournai vivement , comme une fauve prise en flagrant délit. Une brève salutation n'aurait , normalement , pas dû me faire une si grande peur. Mais j'étais un de ceux-là , un de ceux qui avait peur de tout même de son ombre. Mais j'avais surtout une crainte qui dominait toutes les autres : une crainte de l'espèce humaine. Aussi loufoque que cela peut-il sembler , je n'ai jamais su me mêler aux autres comme tous les adolescents de mon âge. Encore aurait-il fallut que je me fasse un peu plus jeune. Ce petit jeu durait depuis déjà six longues années. Je fuyais instinctivement les amitiés , les gens. Je ne leur fesais pas confiance , et ce fut une raison suffisante pour me vautrer dans ma solitude. Mon visage prit ensuite une teinte surprenante , passant du verdâtre au rouge. Evander , ce mec qui me suivait , venait tout juste de me saluer bêtement. Comme si je pouvais oublier qu'IL me suivait depuis des semaines. Je reculai de quelques pas , la peur pouvait se lire dans mes yeux , mais également l'incompréhension. Pourquoi ce jeune Poufsouffle m'adressait la parole maintenant? Bouleversé , dérouté , la seule idée qui me vint à l'esprit fut de fuire. Je n'avais pas peur de paraitre dégonflé. Je n'avais pas plus peur de ça que du ridicule. Mais quelque chose , une petite voix sans aucun doute , me disait que je devais rester ici , aux côtés de cet étranger. Car quelque chose me rattachait à lui comme des fils noués entre eux. Devais-je répondre de son salut? En étais-je vraiment capable. Intérieurement , je poussai une profonde respiration. Non pas parce que j'étais irrité parce qu'il venait de me saluer , mais plutôt parce que je savais qu'il était impoli de ne pas le saluer en retour.

    « Salut », poussai-je d'une voix neutre , impartiale.

    J'avais mis de nombreux efforts pour ne dire que ce simple mot futile. Ce n'était rien , ne cessais-je de me dire intérieurement. Dans peu de temps , très peu de temps , je pourrai partir me réfugier dans ma salle commune , lire de nombreux bouquins et puis finir par m'endormir sur l'un d'eux. Ce n'était pas la mer à boire non plus. D'autant plus qu'Evander ne m'avait jamais semblé insolant ou méchant. Bref , il ne m'avait jamais semblé quelqu'un dont on devrait se méfier. Mais vous savez , moi , Caden R.Mallory , n'avait et ne sera jamais du genre à baisser les gardes basés sur mes impressions , ça jamais! Et je tentai , par de fait même , de décrypter la moindre hypocrisie derrièrre ces iris de blaireaux. Et pourtant , je n'y trouvai rien de flagrant. Il me semblait tout à fait ... Innofensif.

    « Tu fuis des innombrables admiratrices? » S'était-il enquit tout aussitôt après m'avoir saluer et que je l'aie fait en retour. Étrange mais cette petite moquerie m'esquissa un léger sourire en coin. Mes admiratrices , elles avaient le don de me donner la migraine , voir pire. Pas une fois je ne regrettait pas d'être venu ici , que pour les entendre glousser partout. N'avaient-elles pas autres chats à fouetter que de craquer pour quelqu'un qui , visiblement , ne leur accordera jamais d'attention? Je m'empressai de lui répondre , et je m'étonnai moi-même de ma précipitation à entâmer une conversation avec ce pur étranger « Non , pour dire vrai , je tentais de te fuire toi. » Bam! Au moins ça avait le mérite d'être à cent pour cent honnête et direct. C'était bien là une qualité et un défaut de ma personne tout à la fois. Car depuis toujours , j'étais incapable de tenir ma langue lorsque je devais des explications. J'étais direct ,mais sans friser l'impolitesse. On m'avait bien éduqué après tout , même si je n'avais pas de père. Mon grand-père m'avait entièrement suffit pour l'apprentissage de mes bonnes manières. Mais , surtout , il m'avait appris à ne jamais me retenir de dire ce que je pensais , même si cela risquait de me coûter très cher à la fin. Et je n'avais jamais regretté , jusqu'à ce moment précis , d'avoir suivi ses précieux conseils. Lentement , j'inclinai la tête vers l'ouverture qui donnait un spectacle magnifique de la nature luxuriante de la forêt Interdite. Je m'obligeai à la contempler silencieusement , pour fuire bien évidemment le regard du blaireau. J'en avais un peu trop dit. Et je devais forcément en payer la note. Après un bref moment de silence , je me surpris encore une fois à me reprendre. « Ce que j'ai voulu dire c'est que.. Tu vois , j'ai remarqué que tu m'observais. Je ne veux même pas en connaitre la raison! C'est juste que je ne suis pas niais , je sais reconnaitre les gens qui m'observent et ceux qui ne le font pas , tout simplement. Tu n'as pas su être très subtile..» Puis je coupai court à mon souffle et fixai de nouveau mes yeux vers le ciel éternellement gris du paysage de Poudlard.


    & désolée d'avoir fait un post si minable , je me rattraperai promis! <3
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: L'ignorance d'autrui « Evander »   Dim 15 Fév - 13:40

Voilààà. ^^ J'espère que ça te convient =)

    Evander fut assez étonné d’entendre Caden répondre à son salut. On ne pouvait pas vraiment dire que le Serdaigle était réputé pour sa loquacité, et en le saluant lorsqu’il était entré dans la volière, Evan avait surtout voulu faire preuve de politesse, sans nécessairement attendre une réponse en retour. Toutefois, cela le soulagea un peu. Tout n’était peut-être pas perdu, et peut-être même qu’il parviendrait à nouer un semblant de conversation avec Caden avant de finalement lui avouer leur lien de parenté. Enfin, sur ce point… seul le temps le dirait vraiment. Il n’avait aucune idée de comment s’y prendre pour annoncer des nouvelles pareilles. Déjà, ce n’était pas sûr que Caden le croie… Et il n’avait pas vraiment de preuves à lui apporter. Sauf peut-être une photo de sa mère, et du père de Caden, rangée quelque part dans un album de photos, dans son dortoir. Mais si le Serdaigle n’avait jamais vu son père, ça ne servirait à rien. Il soutint tranquillement le regard de Caden tandis que celui semblait scruter ses iris sombres, à la recherche de quelque chose. Quoi exactement, le Poufsouffle n’aurait su le dire. Il avait fini par comprendre, à force de l’observer, que son cousin – c’était vraiment étrange de l’appeler ainsi, même en pensées – était du genre méfiant et très, très réservé. Mais pas une seule seconde il vint à l’esprit d’Evander que le jeune homme pût avoir peur de lui, ou quelque chose de ce genre là. Caden avait l’air tellement modéré, tant tout ce qu’il faisait, et il parvenait tellement bien à maintenir un masque d’impassibilité sur son visage, qu’il était difficile – voire quasi impossible – de deviner ce à quoi il pensait, ou bien ce qu’il pouvait ressentir. Sur ce point, Evander ne pouvait s’empêcher de leur trouver un point commun. Tous deux n’avaient pas l’air du genre à laisser voir leurs véritables états d’âme…

    La question qu’il avait posée concernant les innombrables admiratrices visait seulement à détendre un peu l’atmosphère, et à essayer de créer un semblant de conversation entre eux. Il fut assez satisfait de voir un sourire relever le coin des lèvres du Serdaigle. Au moins, il parvenait à lui arracher un semblant de sourire, c’était déjà pas mal, et cela affermit également la conviction qu’avait le Poufsouffle. Il devait lui dire… Ne fût-ce que par honnêteté envers lui, il devait bien lui avouer leur lien. La réponse de Caden, pourtant, lui fit l’effet d’un coup de point dans l’estomac. « Non, pour dire vrai, je tentais de te fuir toi. » Aïe. Evan ne put retenir une légère grimace à ces mots. Ok, il n’avait vraiment pas été discret alors, si Caden en avait été réduit à se réfugier dans la volière pour fuir sa présence… Au moins, la réponse était franche, et le Serdaigle ne semblait pas du genre à mâcher ses mots. Un trait de caractère qu’Evander ne pouvait qu’apprécier… sauf que sur le coup, il ne sut vraiment qu’en penser. Si Caden essayait de le fuir, la conversation n’allait pas aller bien loin, c’était sûr et certain. Car Evander n’allait pas lui courir après pour essayer de s’expliquer. Déjà qu’il n’était pas bien fier d’avoir été aussi peu discret… Se raclant discrètement la gorge, le Poufsouffle demanda donc :

    « C’est-à-dire ? » Un sourire tranquille vint jouer sur ses lèvres. Comme si la situation n’avait absolument pas été bizarre et gênante. « Je ne me savais pas aussi effrayant ! »

    Caden se reprit finalement, délaissant l’observation du paysage qui s’offrait à leurs yeux, et lui expliqua ce qu’il avait voulu dire. « Ce que j'ai voulu dire c'est que... Tu vois, j'ai remarqué que tu m'observais. » Evan ouvrit la bouche pour s’expliquer, sans même savoir vraiment ce qu’il allait lui dire, mais Caden l’interrompit aussitôt. « Je ne veux même pas en connaitre la raison! C'est juste que je ne suis pas niais, je sais reconnaitre les gens qui m'observent et ceux qui ne le font pas, tout simplement. Tu n'as pas su être très subtil.. » Sur la fin, le Poufsouffle ne put retenir un léger rire, accompagné d’un hochement de tête. Ça, c’était sûr, il n’avait pas été subtil du tout à vrai dire. Il resta un moment silencieux, se demandant bien ce qu’il allait pouvoir répondre à cela. Lui avouer de but en blanc qu’il l’observait parce qu’il essayait de déterminer la meilleure façon de lui avouer qu’ils étaient cousins ? Ça aurait pu marcher… s’il avait su avec certitude que Caden n’allait pas lui coller son poing dans la figure ou lui jeter un sort lorsqu’il apprendrait qu’Evan était le neveu de son père. Son père qui, visiblement, il n’avait jamais connu. Le moins que l’on pût dire, c’était qu’ils ne partaient pas avec de bonnes bases bien solides et assurées. Mais d’un autre côté, de quoi avait-il peur, par Helga ?! Il n’y avait que deux issues possibles, de toute manière. Soit Caden acceptait ce lien et ils apprendraient alors à se connaître un peu plus, soit il le rejetait purement et simplement, et alors… eh bien, ils ne se connaissaient pas, donc tous deux pourraient bien vivre avec ça. Du moins, c’était ce qu’Evan voulait croire.

    Enfonçant ses mains dans ses poches, le Poufsouffle vint s’appuyer contre le mur, à côté de Caden. Un instant, son regard se perdit à son tour sur la forêt interdite qui s’étendait à perte de vue, puis revint se poser sur son cousin. Franchement, cette fois-ci, et pas uniquement au détour d’un couloir ou du haut d’un escalier. Finalement, il poussa un léger soupir et se lança.

    « C’est vrai que j’ai pas été très discret… Enfin, je ne veux pas que tu penses que je te harcèle, ou quelque chose comme ça. C’est surtout que… je ne savais pas vraiment comment t’aborder. Je crois qu’il y a quelque chose que tu devrais savoir, mais comme on ne se connaît pour ainsi dire pas, je n’avais aucune idée de comment te le dire, et j’arrivais encore moins à anticiper ta réaction… D’ailleurs, je n’ai toujours aucune idée de comment m’y prendre, mais bon. » Il n’était pas vraiment certain que ses paroles eussent un sens, et si ça se trouvait, Caden allait se faire encore plus de mauvaises idées à son sujet. Présenté comme ça, il était clair qu’il n’avait pas la moindre indication quant à ce qu’Evander voulait lui dire… Le Poufsouffle passa une main dans ses mèches sombres, les dégageant de devant ses yeux. Geste qu’il avait toujours, ou presque, lorsqu’il était nerveux et qu’il ne savait pas quelle conduite adopter. Inspirant profondément, il lâcha dans un souffle : « Ton père… Si ton père est bien Nathan Robert, alors… je crois bien qu’on est cousins. »

    Ok. Pour la diplomatie, il repasserait.
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: L'ignorance d'autrui « Evander »   Mar 17 Fév - 20:57

Watch out ! Il va te trucider notre Caden National!

    Je me sentis déjà un peu plus à l'aise , étrangement. J'avais le sentiment d'avoir affaire à quelqu'un de bien , de curieux , d'un peu trop investigateur , mais de quelqu'un de bien. Je n'ai jamais compris pourquoi je fuyais les gens , ni même pourquoi je me refusais obstinément de les fréquenter. Nous sommes tous différents , nous avons tous nos points faibles et des choses que nous aimions moins. Moi , je ne me souvenais même pas quand toute cette peur de la foule , de la race humaine , avait commencé. D'aussi loin que je me souvienne , je n'ai jamais été porté à " socialiser " avec les autres , même dans mon enfance. Fort heureusement , je n'avais pas été aussi têtu que je ne le suis désormais , j'étais parvenu à me lier d'amitié avec une fillette qui , aujourd'hui encore , était la seule à comprendre et à m'accepter tel que je suis. Alice Hearn était la seule en qui j'avais confiance. Sans elle , je n'aurais jamais connu Candice. Je lui devais dailleurs beaucoup . Mais trève à part , si Evander me rendait un peu plus à l'aise que je ne l'étais face à un étranger habituellement , il n'avait certainement pas toute ma confiance. Car Caden Robert Mallory était méfiant , ça oui. Je ne rabaisserai jamais mes gardes pour si peu.

    J'étais impassible en tout temps , mais là je ne l'étais pas. Je me mettais à nu , je ne savais pas pourquoi , mais les expressions de mon visage semblait me trahir à tout coup. Je n'avais , curieusement , pas envie de me donner l'image que je projectais aux autres en sa compagnie. Et puis quand je lui laissa connaitre le fond de mes pensées , il eut une réaction tout à fait légitime. Cela allait de l'interrogation à la surprise. Oui , j'avais réussi à entretenir une conversation , bien que légère , c'en était une tout de même. Il y avait quelque chose en ce jeune blaireau qui me poussait à me livrer à lui , tout comme je m'étais farouchement approché de Candice , il y a longtemps. Mais je me raidis un peu lorsqu'il me balanca à brûle pourpoint « Je ne me savais pas aussi effrayant ! » Certes , Evander n'avait rien d'effrayant. Ce jeune homme donnait une image d'un garçon gentil , sympathique. En outre , il n'avait rien qui me fesait peur en lui. Ce qui me fesait peur , c'était cette façon de m'observer , comme s'il aurait voulu me parler depuis longtemps mais qu'il ne l'avait pas fait , cette façon de me regarder qui me glacait le sang. J'aurais voulu répondre après mon long monologue mais j'ai préféré me taire en observant les réactions du blaireau.

    Dabord , ce dernier se fourra les mains dans les poches d'un air pensif. Visiblement , quelque chose le tracassait. J'ai toujours eu cette tendance à comprendre le language des signes. L'humain communique presque toujours avec ce language , certains comme moi arrivent à comprendre la plupart de ses signes sans la moindre difficulté. C'est donc avec des yeux plissés que je le regardai. Il poussa un long soupir et se lança dans un monologue dont je n'osai interrompre à aucun moyen. Il n'y a pas à dire , j'étais littéralement pendu à ses lèvres , contre toute attente et contre toute envie. « C’est vrai que j’ai pas été très discret… Enfin, je ne veux pas que tu penses que je te harcèle, ou quelque chose comme ça. C’est surtout que… je ne savais pas vraiment comment t’aborder. » J'avais donc vu juste , que dieu bénisse mon sens aiguisé des devinettes. Quoiqu'il en soit , la surprise put tout de même se lire dans mon visage. Il avait donc quelque chose d'assez important à me dire. Et quoique ce soit , j'avais les oreilles toute ouie pour entendre la suite de ses paroles..« Je crois qu’il y a quelque chose que tu devrais savoir, mais comme on ne se connaît pour ainsi dire pas, je n’avais aucune idée de comment te le dire, et j’arrivais encore moins à anticiper ta réaction… D’ailleurs, je n’ai toujours aucune idée de comment m’y prendre, mais bon » Je me râcla la gorge un instant avant de mentionner d'un ton neutre « Eh bien , disons que tu devrais y aller du tout au tout , les longs discours ce n'est pas trop mon truc » Dis-je avec un léger sourire qui se voyait à peine.

    Par la suite , je perdis patience. Allait-il balancer ce qu'il avait à dire dans les prochaines secondes ou bien me laissera-t-il dans l'attente infiniment.Lorsqu'il inspira , j'inspirai aussi. Comme si ce qu'il allait me dire était d'une gravité immense , comme s'il allait m'annoncer que j'étais atteint d'un cancer incurable. Je le maudissais dailleurs , mais ce n'est rien à la haine que je portais pour lui par la suite , rien du tout. Evander se lança dans les confidences et je reculai de quelques pas lorsqu'il eut prononcé cette phrase qui m'atteignit droit au coeur. « Ton père… Si ton père est bien Nathan Robert, alors… je crois bien qu’on est cousins.» Père.. Nathan Robert... Cousins. Tout le reste m'importait peu , ce sont les trois mots que j'avais retenu. Je ne cessai de reculer , le visage horrifié par ce que je venais d'apprendre. Ainsi , ce jeune blaireau , avec qui j'ai étudié tout ce temps , était mon cousin et ma seule possibilité de savoir qui est vraiment mon père. Je ne vous cache pas que j'étais effrayé bien plus appeuré que rempli de haine envers lui. Je mis un sacré bout de temps avant de lancer dans un souffle saccadé , les yeux écarquillés de stupéfaction « Non.. Impossible.. « Je m'approchai de la fenêtre et m'aggripai solidement contre ses bordures , comme si j'avais peur de tomber à la renverse. Je fixai le sol , cherchant à tout prix le moyen d'éviter son regard. Cette nouvelle fut un choc. Je venais d'apprendre qu'il était bien le seul à pouvoir me parler de mon père. Chose que je rêvais depuis si longtemps , de le retrouver.

    Mais pour cela , il fallait bien évidemment lui parler. Mais les mots ne pouvaient plus sortir de ma bouche. J'avais un blocus. Impossible de dire quoique ce soit. Je regardai la vue sur le parc en silence , hésitant entre fuire ou rester. J'optai pour rester et tentai , tant bien que mal de me calmer même si , à l'intérieur de moi , tout bouillonnait au point d'ébullition , tel un volcan en éruption. Quand je repris enfin ma sérénité , je me tournai vers lui et le fixa droit dans les yeux. J'étais sérieux , mon sourire s'était effacé , et j'avais le regard vide . « Toutes ces années , j'ai fait des rêves , des cauchemars , j'imaginais mon père d'une façon , ou d'une autre.. Jusqu'à en perdre la tête. » Je marquai une pause de quelques instants pour reprendre la parole d'une voix qui se fit tremblottante. « Je savais ce qu'il avait fait à ma mère , je le haissais même , mais à la fois j'étais à sa recherche. Parce que j'étais une partie de lui.» Puis je le pointai de mon doigt menaçant , mon visage se crispant de douleur. « Et maintenant , tu m'apprends qu'en fait , toutes ses années de tortures , toutes ses nuits où je songeais à mon père , à ce qu'il fesait , s'il était encore vivant , s'il avait oublié qui j'étais , n'avaient servies à rien. Parce que tu aurais pu être la clé de toutes mes réponses. Mon père , ton oncle , ouais ! » Je fis semblant de cracher , ce fut ma façon à moi de montrer mon mécontentement. Je me tut , j'étais à la fois colérique et chagriné. Je n'arrivais pas à y croire.
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: L'ignorance d'autrui « Evander »   Dim 3 Mai - 20:49

    Evander n’était pas du genre particulièrement loquace. Certes, comparé à Caden, on aurait pu le qualifier de moulin à paroles… Mais il n’aimait pas se perdre en conjectures inutiles. Sa timidité l’avait toujours poussé à aller droit au but, sans chercher à parler plus que nécessaire. Pourtant, fait étrange, la nervosité avait sur lui l’effet inverse et il passait son temps à chercher ses mots. Preuve en était le temps qu’il lui avait fallu pour annoncer la nouvelle à Caden. Il aurait pu se contenter d’un franc et direct « Nous sommes cousins, du côté de ton père » mais il lui avait fallu bien plus de mots que cela pour exprimer ce qu’il avait gardé secret pendant des années. Il ne fallait pas avoir fait de grandes études pour percevoir le léger malaise qui s’était emparé du Poufsouffle une fois les mots prononcés. Il avait lâché cela comme un cognard juste avant un match, et à présent, il ne pouvait rien faire sinon attendre. Et peut-être se préparer à quelques coups. C’était la même appréhension teintée d’excitation qui lui nouait le ventre, car s’il n’avait aucune idée de la manière dont le Serdaigle allait réagir, et que cela l’inquiétait, il n’en éprouvait pas moins une certaine impatience à l’idée de voir comment son cousin allait prendre la chose. En bien ou en mal, cette partie de lui frustrée par l’attente s’en moquait éperdument. Il voulait simplement que les choses évoluent entre eux, sans savoir vraiment pourquoi.

    Il ne s’était pas attendu à ce que Caden saute de joie, ça, c’était une certitude. Mais la peur qu’il pût lire sur les traits du Serdaigle, il ne s’y était pas préparé. La colère, la haine, l’incompréhension, il aurait pu y faire face sans courber l’échine, mais l’effroi… Il n’en comprenait simplement pas l’origine, et il resta immobile, figé, alors que Caden allait s’approcher de la fenêtre pour s’y agripper fermement. Comme une tentative désespérée de se raccrocher aux meubles pour ne pas sombrer trop vite. Il fuyait son regard, et Evander ne chercha de toute manière pas à conserver un contact visuel. Ni même un contact tout court, d’ailleurs. Caden avait certainement besoin de calme pour digérer la nouvelle, aussi demeura-t-il silencieux tandis que ce dernier fixait le parc. L’appréhension le rongeait de l’intérieur. C’était un peu comme le calme avant la tempête, il pouvait sentir l’atmosphère se charger, sans savoir quand la foudre s’abattrait sur lui. Il ne pouvait qu’attendre, les mains toujours enfoncées dans ses poches. Finalement, Caden lui fit de nouveau face.

    « Toutes ces années, j’ai fait des rêves, des cauchemars, j’imaginais mon père d’une façon, ou d’une autre… Jusqu’à en perdre la tête. » Evander demeurait silencieux. Mieux valait qu’il le laisse aller jusqu’au bout avant d’essayer de lui répondre. Et de toute manière, qu’aurait-il bien pu lui dire en réponse à cela ? Pour le moment, il ne voyait simplement pas où cela allait les mener, tous les deux. La voix du Serdaigle tremblait, et cela ne lui échappa pas, lorsqu’il reprit : « Je savais ce qu’il avait fait à ma mère, je le haïssais même, mais à la fois j’étais à sa recherche. Parce que j’étais une partie de lui. » Gravement, le Poufsouffle acquiesça d’un hochement de tête. Il le comprenait. Sans jamais avoir été dans la situation de son cousin, il pouvait le comprendre. Les liens du sang étaient les plus forts, quelles que fussent les relations qu’on pouvait entretenir avec les membres de sa famille. C’était toujours avec un père, une mère, un frère qu’on vivait les plus beaux moments de sa vie, tout autant qu’on pouvait avoir à essuyer les déchirures les plus pénibles. Des blessures qui ne cicatrisaient pas, jamais. On ne choisit pas sa famille… Evander resta immobile, sans broncher, alors que Caden le pointait du doigt. « … Tu aurais pu être la clé de toutes mes réponses. Mon père, ton oncle, ouais ! »

    L’accusation lui fit l’effet d’une claque et il eut l’impression que toute trace d’air venait de quitter ses poumons. Il lui fallut d’ailleurs quelques secondes pour se rappeler comment respirer. Que pouvait-il répondre à cela ? Parce que c’était vrai, douloureusement vrai. Il aurait pu être ce semblant de lien entre Caden et Nathan. La mère d’Evan aurait volontiers parlé au Serdaigle de son père, elle le lui avait dit. Plusieurs fois elle avait essayé de le convaincre d’aller le voir pour lui parler, lui expliquer qu’ils étaient de la même famille. Mais lui, Evan, n’avait jamais trouvé le courage pour cela. Il avait laissé Caden empêtré dans ses illusions et désillusions, incapable d’aller lui tendre la main, simplement. Tout ça parce que le caractère solitaire et silencieux du Serdaigle avaient trouvé un écho en lui, un écho qu’il avait cherché à étouffer. Il pouvait bien le dire, il avait eu peur de faire le premier pas. Peur d’aller tisser des liens qui ne seraient plus aussi anodins et futiles que tous ceux qu’il avait pu établir à Poudlard depuis qu’il y était. S’impliquer davantage avec Caden… Lâcheté. C’était le seul mot qui convenait. Le Poufsouffle soupira, passant une main sur son visage, puis dans ses cheveux. Il acceptait la colère du Serdaigle, il y ferait face parce qu’il l’avait méritée. Mais maintenant qu’il avait entamé le chemin vers lui, autant aller jusqu’au bout. Toujours silencieux, il combla la distance qui le séparait de son cousin et vint se poster à ses côtés, s’appuyant lui aussi contre la fenêtre, quoique pas aussi fermement que Caden. Il observa un instant le parc, soupesant ses mots. Puis, tournant la tête vers le Serdaigle, et croisant son regard, il répondit enfin :

    « Je n’ai pas d’excuse… Et je comprends que tu sois furieux. Cent fois j’aurais pu trouver une occasion de te le dire, mais je ne l’ai jamais fait, et je n’ai pas d’excuse pour ça. J’avais… peur, je crois, mais ça ne justifie rien. » Il soupira doucement, s’humecta brièvement les lèvres. Rien de ce qu’il pourrait dire n’apaiserait vraiment Caden, du moins le pensait-il. « Je ne savais pas ce que tu pensais de Nathan, mais étant donné qu’il vous a abandonnés sans donner de nouvelles, je me doutais que tu ne devais pas le porter dans ton cœur. Et indirectement, je craignais que ça n’influence nos relations. J’avais pas envie que tu… » Merlin, c’était stupide. Pourtant, c’était véritablement ce qu’il avait pensé. « Que tu m’en veuilles d’être son neveu. D’être ton cousin. » Il eut un léger rire, sans joie. « Je sais, c’est stupide. Mais t’es tellement… impassible que j’arrivais pas à trouver comment te l’annoncer. » Il cligna des yeux, les conserva un instant clos. Puis, soulevant de nouveau ses paupières, il ajouta : « Je suis désolé. Ça ne vaut sûrement pas grand chose pour toi, mais je suis désolé que tu en aies souffert. »

    Il se retourna, tournant le dos au parc et observa un instant les rapaces endormis sur leurs perchoirs. Certains observaient la scène avec méfiance, certainement dérangés par l’agitation qui devait émaner des deux jeunes hommes. Il fit de nouveau face à Caden. Aller jusqu’au bout. Maintenant qu’il avait commencé…

    « Je ne sais pas grand chose de ton père. J’ai dû le voir quatre ou cinq fois en 17 ans, et la dernière remonte à quelques temps maintenant. Ce que je sais, c’est ma mère qui me l’a raconté. Je comprendrais que tu refuses, mais si c’est pas trop tard… Si tu veux, je peux te parler de lui. »
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: L'ignorance d'autrui « Evander »   

Revenir en haut Aller en bas
 

L'ignorance d'autrui « Evander »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
#. Eloge de la folie :: SWELLING SOLUTION :: Saison 1-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit