AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Quarante-huit. Aïe. [Remus !]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Mar 30 Déc - 2:20

    Les emplois du temps étaient faits bizarrement, parfois. Très bizarrement, à vrai dire, car le mardi après-midi, Evander se retrouvait avec une heure d’Histoire après le déjeuner, puis deux heures de liberté totale avant de finir par une heure et demie de métamorphose. Où était la logique dans cette répartition des cours ? Il aurait été tellement plus agréable pour les élèves de pouvoir finir leur journée plus tôt et d’avoir plusieurs heures de libres avant le dîner, et non pas cette longue pause en plein milieu de l’après-midi. Enfin. C’était tout de même l’occasion de travailler, pouvoir s’avancer dans ses devoirs afin de ne pas avoir trop de travail le soir, et Evan mettait donc généralement ces deux heures à profit pour aller s’enfermer à la bibliothèque. Surtout qu’à cette heure, peu d’élèves s’y trouvaient et il pouvait généralement s’étaler autant qu’il le voulait sur sa table, personne ne venait s’en plaindre. Madame Pince ne disait rien non plus, tant qu’il ne troublait pas le silence des lieux et n’abimait pas ses précieux livres… Elle ne lui accordait aucune attention. Ce qui n’était pas plus mal, car il n’avait jamais vraiment apprécié le côté sec et revêche du Cerbère de la bibliothèque de Poudlard.

    Il passa les grandes portes en bois d’un pas tranquille, son sac nonchalamment jeté sur son épaule. Comme d’habitude, l’endroit était presque désert. Ses camarades qui possédaient les mêmes horaires que lui préféraient travailler dans leurs salles communes, ce qui n’était pas son cas. Lui qui détestait la solitude ne savait l’apprécier que lorsqu’il s’agissait de travailler, car il ne parvenait à bien se concentrer que lorsque personne ne venait le déranger et interférer avec son travail. Certes, il n’avait pas vraiment le problème des élèves peu ou pas studieux à Poufsouffle, mais ils travaillaient habituellement tous dans la joie et la bonne humeur, et Evander n’avait jamais su s’y habituer vraiment. Enfin, cela dépendait des matières, et des devoirs. Quand il suffisait de s’entraîner à la pratique en Métamorphose ou Enchantements, cela ne posait pas de problèmes, mais lorsqu’il s’agissait de rédiger quarante centimètres de parchemin portant sur la chasse aux loups-garous au douzième siècle, et ses effets encore perçus de nos jours dans les civilisations moldues et sorcières, il avait besoin de calme.

    Alors qu’il se dirigeait vers une table près d’une fenêtre, il croisa deux fantômes en pleine conversation. L’un d’eux était le Moine Gras, fantôme de Poufsouffle, toujours jovial et agréable avec les élèves. Ne désirant pas le couper dans sa conversation, le jeune homme passa son chemin en se contentant de saluer le fantôme, qui lui répondit avec sa bonne humeur naturelle. Evander déposa son sac sur la table et sortit ses affaires. Il décida de commencer par son devoir d’Histoire de la Magie, le plus fastidieux mais certainement le plus intéressant également. Chose étonnante pour un garçon de son âge, Evander aimait bien rédiger, et les dissertations qu’on lui demandait en Histoire ne l’effrayaient pas le moins du monde. La matière en elle-même était l’une de celles qu’il préférait, et il trouvait cela passionnant. Laissant ses affaires en plan sur la table, il se leva pour aller traîner dans les rayons en quêtes de livres qui lui permettraient de faire son devoir.

    Sur une des étagères les plus hautes, il repéra ce qu’il voulait. L’Encyclopédie de l’Histoire Magique — De Merlin à nos jours. Pas vraiment attentif à ce qu’il faisait, il sortit sa baguette et la pointa vers la rangée de livres. Et au moment même où il prononça la formule du sortilège d’attraction, il se souvint que l’Encyclopédie comportait quarante-huit tomes, et qu’il lui faudrait éventuellement déterminer lequel l’intéressait. Ce qui eut pour effet d’interférer avec son sort, et les quarante-huit tomes en question, pas un de moins, lui tombèrent dans les bras. Lui-même en perdit l’équilibre et tomba lourdement sur la pierre froide.

    « Meeeeeeer….lin. » Juron étouffé, mais qui n’échappa pas à Madame Pince.
    « Monsieur Connor ! » Et voilà. Elle accourait déjà. « Je vous prierai de bien vouloir remettre tous ces livres en place, et dans l’ordre ! Immédiatement ! A moins que vous n’ayez tout un devoir à rédiger sur le contenu intégral de cette Encyclopédie, peut-être ? »
    « Non, Madame… »

    Et elle se détourna, le laissant seul avec sa pile de livres.

    « Vieille harpie, » maugréa-t-il dans sa barbe.

    Sa baguette en main, il entreprit donc de ranger tous les livres, ne gardant que celui dont il aurait besoin pour son devoir. L’après-midi commençait bien…
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Mar 30 Déc - 5:47

    La bibliothèque. Voilà l’endroit où courait ainsi le professeur de DCFM. N’ayant plus cours de toute l’après-midi, en venant de terminer sa journée avec une classe de première année. Finalement, il devait avouer qu’être professeur était une profession très agréable et il comprenait maintenant pourquoi la très chère McGonagall conservait son poste, refusant de partir à la retraite pour laisser un jeunot à sa place. Etre professeur à Poudlard avait certains avantages. Les temps libres par exemple. Ils étaient très nombreux et toujours très bien placé pour le professeur. A chaque fois, sans exception, ils se situaient en fin de journée ou bien tout juste avant le repas. Ce qui lui laissait beaucoup de temps pour corriger ses devoirs ainsi que pour préparer ses prochains cours. Non, vraiment il ne pouvait pas se plaindre de ce côté. Remus afficha alors un sourire en coin, qui fut cette fois clairement amusé et sincère. Pas une seule trace de fatigue sur le visage de l’ancien Gryffon. Il fallait préciser que le cycle de pleine lune était passé, qu’il avait récupéré ses heures de sommeil et qu’il se sentait spécialement joyeux aujourd’hui, bien qu’il ne sache pas réellement pourquoi. Peut-être était-ce parce qu’il n’avait pas eu le moindre problème avec les Serpentards, ou alors tout simplement parce qu’il n’avait pas eu le Maître des Serpents dans les pattes. Ce devait être ça.

    Descendant quelques marches, Remus fut surpris par les escaliers qui n’en firent qu’à leurs têtes et venant se coller au mur opposé. Le jeune professeur percuta alors un petit tableau qu’il fit tomber par inadvertance. Immédiatement, ce tableau se révolta.

    REMUS – « Oups, excusez-moi monsieur…attendez je vais vous remettre contre le mur… », dit-il tout en prenant avec soin le tableau qu’il regarda attentivement.
    TABLEAU – « Je ne vous pardonne rien. Vous êtes d’une maladresse mon pauvre, ouvrez donc vos yeux ! Une minute… Je vous reconnais vous…Par la barbe d’Aristote en culotte courte, je vous ai déjà rencontré ! »
    REMUS – « Impossible, je m’en souviendrais…Je n’ai jamais commencé une discussion avec un tableau auparavant. Vous devez vous… »
    TABLEAU – « Fichtre ! Ne vous méprenez pas voulez-vous ? Je vous connais. Reconnaissez-le mon brave ! Vous. Vos amis. Et vos sorties nocturnes. Cela vous revient désormais ? »


    Merlin, qui était ce vieil homme assis à ce bureau avec qui il discutait depuis quelques minutes maintenant ? Et quand est-ce qu’il l’avait rencontré ce vieux personnage. Il ne se souvenait plus. Cela devait remonter à ses années de scolarité, lorsqu’il était encore sur les bancs des Gryffondores. Autant dire que cela datait d’une éternité. Remus n’avait pas gardé le souvenir d’un…tableau. Il devait se tromper. Le professeur lui adressa alors un sourire des plus polis, ainsi qu’un regard doux.

    REMUS – « Je suis navré. », Remus accrocha le tableau au mur. « Vous faites erreur. »


    Aussitôt dit, le loup-garou tourna les talons et termina la descente de ses escaliers avant que ce tableau ne le rattrape et ne vienne entamer une nouvelle fois la discussion. Reprenant son chemin vers la bibliothèque, le professeur n’avait dès à présent plus qu’à traverser le quatrième étage. Remus passa devant la salle de cours de Mythologie, tourna au détour d’un couloir à gauche puis se retrouva enfin devant cette bibliothèque qu’il affectionnait depuis bien des années. Il s’arrêta un instant devant les grandes portes, se souvenant que la dernière fois qu’il avait passé ces portes, c’était en septième année en pleine nuit, sous une certaine cape d’invisibilité. Trois jeunes Gryffondores s’étaient introduits dans la Réserve pour dérober des livres qui leur seraient d’une précieuse utilité lors de leurs examens qui approchaient. Evidement, Remus faisait parti de cette bande. Dire que maintenant, il pouvait y aller comme bon lui semblait, sans autorisation de qui que se soit. De quoi faire rire James. Il en aurait rit…s’il avait été là. Ne voulant pas retomber dans la nostalgie, Remus décida de cesser ses rêveries et d’entrer dans cette bibliothèque. Il reprit donc sa marche, passant un à un les différents rayons. A première vue, cet endroit était désert. Peu d’élèves s’y trouvaient à cette heure-ci. Remus porta alors son regard noisette vers le bureau de la bibliothécaire, Mme Pince. Etrangement, il ne vit qu’un siège vide et il entendit sa voix aigüe résonné à deux pas de lui.

    Glissant alors le long d’une rangée de livres, Remus observa la scène qui s’offrait à lui. Un léger sourire amusé s’empara de ses lèvres, lorsqu’il reconnut l’élève en question qui subissait les foudres de cette femme si stricte lorsqu’il s’agissait de livres. Ou de grimoires. Elle n’avait pas changé, absolument pas. Remus sentit ses lèvres s’élargir davantage, quand il entendit les paroles du jeune Poufsouffle une fois Mme Pince partie. Il sortit alors de sa cachette, se retrouvant juste derrière le garçon.

    REMUS – « Je suis d’accord pour le harpie. Mais pas pour le vieille. Vous savez Mr Connor, la bibliothécaire n’est pas si âgée qu’elle le laisse paraitre… », commença-t-il lentement et d’une voix douce et amusée. « Oui, je vous ai entendu. Enfin du moins, surtout votre dernière réplique. »


    Remus le regarda un instant. Ses yeux allèrent des livres qui eux étaient par terre, à la longue étagère vide sur laquelle il fallait replacer chacun des livres. Le jeune homme avait remis en place quelques livres, mais les faisant un à un pour avoir l’ordre numérique. Hinhin. Ce jeune Poufsouffle ne connaissait pas encore toutes les astuces magiques apparemment. Remus releva alors les yeux vers son jeune élève, lui accordant un sourire qui était toujours aussi amusé. Il sortit sa baguette magique puis effectuant un rapide mouvement du poigné et en une formule informulée, tous les livres lévitèrent lentement pour se remettre chacun à leur place l’un après l’autre, comme poussé et levé par une main invisible. Remus rangea ensuite sa baguette, tourna la tête vers Evander tout en allant s’adosser contre l’autre rangée de livres pour lui faire face.

    REMUS – « Vous n’êtes pas le premier à se retrouver dans cette situation…simple question d’habitude. »


    C’était comme s’il avait ressentit le besoin de se justifier face à cet élève. Il le regardait d’une façon si peu commune que Remus ne sut pas comme l’interpréter. Le professeur devait avouer qu’il se plaisir à aider ce Poufsouffle, tout particulièrement. Le prenant sous son aile, en essayant de le faire parler de lui depuis la seconde où il avait su ce qui s’était passé l’été dernier. Cependant, ce n’était pas une mince affaire avec lui. Une vraie huître ! Pire que lui-même d’ailleurs. Jamais il n’avait vu un élève aussi peu bavard à son propos. Remus devait donc redoubler de patience et d’attention à son égard pour gagner sa confiance et lui prouver qu’il ne voulait que l’aider. Malheureusement, lui savait déjà toute son histoire alors que le jeune Connor ne connaissait rien de Remus, le découvrant cette année uniquement. Il était donc normal que ce Blaireau se méfie…d’autant plus que Remus brûlait d’envie de lui révéler sa condition de lycan pour lui expliquer l’intérêt qu’il lui portait, mais il ne pouvait pas. Se serait se condamner lui-même. Cessant de penser à cette histoire, Remus se rendit compte qu’ils étaient toujours là entre deux rangées de livres dans la bibliothèque.

    Adressant un sourire chaleureux au jeune homme, l’ancien Gryffon lui demanda alors d’une voix douce et posée :

    REMUS – « Que faisiez-vous avec cette entière encyclopédie Mr Connor ? »
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Mar 30 Déc - 14:20

    « Je suis d’accord pour le harpie. Mais pas pour le vieille. »

    Toujours assis par terre, Evander écarquilla les yeux en entendant cette voix résonner derrière lui. Il ne l’identifia pas immédiatement, mais les intonations matures et doucement graves qu’elle renfermait lui firent savoir que c’était un adulte qui s’adressait à lui. Il sentit ses joues s’empourprer légèrement et se releva d’un bond, comme un ressort qu’on aurait subitement relâché, puis se tourna pour observer celui qui avait prononcé ces mots. Le professeur Lupin. Une vague de soulagement le fit légèrement frémir. Ça allait. Il avait beau ne pas vraiment connaître le professeur Lupin, quelque chose lui disait qu’il ne lui retirerait pas de points pour avoir traité la bibliothécaire de vieille harpie. Il était clair que s’il était tombé sur Rogue… Là, il aurait eu un peu plus de soucis à se faire quant à sa survie. D’autant plus que sadique comme il l’était, le Directeur de Serpentard lui aurait certainement demandé de ranger les volumes de l’Encyclopédie sans sa baguette. Autant dire qu’il y aurait passé des heures, perché sur un escabeau en un équilibre précaire. Et puis, l’amusement qui brillait dans les yeux du professeur de Défense avait quelque chose de communicatif, et le Poufsouffle esquissa un sourire en coin.

    « Vous savez Mr Connor, la bibliothécaire n’est pas si âgée qu’elle le laisse paraitre… »
    « Moi qui pensais qu’à partir d’un certain âge, les femmes faisaient tout pour rajeunir… »

    Lueur de malice qui était venue briller dans ses yeux bleus. Lupin était ce genre de professeurs capables de plaisanter avec leurs élèves tout en gardant sur eux une certaine autorité, et sans ne jamais perdre de vue les limites qui se situaient entre eux-mêmes et les étudiants à qui ils enseignaient. Ajouté à cela le fait qu’il était véritablement doué dans son métier, Evander ne pouvait que l’apprécier. Ce fut d’ailleurs pour cela que le jeune homme se permit cette petite remarque à propos de la bibliothécaire, car il se doutait que Lupin apprécierait l’humour. Mais en même temps… Le professeur avait tendance à vouloir se rapprocher de lui, plus que de tous les autres élèves, et cela intriguait grandement le Poufsouffle. Pourquoi lui ? Et pourquoi cette compassion qui semblait animer l’homme à propos de ce qu’il avait vécu l’été dernier ? Evander n’arrivait pas à comprendre, et en cela, il faisait toujours preuve d’une certaine réserve à l’égard de Remus, en dépit de la sincérité évidente qu’il pouvait lire dans les yeux de cet homme. Il fut sorti de ces réflexions lorsque le professeur sortit sa baguette et, sans même prononcer la moindre formule, fit en sorte que tous les livres se remettent dans l’ordre sur l’étagère d’où Evan les avait délogés. Il observa Lupin avec une admiration non dissimulée.

    « Merci ! Il faudra que vous m’appreniez ce sort, Professeur. » Légère pause. « Enfin… s’il vous plait. »

    Voilà qui lui éviterait de perdre son temps à ranger des bouquins quand il avait mieux à faire. Oui, franchement, ce sortilège pourrait lui être utile. Il était vrai qu’on ne leur enseignait pas vraiment des sortilèges « ménagers » à Poudlard. Certes, le Wingardium Leviosa était bien pratique, mais bon, à force, on s’en lassait… Et il en existait bien d’autres qui étaient plus efficaces, et plus spécifiques à ce qu’on désirait réaliser. C’était en règle générale ce qu’il reprochait à l’enseignement magique, on leur apprenait des sortilèges dont il avait souvent du mal à cerner l’intérêt. Parce que franchement, métamorphoser un animal en verre à pied, il ne voyait pas trop l’utilité de la chose. Et pourtant, il aimait beaucoup la Métamorphose ! En cours de Défense contre les Forces du Mal, par contre, le problème ne se posait pas. Surtout que grâce au Professeur Lupin, ils avaient presque toujours l’occasion d’appliquer en situation réelle les sortilèges de défense qu’ils apprenaient. Il rendit son sourire au professeur, bien qu’avec un peu plus de réserve, et lui répondit :

    « Eh bien… J’essayais de mesurer combien de temps s’écoulait entre la chute des livres et l’arrivée de Madame Pince… Un record, je dois dire. » Son sourire se fit plus innocent, et il lâcha un léger rire avant de reprendre, plus sérieusement : « J’ai un devoir d’Histoire de la Magie à faire, sur… »

    Légère pause. Il baissa les yeux sur la couverture du volume qu’il tenait toujours entre ses mains. On y voyait différentes images qui représentaient les différents sujets traités dans ce tome, et entre autres, un homme avec une pilosité plus développée que la normale attaché à un bûcher. Il se racla la gorge, hésitant un bref instant à énoncer haut et fort son sujet d’Histoire. Nul doute que s’il prononçait le mot « Loup-Garou », le professeur mènerait la conversation sur ce qu’il désirait éviter à tout prix… Enfin. De toute manière, avec l’illustration sur la première de couverture, le professeur devait bien s’en douter. Il acheva donc, évitant le regard de Lupin :

    « Sur la chasse aux loups-garous au douzième siècle. » Il retourna l’ouvrage, et ce afin de ne plus avoir l’illustration sous les yeux. « Et vous, monsieur ? C’est rare de voir nos professeurs à la bibliothèque, on a souvent l’impression que les livres sont superflus pour eux… »
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Mer 31 Déc - 0:17

    Remus Lupin, professeur de DCFM à Poudlard, était assez particulier comme enseignant. A vrai dire, il ne retirait presque jamais de points, ne voulant pas pénaliser tout une maison entière par la faute d’une ou deux personnes. Il administrait des retenues à la place. Ce qui était fort intéressant, son imagination se développait un peu plus à chaque fois pour trouver une idée de punition. De plus, l’homme ne voulait pas instaurer une ambiance stricte, silencieuse et froide dès lors qu’il était en présence d’un de ses élèves. Il avait horreur de ça. Lui, qui avait détesté ce genre de situation avec l’un de ses professeurs à l’époque, ne voulait pas recommencer maintenant. Remus savait donc se faire souple, tout en gardant son autorité. Chose tout à fait inconcevable pour certains de ses collègues, dont un tout particulièrement. Mais revenons-en à cette bibliothèque où il se trouvait actuellement avec l’un de ses élèves de septième année, Mr Connor. Venant tout juste de lui faire savoir sa présence, Remus put noter que ce dernier fut tout d’abord des plus étonnés. Mais lorsqu’il l’aperçut, il se détendit légèrement. Ce qui fit sourire intérieurement notre loup-garou. Il l’observa alors un instant, lui accordant un demi-sourire amusé. Le professeur dut reconnaitre que son élève ne manquait pas de répartie, surtout lorsqu’il s’agissait de critiquer Mme Pince.

    Evander l’amusait. Sa réplique des plus justes, déclencha un autre sourire qu’il se contint de montrer. A la place, le professeur garda un silence impérial, laissant uniquement paraitre un air mi-amusé, mi-décontracté sur son visage. Ce qui le changeait considérablement. A force de toujours être fatigué, lassé, nostalgique ; Remus avait maintenant des traits sur son visage qui lui creusait les joues, développant par la même occasion des poches sous les yeux. Misérable apparence. Il ne s’en souciait plus, sachant pertinemment qu’il finirait seul ses jours. Et c’était encore une fois seul, qu’il affronterait son lourd secret chaque pleine lune. Contrairement à la période de son adolescence, où ses amis se plaisaient à venir avec lui dans la Cabane Hurlante, se métamorphosant tels de parfaits petits Animagui illégaux. Merlin tout ceci était bien loin. Remus fut sortit de ses rêveries lorsqu’il remarqua la difficulté qu’avec Evander avec les sortilèges ménagers. Le professeur lui remit en place chacun des livres qu’il avait très certainement fait tomber accidentellement. Et tout cela dans l’ordre exact numérique. Il nota alors le regard plein d’admiration qu’eut son élève, ce qui le fit sourire en le voyant ainsi.

    REMUS – « Je pense que le professeur McGonagall possède un chapitre consacré à ce genre de sortilège dans son programme. » Légèrement douteux, il crut nécessaire de rajouter : « Mais venait me voir dans mon bureau, si ce n’est pas le cas… »


    Accompagné d’un large sourire chaleureux, cela ne pouvait ressembler qu’à une simple invitation. Remus se ferait un plaisir de lui apprendre ce sortilège, qui ne nécessité par forcément une grande puissante magique. Il suffisait de maîtriser les sorts informulés, chose que le Poufsouffle était en train d’apprendre durant son année normalement. Ajoutez à cela de la concentration, et c’était bon. Le sort fonctionnerait. Remus posa une toute autre question, voulant savoir la raison de la présence du Jaune & Noir dans la bibliothèque avec cette entière encyclopédie. Evidemment, il n’était que poussé par sa curiosité pour lui demander une telle chose. Il se doutait d’ailleurs qu’il était venu pour étudier. Mais la question méritait néanmoins d’être clairement posée et dite. Le jeune professeur attendit patiemment que le Blaireau ne réponde, ce qui ne tarda pas. Ce jeune homme, doté d’un humour agréable et jovial, l’étonnerait toujours avec ses répliques qu’il se plaisait à glisser parfois dans une de leurs conversations. Esquissant un sourire amusé dans le coin de ses lèvres, Remus le regardait toujours du même air en l’observant silencieusement.

    Cessant ensuite de rire, le Poufsouffle semblait retrouver son sérieux pour fournir une explication plus raisonnée à sa venue dans la bibliothèque. Le loup-garou remarqua qu’il semblait hésitait sur le sujet de son devoir d’Histoire de la Magie qu’il était sur le point de prononcer, juste avant de baisser la tête vers la couverture d’un des livres. Intrigué par ce soudain renversement d’ambiance, l’ancien Gryffondore dériva ses yeux noisette du jeune homme pour les poser sur le même livre qu’il tenait en main. Il perçut alors très clairement ce dessin, ou du moins cette gravure qui représentait des loups-garous. Aïe. Tout devint clair pour Remus. Il releva alors les yeux vers le jeune homme, qui avait détourné son regard du sien, l’évitant volontairement. Le professeur était sur le point de répondre à sa place, voyant que c’était difficile pour le garçon, mais il fut devancé. Son sourire disparut. Son visage se durcit légèrement aux paroles de l’élève, comprenant les pensées qui devaient traverser son esprit alors qu’il parlait. Le professeur le regarda, voulant une nouvelle fois parler mais en vain. Une nouvelle fois interrompu par cette douce voix. Fixant l’ouvrage qu’il tenait toujours en main, il le vit très clairement le retourner pour ne plus être exposé à cette vue. Remus releva alors lentement ses deux perles noisette pour rencontrer à nouveau celles du jeune homme. Il comprit de suite. L’huître s’était fermée avec ce changement de sujet si brusque. Peine perdue, il n’allait pas en parler de suite. Le loup-garou jugea alors notoire de répondre tout d’abord à sa question.

    REMUS – « Et pourtant…D’où crois-tu que nous tirons les principales idées de nos cours ? » Faible sourire qui s’empara de ses lèvres. « Nous nous basons tout de même sur des livres. Bien que tu n’es pas entièrement tord…Certains de mes collègues n’aiment guerre venir ici, trouvant cet endroit pas approprié à un professeur, mais plutôt à un élève. Moi j’apprécie uniquement la Réserve. »


    Les dires de ses élèves l’amuseraient toujours autant.
    Comment peuvent faire les professeurs pour établir des cours ? Par Merlin, ils n’étaient tout de même pas la science infuse, malheureusement. D’ordinaire, ils se baisaient sur des livres. Et les livres, ils les trouvaient dans la bibliothèque. Enfin la Réserve. Endroit qu’allait rejoindre Remus, s’il n’était pas tombé sur le jeune Poufsouffle.

    REMUS – « Je m’y suis introduis tellement de fois ! D’une façon illégale bien évidement, lorsque j’étais encore à Poudlard. Alors maintenant que je peux y aller librement, autant en profiter. » Il s’arrêta, se rendant compte que le Poufsouffle n’aurait sans doute pas du entendre ceci de la part d’un de ses professeurs. « Oublie ce que je viens de dire Evander… »


    Son clin d’œil était malicieux. Tout comme son sourire en ce moment. Il savait ce que pouvait faire un élève, se souvenant lui-même de ses frasques. Il tenta alors de changer de sujet, reprenant un air sérieux. Ses yeux revinrent sur ceux du garçon, passant de ses prunelles au livre qu’il tenait toujours en mains. Le professeur ne put alors s’empêcher d’ajouter sur un tout autre ton :

    REMUS – « J’ai la nette impression que ce sujet d’Histoire de la Magie de te passionne pas tant que cela…vu la façon dont tu as hésité pour trouver le thème du devoir. »


    Il le faisait exprès. Evidement que ce sujet ne lui était pas très plaisant !
    Remus le savait. Par contre, Evander ne savait en rien que son professeur était au courant de bien plus de choses qu’il ne le pensait.
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Mer 31 Déc - 3:40

    Profitant du fait qu’ils ne se trouvaient pas en situation de cours, et que personne ne viendrait interrompre leur dialogue, Evander prit le temps d’étudier discrètement son professeur de Défense contre les Forces du mal. Son visage, surtout, marqué de cicatrices dont le Poufsouffle aurait aimé connaître l’origine. De longues marques qui creusaient des sillons où la chair était plus rose et lisse, qui barraient ses joues en accentuant cet air fatigué et malade qui avait frappé tous les élèves à la rentrée. Pourtant, derrière ces cernes qui lui assombrissaient le regard, derrière ces marques qui ne partiraient jamais, vestiges d’un passé que le Professeur était certainement le seul à connaître, Evander pouvait toujours percevoir l’homme jeune et très probablement séduisant qu’il avait été, avec cette malice qui brillait dans ses yeux bruns et ce sourire qui jouait au coin de ses lèvres closes. Nombreux étaient les élèves qui se moquaient de l’apparence misérable de Lupin, de ses robes rapiécées et de son visage qui trahissait son manque évident de sommeil, mais le Poufsouffle ne partageait pas cet avis. L'habit ne faisait pas le Mage, et le professeur Lupin en était le parfait exemple, car son apparence plus que modeste ne reflétait pas le quart de ce qu’il possédait en lui, et notamment ces nombreuses connaissances qu’il avait choisies de partager, cette année, avec les élèves de Poudlard. En cela, et malgré le fait que Lupin pût se montrer parfois un peu trop indiscret envers lui, Evan le respectait, et à la différence de bon nombre de ses collègues, ce n’était pas uniquement la figure professorale qu’il respectait, mais également l’homme qu’il laissait apercevoir. Humain. Il le trouvait simplement, incroyablement humain.

    Il esquissa un sourire à l’adresse du professeur lorsque celui-ci l’invita à venir dans son bureau, dans le cas où le professeur McGonagall ne leur enseignerait pas le sortilège qui l’intéressait. Naturellement, avec le sourire chaleureux que lui adressa son vis-à-vis à cet instant, il ne pouvait qu’être tenté d’accepter sur le champ, mais d’un autre côté, la perspective de passer un moment seul avec lui dans son bureau le fit réfléchir à deux fois avant d’accepter. Il ne voulait pas donner à Lupin l’occasion de détourner la conversation sur autre chose, car c’était certainement ce qu’il se passerait. Cependant, il hocha doucement la tête et répondit avec une politesse empreinte de gratitude non feinte :

    « Très bien, je n’y manquerai pas, Professeur. »

    Le professeur semblait apprécier les remarques saupoudrées d’humour qu’il glissait dans la conversation, et Evan en fut soulagé, pour plusieurs raisons. Certes, il agissait toujours ainsi, de nature joviale et agréable, prompt à tenir une conversation quelle que fut l’identité de son interlocuteur, mais en montrant ainsi à Lupin qu’il savait plaisanter, il espérait surtout prouver à son professeur que sa sollicitude à son égard était inutile, et qu’il allait, du moins en apparence, bien. Depuis le début de l’année, Lupin s’était montré sympathique envers lui, et si Evander en avait été touché, cela l’avait également peiné, car il était persuadé que la bienveillance de l’homme n’était due qu’à ce qu’il avait pu lire dans la Gazette l’été dernier. Quelque part, Evander aurait préféré que Lupin se montre aussi sympathique avec lui parce qu’il était bon élève et de compagnie agréable, et pas parce que ce qu’il avait vécu suscitait la compassion. Aussi, il ne savait pas vraiment que penser de l’attitude de Lupin. Etait-ce sincère et désintéressé, ou bien en rapport avec ce que lui-même avait vécu ? Et si c’était le cas, pourquoi tant d’efforts pour être en bon termes avec lui ? C’était constamment ce genre de questions qui revenaient lorsqu’il se retrouvait confronté au professeur.

    Le jeune Poufsouffle ne put s’empêcher de hausser légèrement un sourcil en voyant que Lupin se mettait soudainement à le… tutoyer. Et, fait étrange, ce rapprochement s’effectuait juste après qu’il ait annoncé à son interlocuteur le sujet de son devoir d’Histoire. Lupin évoqua la Réserve, dont l’accès était limité aux élèves. Naturellement, toutes les règles étant faites pour être contournées, Evan était certain que nombre de ses camarades s’étaient déjà faufilés dans cet endroit à l’accès restreint ou du moins, avaient tenté de s’y introduire. En ce qui le concernait, l’endroit ne l’intéressait pas trop, sauf peut-être pour les livres qui pouvaient traiter des Runes. Il était excessivement curieux à ce sujet, et adorait faire de petites expériences magiques avec celles-ci. Il sentit ses yeux s’écarquiller de stupeur en entendant Lupin lui annoncer de but en blanc qu’il s’était introduit illégalement dans la Réserve lorsqu’il était élève, et un sourire définitivement amusé vint arquer ses lèvres. Puis Lupin lui demanda d’oublier ce qu’il venait de dire, l’appelant par son prénom. Nouvelle surprise, mais Evan préféra passer outre ce fait et secoua la tête, ses prunelles s’éclairant d’une lueur malicieuse.

    « Trop tard, Professeur ! Mais ne vous inquiétez pas, je ne dirai rien au professeur Dumbledore. » Il fit mine de réfléchir quelques secondes, puis ajouta : « Surtout que vous perdriez toute crédibilité si vos élèves vous voyaient en retenue avec Rusard, à récurer les trophées… » Il secoua doucement la tête, et ses mèches brunes dansèrent devant ses yeux. Puis, ramenant son regard sur le professeur, demanda : « Dans quelle maison étiez-vous lorsque vous étiez élève ? »

    Lorsque Lupin lui fit ensuite remarquer que le sujet d’Histoire n’avait pas l’air de le passionner, Evander baissa machinalement les yeux vers le livre qu’il tenait toujours entre ses mains. La couverture lui était à présent cachée, mais le sujet, bien trop présent dans son esprit, et il avait espéré que le professeur en aurait oublié l’existence. Ce qui, visiblement, était loin d’être le cas. Le jeune homme haussa légèrement les épaules et répondit, se forçant à croiser de nouveau le regard de Remus :

    « Non, ce n’est pas ça. C’est surtout que… On a vu les révoltes des Gobelins, la ségrégation des Géants, la lutte des Centaures pour être reconnus comme des êtres vivants et non pas des créatures magiques, mais lorsqu’il s’agit des loups-garous… » Léger soupir qui s’échappa de ses lèvres. « C’est comme si aucun progrès n’avait été effectué. Même si les Moldus n’y croient plus et ne les brûlent plus sur les bûchers, ou n’essaient plus de les tuer avec des balles en argent, les Sorciers continuent à les regarder de travers et les mettre à part. C’est… dommage. Et décevant, je crois. Et après, ils se sont tous étonnés et révoltés lorsque la plupart des lycanthropes ont rejoint Vous-Savez-Qui lors de la dernière Guerre, mais si on leur avait permis de s’intégrer pleinement à la société… Ça ne serait pas arrivé. »

    Il était resté dans un cas général, et ce volontairement. La question, il n’avait pas vu comment l’esquiver, mais il avait au moins fait en sorte de ne pas donner au Professeur l’occasion de dévier sur son cas à lui en particulier. Ou plutôt, sur le cas de Luke.

    « L’étude de l’Histoire devrait servir à analyser nos erreurs pour ne plus les commettre à nouveau, mais dans ce cas précis… C’est comme si cela stagnait depuis des siècles. »
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Dim 11 Jan - 15:47

    « Trop tard, Professeur ! Mais ne vous inquiétez pas, je ne dirai rien au professeur Dumbledore. »
    « J’ai bien peur que le professeur Dumbledore soit au courant de plus de choses que l’on ne le pense… » Un sourire amusé s’étala sur ses fines lèvres, alors que ses yeux pétillaient de malice tout en observant le jeune homme qu’il avait en face de lui. Evander Connor était un sympathique élève. Remus lui accordait une attention des plus particulières, ce fut sans doute la raison à ce tutoiement si soudain lors de sa dernière réplique.

    « Surtout que vous perdriez toute crédibilité si vos élèves vous voyaient en retenue avec Rusard, à récurer les trophées… »
    Ah, il n’avait pas entièrement tord de ce côté-ci. Remus en avait presqu’oublier cette partie de la chose. Mais peu importe, il saurait récupérer sa crédibilité auprès des élèves si cela devait arriver. Gardant alors son sourire sur le visage, le professeur de DCFM s’approcha légèrement plus près du jeune homme. « C’est pourquoi j’espère ne pas me tromper en pensant que tu sauras discerner les choses potentiellement futiles de celles qui touchent la confidentialité lorsque nous parlons, Evander… ». A vrai dire, il n’en doutait pas une seule seconde. Elève de septième année, brillant et intelligent ; le Poufsouffle devait savoir pertinemment ce qu’il pouvait répéter ou non à ses petits camarades. Bien que ce ne soit pas réellement une affaire d’état. Tout le monde savait à peu près toutes les frasques et les infractions au règlement qu’avaient commis la bande des Maraudeurs. Ou du moins, du côté du corps professoral pour les anciens professeurs qu’avaient eut Remus et ses amis dans le temps où ils étaient sur les bancs de l’école. C’était vrai qu’il ne s’était plus posé la question au sujet de leur popularité…Les Gryffondores entendaient-ils encore parler des Maraudeurs ? Et les professeurs en avaient-il un mince filet de souvenir ? Aucune idée…Quoiqu’il en soit, Remus avait déjà repéré deux élèves Gryffons qui reprenaient parfaitement ma relève ; à savoir les jumeaux Weasley. Ce duo de choc Rouge & Or se donnait à des tours de magie et de farce que lui-même n’aurait pas un seul instant imaginé.

    « Dans quelle maison étiez-vous lorsque vous étiez élève ? »
    « J’aurai vraiment souhaité être au milieu des Serdaigles, mais il paraitrait qu’une part de moi bien plus importante n’aurait pas eu sa place. Le Choixpeau Magique m’a ainsi donc envoyé chez les Gryffondores. Une maison dans laquelle je n’aurai pas imaginé à quel point l’ambiance y était chaleureuse…Sans compter notre Directrice de Maison qui était très…ferme avec nous. Il faut dire qu’on lui en a fait voir de sacrées couleurs. » Nouveau sourire amusé et malicieux qui s’empara de ses lèvres, montrant son air des plus décontracté et plaisantin qui refaisait à chaque fois surface lorsque la discussion touchait ses années Poudlard et ainsi donc, celles passaient avec ses amis.

    Evidemment, lorsqu’il énonça sa Directrice de Maison, il voulait parler de celle qui était désormais sa collègue ; à savoir Minerva McGonagall. Elle eut beaucoup de travail avec le quatuor qu’avait formait Remus et ses camarades, notamment lorsqu’il s’agissait de les punir comme il se devait. Mais cela n’avait pas empêché les quatre Gryffondores de s’adonnaient à d’autres bêtises et infractions au règlement, voulant uniquement profiter de Poudlard et découvrir ce château sous tous ses angles. C’était le bon temps, celui de l’insouciance et des amis toujours prêts pour faire les quatre cents coups. Cependant, il fallait préciser que Remus essayait vainement de les dissuader avant qu’ils ne partent se balader dans la forêt interdite ou aller dérober des ingrédients de Potions dans le bureau de Slughorn. Malheureusement pour lui, le loup-garou finissait toujours -et cela sans aucune exception- emporté dans leurs délires les plus téméraires et audacieux. Vint alors la question qui trottait dans son esprit dès qu’il vit le jeune élève avec ce livre en main, qu’il osa la lui poser. « Non, ce n’est pas ça. C’est surtout que… On a vu les révoltes des Gobelins, la ségrégation des Géants, la lutte des Centaures pour être reconnus comme des êtres vivants et non pas des créatures magiques, mais lorsqu’il s’agit des loups-garous…C’est comme si aucun progrès n’avait été effectué. Même si les Moldus n’y croient plus et ne les brûlent plus sur les bûchers, ou n’essaient plus de les tuer avec des balles en argent, les Sorciers continuent à les regarder de travers et les mettre à part. C’est… dommage. Et décevant, je crois. Et après, ils se sont tous étonnés et révoltés lorsque la plupart des lycanthropes ont rejoint Vous-Savez-Qui lors de la dernière Guerre, mais si on leur avait permis de s’intégrer pleinement à la société… Ça ne serait pas arrivé. ». Lui qui avait espéré une réponse plus…subjective, il en avait obtenue une entièrement objective. Un léger soupir sortit alors de la bouche du loup-garou, un tantinet déçu. L’homme alla s’assoir à la table qu’occupait très certainement Evander avant qu’il n’aille se lever pour chercher ses livres. Il prit donc place sur la chaise, se tournant de trois quart pour regarder le garçon qui lui était toujours debout.

    « Excuse-moi, j’espère que cela ne te dérange pas si je m’installe j’espère ? ». A vrai dire, il s’agissait plus d’une question rhétorique de politesse plutôt qu’une réelle question posée à Evander. « Ce doit être la vieillesse qui s’abat sur moi… » Le professeur lui accorda un sourire légèrement amusé, avant de reprendre son sérieux. « Tu as entièrement raison. Et je suis d’accord avec toi, c’est bien dommage que nous ne changions pas d’opinion vis-à-vis de ces créatures. Beaucoup de Sorciers se mettent à les détester, les traiter comme d’ignobles bêtes écervelées dévoreuses en soif de chaire humaine…alors que n’est pas toujours le cas. Ils pensent cela d’eux pour la seule et unique raison qu’ils en sont très mal informés sur les Lycans et que par conséquent, ils préfèrent les craindre et les repousser au lieu d’essayer de les comprendre. » Une pause de fut pas de trop, surtout avec les propos qu’il venait de tenir. Sa voix douce et posée laissa paraître de la certitude qui sonnait presque comme du vécu. Heureusement, son statut de professeur de DCFM pouvait expliquer sa connaissance aux sujets des loups-garous. Mais Remus parlait réellement de choses qu’il avait lui-même vécu à cause de son problème de fourrure. « La seule amélioration qu’il a été faite pour ces créatures, c’est la potion Tue-loup qui les aide durant les périodes de pleine lune ; peut-être as-tu déjà vu cette potion avec mon collègue le professeur Rogue ? »

    Il savait pertinemment qu’il dérivait de son objectif qui était Evander et l’histoire qu’il avait vécu avec son frère. Mais puisque l’élève avait judicieusement retourné les propos de sa question à son aise pour l’esquiver légèrement, Remus ne pouvait pas l’ennuyer davantage sur cette histoire s’il ne voulait pas en parler. Il n’allait pas non plus lui tirer les vers du nez. Le professeur resta alors assis à sa chaise, ne quittant pas des yeux cet élève qu’il n’arrivait toujours pas à cerner entièrement. Il était devenu une sorte d’énigme fascinante à décrypter.

    « L’étude de l’Histoire devrait servir à analyser nos erreurs pour ne plus les commettre à nouveau, mais dans ce cas précis… C’est comme si cela stagnait depuis des siècles. »
    « Oui, absolument. Mais l’Histoire de la Magie ne sert en réalité qu’à relater les différents évènements sorciers qui ont eu lieus, dans l’espoir d’inculquer aux élèves une once de culture générale. Les créatures ont toujours été un sujet sensible, pour l’unique raison qu’elles constituent la seule chose que notre gouvernement Sorcier ne sait maîtriser. » Un rictus apparut au coin de ses lèvres, alors qu’il fit une autre pause. « Le Ministère Sorcier préfère de loin prendre toutes les précautions nécessaires pour être sûr que ces créatures existantes dans notre monde, n’empêchent en rien la continuité de la vie paisible des Sorciers. Jamais ils n’ont encore eu l’idée de penser dans l’autre sens ; celui qui va en la faveur des créatures et donc des loups-garous…C’est une sorte de discrimination si l’on prend les nombreuses interdictions qui sont mises en places pour cette partie de la population sorcière, par rapport à celle que tu occupes. » Remus le regarda sans siller, remarquant que cet élève en savait plus de chose que les autres. D’ordinaire, les adolescents de Poudlard ne se posaient pas de telles questions, se contentant d’apprendre ce qu’on leur demandait. Alors que lui, lui voyait beaucoup plus loin que le bout de son nez. Ce qui était une sorte d’atout.

    « Je me trompe ou tu en sais bien plus sur les créatures, tels les loups-garous, que tu ne le souhaites paraitre ? » Hum, cette question toujours prononcée sur ce ton doux, calme et posé revenait en l’espace de deux secondes sur le sujet que tentait de percer le professeur de DCFM. Son regard se faisant plus curieux et impatient, il ne bougea cependant pas en observant toujours Evander qui était devant lui.
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Ven 16 Jan - 20:03

Désolée, j'ai fait un peu long là. XD Une semaine que j'attendais de pouvoir te répondre =X


    « C’est pourquoi j’espère ne pas me tromper en pensant que tu sauras discerner les choses potentiellement futiles de celles qui touchent la confidentialité lorsque nous parlons, Evander… »
    « Pas de soucis de ce côté là, Professeur. Je n’éprouve personnellement aucun plaisir à aller raconter à gauche et à droite les conversations que je peux avoir… »

    Le Poufsouffle haussa légèrement les épaules, un sourire jouant sur ses lèvres closes. C’était vrai que plein d’autres élèves, et notamment les Vipères, auraient adoré profiter de cette petite révélation lâchée par le professeur Lupin et essayer d’en profiter, en allant clamer à qui voulait l’entendre que celui-ci avait enfreint le règlement quand il était jeune… Mais ça n’intéressait pas Evan, pas du tout même. Il considérait chaque conversation qu’il pouvait avoir comme quelque chose d’enrichissant, des fragments de vie qu’il souhaitait garder et protéger de l’extérieur, et c’était le cas avec Lupin. Peut-être même plus avec lui, d’ailleurs, car Remus avait l’air d’avoir bon nombre d’expériences derrière lui, malgré son âge encore jeune, et Evan n’avait pas l’intention d’aller se vanter que le professeur paraissait apprécier sa conversation, et qu’ils avaient discuté tous les deux dans un cadre qui n’était pas particulièrement scolaire. Il en était conscient, Lupin n’avait que de bonnes intentions envers lui, et réciproquement, il éprouvait envers lui un respect insoupçonné, bien qu’entremêlé d’une certaine réserve. Il ne retirerait absolument rien à discréditer Remus auprès de ses élèves, et en plus de cela, il appréciait la sympathie dont le professeur faisait preuve à son égard, chose étrange, et il n’avait aucune envie de rompre cela avec un comportement puéril qui ne lui correspondait pas.

    Il arqua un sourcil, intrigué par la réponse de Lupin. Gryffondor ? Etrangement, il n’en était qu’à moitié surpris. Certes, Serdaigle aurait pu tout aussi bien convenir à l’homme qui se tenait en face de lui, mais Gryffondor… cela lui correspondait mieux. Evan n’aurait pu expliquer pourquoi. Sûrement cette lueur qu’il pouvait voir dans son regard, bienveillante mais déterminée. Comme des braises rougeoyantes, à demi consumées et éprouvées par les intempéries, mais toujours là, et dégageant une chaleur qui demeurait bienvenue en toutes circonstances. Le garçon hocha brièvement la tête avant de murmurer, pensif :

    « Ça ne m’étonne pas vraiment… Enfin, je trouve que le Rouge et l’Or vous vont bien. Vous êtes mesuré, et certainement brillant, mais… encore trop spontané pour Serdaigle, je trouve. »

    Il pinça un instant les lèvres, comme réalisant qu’il aurait peut-être dû retenir ses paroles, mais au fond, il n’avait rien dit que désobligeant envers Lupin, bien au contraire. C’était son avis, et il se privait rarement de le faire savoir. Si Lupin apprécierait la remarque ou non, il n’en savait rien, mais quelque chose lui disait qu’il en fallait davantage à l’ancien Gryffon pour vraiment s’offusquer. Peut-être même qu’il y percevrait le respect sous-jacent, qui savait ? Sourire qui vint jouer sur ses lèvres à la mention de la Directrice de maison. Ce qui était vraiment étrange, en fait, c’était d’imaginer Lupin en fauteur de troubles. Certes, la malice brillait souvent dans ses prunelles, mais de là à l’imaginer en petit plaisantin de Poudlard, au milieu d’une bande d’amis prêts à tout pour faire tourner les profs en bourriques… Une question vint lui trotter dans l’esprit, et se risqua à la poser non sans une certaine curiosité :

    « Ça doit être bizarre de revenir à Poudlard en tant que prof, non ? Devenir le collègue de professeurs qui vous ont vu grandir… » Il n’osait même pas imaginer. Nul doute que si cela lui arrivait un jour, et qu’il revenait à Poudlard pour enseigner, il serait absolument incapable de considérer McGonagall ou Chourave comme des collègues et égaux. Ils demeureraient éternellement ses professeurs, il était impossible qu’un jour il puisse appeler le professeur de Métamorphose « Minerva », par exemple.

    Lorsque Lupin alla s’asseoir, et lui demanda s’il pouvait s’installer, Evander se contenta d’un hochement de tête. Question purement rhétorique qu’il lui posait là, et de toute manière, la politesse lui interdisait fermement de protester. D’un côté, ça ne le dérangeait pas spécialement, mais de l’autre… Le fait que Lupin s’installât à sa table montrait que la conversation pourrait s’éterniser, et surtout évoluer dans une direction qui ne l’arrangeait pas vraiment. D’ailleurs, le professeur continua sur sa lancée et répondit à ses précédentes réflexions sur la condition des loups-garous. Sans vraiment s’en rendre compte, tout occupé qu’il était à écouter ce que l’homme lui disait, il s’installa à son tour à sa table, posant le livre sur celle-ci et prenant place en face de Lupin. Il ne put retenir une légère grimace à l’appellation « ignobles bêtes » évoquée par son vis-à-vis. Le pire était que c’était vrai, bien trop vrai… Monstre, tel était le mot qu’avait utilisé son père pour qualifier Luke. Alors que ce n’était pas sa faute, il n’avait pas agi volontairement… Sentant son estomac se nouer, le Poufsouffle serra les mâchoires, s’intimant au calme et repoussant ces sombres pensées qu’il s’évertuait à refouler et enfermer au fond de son cœur. Il mit d’ailleurs quelques secondes à réaliser que le professeur lui avait posé une question, et il secoua la tête en signe de négation.

    « Non, » répondit-il d’une voix légèrement plus rauque que précédemment, certainement due au fait que sa gorge s’était subitement asséchée en écoutant Remus parler. L’air de rien, il se racla légèrement la gorge pour redonner des sonorités plus habituelles à sa voix. « On ne l’a pas étudiée en Potions, mais j'en ai entendu parler. » Un léger soupir. « Encore faut-il y avoir accès… »

    Ce qui n’avait pas été le cas de son ami. Justement, les sorciers étaient tellement mal informés sur les lycanthropes – et l’enseignement qu’on leur donnait à Poudlard ne comblait pas toujours ces lacunes, malheureusement – qu’ils s’étaient souvenus trop tard qu’une potion de ce type pouvait être préparée. De ce qu’ils avaient pu en lire dans les livres, mieux valait laisser la première transformation se passer de manière naturelle, car si le loup ne pouvait s’exprimer au moins une fois, il y avait un risque qu’il prenne le pas sur l’homme. Ça n’avait jamais été prouvé de manière scientifique, car la Potion tue-loup était très récente, mais ils n’avaient pas voulu prendre ce risque. Luke n’avait pas voulu, du moins. En outre, la potion était particulièrement complexe à réaliser… Ils avaient beau être de bons élèves, ils n’étaient pas en mesure de la réaliser eux-mêmes. Et ce n’était pas vraiment le genre de potions qu’on pouvait trouver dans le commerce, quand on voyait comment la société magique traitait les lycanthropes.

    « Jamais ils n’ont encore eu l’idée de penser dans l’autre sens ; celui qui va en la faveur des créatures et donc des loups-garous… »
    « Vous pouvez arrêter de dire ce mot ? » Souffle qui lui avait échappé, et il se mordit la lèvre, fermant un court instant les yeux. « S’il vous plaît. Créature… ça donne un aspect inhumain. Peut-être que d’un point de vue magico-scientifique ils ne le sont plus vraiment, mais ils restent humains malgré tout. » Il fallait qu’il se contrôle davantage. Même en déviant la conversation vers un sujet plus général, et politique, ça le touchait encore de trop près. Et malgré cette certitude qui semblait émaner du professeur quand il lui parlait, Evan ne s’imaginait pas un seul instant qu’il pût être concerné à ce point, et surtout d’aussi près, par le sujet.

    « Je me trompe, » lui demanda le professeur Lupin, « ou tu en sais bien plus sur les créatures, tels les loups-garous, que tu ne le souhaites paraître ? »

    Sourire un peu plus terne qui vint jouer sur ses lèvres. Les prunelles cobalt du Poufsouffle s’ancrèrent dans celles du professeur, malmené par ce calme et cette douceur qu’il pouvait y lire tandis qu’il était quant à lui tiraillé par des envies contraires. Celle de se lever, récupérer ses affaires et partir sans demander son reste, pour ne plus avoir à subir cette question, et celle de lui répondre, fût-ce à demi-mots. Car il était bien conscient que Lupin souhaitait simplement l’aider, et cette main qu’il lui tendait, il aurait aimé savoir l’attraper. Mais il ne voyait pas l’intérêt d’en parler. Ou plutôt, il ne voulait pas le voir, car c’était tellement plus facile de tout refouler.

    « Je me trompe ou vous aussi, vous en savez davantage que vous ne le laissez paraître ? » Et il ne parlait pas des loups-garous, mais de sa situation à lui. Lupin savait ce qu’il s’était passé, il en était certain. Autrement, il n’aurait pas cherché à amener le sujet ainsi. Il passa une main dans ses mèches sombres pour les dégager de son visage, geste dissimulant une certaine nervosité qu’il s’efforçait de maîtriser. « Pourquoi poser une question dont vous connaissez déjà la réponse ? Qu’est-ce-que vous cherchez, Prof ? » Son ton n’était pas hostile, ni même coléreux, simplement... chargé d’incompréhension. Incompréhension teintée d’une certaine tristesse. Eperdu. En quoi son état pouvait-il bien intéresser Lupin ? Il était arrivé cette année, il ne le connaissait pas, alors… Il voulait comprendre.
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Sam 31 Jan - 22:10

Lol, je ne vais pas me plaindre si tu écris autant, au contraire j'adhère d'autant plus à ton style What a Face



    « Ça ne m’étonne pas vraiment… Enfin, je trouve que le Rouge et l’Or vous vont bien. Vous êtes mesuré, et certainement brillant, mais… encore trop spontané pour Serdaigle, je trouve. » En voilà une réponse à laquelle il ne s’attendait pas de la part d’un de ses élèves. A croire qu’il les mettait trop en confiance pour qu’ils se permettent de répliquer de la sorte à leur professeur. Mais cela ne pouvait pas offusquer Remus, non pas de la part du jeune Connor. Il savait que trop bien que ce garçon était loin d’être une personne qui lui manquait de respect, bien au contraire. Un léger sourire amuse se glissa alors au coin de ses lèvres en voyant le Poufsouffle qui se rendait apparemment compte de ses paroles et de la personne à qui il les adressait. « Ca doit très certainement être ce que le Choixpeau a également dit lors de ma répartition… » Il ne se souvenait même pas de ce que ce vieux chapeau lui avait grommelait dans un murmure parfait, lorsqu’il était assis sur ce tabouret à trois pieds lors de son entrée à Poudlard. Mais Evander devait avoir raison ; il était loin d’être assez sage et mettre de ses pensées et de ses actes pour être chez les Aigles. Remus ne fit aucun commentaire sur la façon dont l’avait vu son élève lorsqu’il avait énoncé par la même occasion quelques compliments. Il n’aimait pas les compliments, il préférait passer outre et poursuivre la conversation. Ce qu’il fit avec brio quant il se mit à parler de Minerva McGonagall, ancienne directrice de sa maison. Une brave femme qu’il admirait toujours autant, bien qu’elle se prenne quelque fois pour sa mère.

    Se laissant emporter par ses souvenirs de jeunesse, le loup-garou se sentit d’autant plus malicieux et amusé lorsqu’il se souvint des maintes reprises auxquelles ses amis et lui s’étaient voués à toutes sortes d’infractions aux règlements, leur valant pas mal de corrections de la part de Minerva. La voix douce et curieuse du jeune homme toujours en face de lui, le fit sortir de ses rêveries. Cessant toute divagation sur son passé, l’homme remis alors son regard noisette sur le Blaireau. « Ça doit être bizarre de revenir à Poudlard en tant que prof, non ? Devenir le collègue de professeurs qui vous ont vu grandir… » Cette question lui valut quelques secondes de réflexion. Evidemment, il se rappelait qu’à ses débuts Remus galérait quelques peu pour appeler ses anciens professeurs par leur prénom comme ils lui avaient demandé si souvent. « Oui, ça l’a été. Le plus compliqué a été pour les professeurs McGonagall et Dumbledore. Ceux qui autrefois me réprimandaient avec mes amis suite à nos frasques et qui aujourd’hui déjeunent à mes côtés. » Oui, cela avait été plus difficile avec eux deux. Les autres, Remus ne les avait pas côtoyés assez fréquemment lors de ses années d’études à Poudlard pour les percevoir différemment. Il s’agissait de simples collègues, rien de plus, rien de moins. Alors qu’avec Minerva et Albus…Ils représentaient les deux personnes qui avaient été les plus proches de lui durant son adolescence. Le Directeur de part sa gentillesse à son égard en l’aidant lors des pleines lunes et le Chat de part son instinct maternelle qu’elle ne cessait de dégager pour chacun de ses élèves Rouge & Or, peut-être même un peu plus pour lui. Mais soit, cette courte période était maintenant oubliée et Remus n’avait plus de difficulté avec les professeurs qui ornaient la longue table qui leur était destinée dans la Grande Salle. Seule la jeune Thompson lui était…inconnue. Certes, d’autres professeurs étaient eux aussi nouveaux, mais cette jeune femme donnant des cours de Médicomagie l’intriguait fortement…

    Sentant par la suite ses jambes se faire lourdes à rester ainsi droites et inchangées depuis quelques minutes, Remus prit la décision de s’assoir à la table qu’occupait avant le Poufsouffle. Il posa ensuite son regard chaleureux et bienveillant sur ce jeune homme, commençant de longues tirades. Evidemment, le sujet était tout bonnement les Loups-Garous. Restant dans un point de vue générale, l’ancien Gryffondore dut avouer qu’il se plaisait à glisser quelques phrases intentionnellement adressées à Evander. De part ce sujet global, il espérait toucher la situation personnelle du garçon…Chose qui fonctionnait s’il en croyait l’attention admirable que lui accordait son élève. Ce dernier vint d’ailleurs s’installer en face de lui, prenant soin de poser son livre sur la table. Ses yeux noirs ténébreux brillaient d’une lueur que Remus ne parvint pas à décrypter. Il poursuivit tout de même ses longues réflexions et informations à propos des lycanthropes tout en observant les réactions du jeune Jaune & Noir.

    « Peut-être as-tu déjà vu cette potion avec mon collègue le professeur Rogue ? » Connaissant d’avance la réponse, ou du moins il s’en doutait, il nota que Evander mit quelques secondes avant de s’apercevoir qu’il venait de lui poser une question. Peut-être que les mots crus qu’il employait pour désigner les Loups-Garous le faisaient que trop réfléchir sur le sujet.« Non, on ne l’a pas étudiée en Potions, mais j'en ai entendu parler. Encore faut-il y avoir accès… » Evidemment. Tant pis, Remus devra se rappeler de dire quelques mots à propos de cette potion dans son cours concernant les Loups-Garous, voulant tout de même que cette future population sorcière ne sache comment les personnes touchées par cette maladie pourraient éventuellement atténuer les longues nuits de pleine lune qui étaient très douloureuses. « Le mieux est d’être soi-même Maître en Potions pour la concevoir soi-même ou alors de connaître un endroit où se la procurer. Mais elle est très difficile à réaliser, demandant beaucoup de rigueur et d’application…Le plus déroutant a été que cette potion à suscité un fort accroissement des ventes illégales de fioles contenant la potion Tue-loup. Sauf que bien souvent, cet élixir était mal conçut, avec de mauvais ingrédients, de mauvais dosages et cela n’a fait qu’empirer les conditions déjà difficile de ces personnes. » Hum, triste constatation qu’il ne tirait que de son vécu. A force de trop évoquer ce sujet sur les loups-garous, Remus risquait de réveiller la curiosité de son élève qui se demanderait bien comment il s’avait tout ceci, outre le fait qu’il soit professeur de DCFM. Mais Remus parut indéchiffrable, conservant un air chaleureux et captivé par la discussion. Il reprit alors de plus belle le fil de son histoire sur les lycanthropes.

    Evoquant cette fois-ci l’aspect politique de la chose, ou du moins la façon dont le Monde Magique & Moldu les percevait. Le professeur de DCFM nota une nouvelle fois les réactions de la part de son élève qui étaient plus que satisfaisantes. Il paraissait si troublé, gêné et dérangé par les paroles plus que véritable qu’énonçait Remus, qu’il allait finir par le lui dire. D’une quelconque manière d’ailleurs, Evander finirait par en avoir trop entendu soit par les mots lestes qu’employait volontairement le vieil Rouge & Or. Ce qui arriva enfin, une fois qu’il dit que personne n’avait encore eu l’idée de penser en la faveur des loups-garous au lieu de les cataloguer comme Bêtes Assoiffées de Chaires Humaines. « Vous pouvez arrêter de dire ce mot ? » Légère parole subitement débitée par Evander, chose qu’il n’avait très certainement pas contrôlé à en croire ce pincement de lèvres qui suivait sa phrase. Remus s’arrêta alors de parler, gardant un mutisme parfait, se contentant d’observant le jeune homme qui venait de fermer un instant ses paupières en attendant une quelconque explication de sa part suite à son intervention. « S’il vous plaît. Créature… ça donne un aspect inhumain. Peut-être que d’un point de vue magico-scientifique ils ne le sont plus vraiment, mais ils restent humains malgré tout. » Le professeur s’était attendu à une autre explication, mais qu’importe il ne pouvait pas ignorer ce qu’il venait de dire afin de lui faire sortir les vers du nez pour enfin l’aider à soulager sa conscience avec ce qu’il avait vécu avec son frère et son meilleur ami. Le toisa donc du regard, il resta coi tout en l’observant silencieusement avant de ne répondre :

    « C’est pourtant ainsi qu’elles sont nommées depuis leurs existences, mais soit. » Il marqua une légère pause. « Si cela te dérange trop, je veillerai à surveiller mon langage dans ce cas… » Finissant sa phrase en lui adressant un sourire très doux et chaleureux, Remus le regardait toujours en espérant qu’il allait cesser d’être aussi nerveux et mal à l’aise. Bien qu’il devine ce qui le dérangeait…D’ailleurs, le professeur ne fit rien pour arranger les choses, décidant de lui poser une question des plus pertinentes et lourdes de sens. Utilisant alors une voix toujours aussi douce, posée et chaude pour atténuer les réactions possibles du jeune homme, Remus lui demanda donc :

    « Je me trompe ou tu en sais bien plus sur les créatures, tels les loups-garous, que tu ne le souhaites paraitre ? » Question qui fit mûrement réfléchir le Jaune & Noir, avant que ce dernier ne réplique sur un ton catégorique et ferme.
    « Je me trompe ou vous aussi, vous en savez davantage que vous ne le laissez paraître ? » Cette question inattendue, dérangea du plus profond Remus, bien qu’il n’en montre rien à la surface. Il ne savait que répondre, que faire et comment réagir à cette soudaine répartie qui s’était installée chez Evander. Il ne pouvait rien lui dire. L’homme poussa alors un soupir de lassitude, face à la réaction trop buttée de son élève. Ne savait-il encore pas qu’il ne souhaitait que l’aider ? Mais certes, cela n’allait pas se faire du jour au lendemain. Remus avait réussi à capturer une certaine confiance de la part de son élève, ce n’était donc pas le moment de la perdre par une simple phrase qu’il aurait maladroitement prononcé sans réfléchir. Il avait conscience des secondes qui s’écoulaient depuis que le Poufsouffle avait parlé, ce qui allait accroitre l’intrigue et l’incompréhension chez le jeune homme s’il ne répondait pas à sa question.

    « Pourquoi poser une question dont vous connaissez déjà la réponse ? Qu’est-ce-que vous cherchez, Prof ? »
    « Es-tu bien certain que se soit moi qui cherche quelque chose auprès de quelqu’un ? A mon âge, je ne cherche plus rien tu sais… » Sa voix dénudée de joie, d’enthousiasme et d’entrain comme lors du début de leur rencontre, collait parfaitement à cette mince lassée et fatiguée qu’il abordait dorénavant. Ses traits du visage le vieillissait, le rendait d’autant plus laid et repoussant ; mais qu’importe…Remus était à la fois déçu d’être retourné à la case départ avec Evander et également las de ne pas parvenir à aider ce jeune homme si attachant et fascinant qu’il avait devant lui. « Mais peut-être que je devrai m’en aller et te laisser travailler en paix, au lieu de t’insupporter ma présence… » Il s’était levé, se mettant devant l’élève encore assis. Il sous-entendait bien évidemment, qu’il partait si Evander ne faisait aucun signe pour le retenir afin qu’il parle enfin au lieu de se refermer telle une huître. Remus lui laissait donc une décision à prendre. Soit il le laissait partir, mettant fin à leur discussion qui n’avait que pour unique but d’aider le jeune ténébreux, soit il lui faisait un quelconque signe pour lui demander de rester, tout en sachant que Remus n’aurait qu’un sujet de discussion à aborder en tête. A lui de voir. Le professeur attendait donc patiemment, ne bougeant pas d’une semelle…
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Mer 11 Fév - 20:03

Attention, on verse dans le mélo. XD *file se cacher*


    « Le plus compliqué a été pour les professeurs McGonagall et Dumbledore. Ceux qui autrefois me réprimandaient avec mes amis suite à nos frasques et qui aujourd'hui déjeunent à mes côtés. »
    « J'imagine, oui. » Moue amusée qui était venue jouer sur ses lèvres. Puis un murmure, pensif. « Appeler le professeur Dumbledore par son prénom, ça doit être un peu pareil que d'appeler Merlin pour l'inviter à aller boire une vodka Inferi au Chaudron Baveur... Surréaliste. »

    Lupin lui parla ensuite plus en détails de la potion Tue-Loup. Être maître de Potions. Si tous les loups-garous étaient des as en potions, naturellement, ça règlerait le problème… Un vague sourire passa sur ses lèvres en imaginant Rogue en lycanthrope. Ça expliquerait son humeur de chien ces derniers temps ! Il ne se risqua pas à faire la remarque à Lupin et continua de l’écouter avec attention, écarquillant les yeux lorsqu’il lui expliqua les problèmes qui avaient été engendrés par l’existence de cette potion. Une grimace passa fugacement sur ses traits, et il secoua la tête. « Les gens essaient de faire de l’argent avec tout et n’importe quoi. C’est terrible qu’ils se servent de ça et mettent des vies en danger pour essayer de s’enrichir. » Colère contenue qui grondait dans sa voix. Naturellement, il était intrigué par la quantité de connaissances que possédait Lupin à ce sujet, mais il n’osa pas lui demander s’il connaissait quelqu’un qui était dans cette situation. Parce qu’invariablement, il lui aurait renvoyé la question en lui demandant si lui aussi n’avait pas un loup-garou parmi ses proches…

    « Si cela te dérange trop, je veillerai à surveiller mon langage dans ce cas… » Avec un léger sourire, il secoua doucement la tête et haussa les épaules. Sa réaction avait été exagérée et il n’aurait jamais dû dire ça. Il n’allait pas demander à tous les gens avec qui il parlait de ne pas prononcer le mot créature en sa présence, sous prétexte que ça heurtait sa sensibilité. C’était ridicule. « C’est moi qui suis excessif… » lâcha-t-il dans un murmure, sans quitter le professeur des yeux. Il eut alors tout le loisir d’observer la réaction du professeur face à sa soudaine répartie. Il eut l’air surpris, et à vrai dire, Evan n’avait pas vraiment prémédité ses paroles. C’était ça le problème, il avait tendance à être un peu trop impulsif ces derniers temps, et à trop laisser ses humeurs transparaître. Ça le dérangeait profondément, et il aurait aimé avoir la certitude que son masque à lui ne se fissurait pas. Sauf qu’avec Lupin… c’était difficile. Il avait l’air tellement bienveillant.

    Visiblement piqué au vif par sa remarque, Lupin se leva avec l’intention de partir. Sans réfléchir, Evan tendit une main vers lui, comme pour attraper un pan de sa robe de sorcier et l’arrêter, mais réalisant ce qu’il allait faire, s’arrêta aussitôt. Il replia ses doigts et son poing fermer vint se poser sur sa cuisse. Nerveux. Il était nerveux. Il fallait vraiment qu’il se reprenne ! Ça frisait le ridicule, et il se détestait de ne plus être aussi maître de lui. A croire que le professeur parvenait finalement à lui faire abaisser ses défenses, et ce malgré les sursauts de lucidité dont il faisait parfois preuve, comme quelques secondes plus tôt lorsqu’il s’était de nouveau fermé.

    « Non, c'est pas ce que je voulais dire... Désolé. » Un soupir. Il baissa un instant les yeux, puis les releva pour les poser sur le visage à présent fatigué de Lupin. Il sentit une vague de culpabilité le submerger. Lupin ne faisait que lui tendre la main et par crainte, il s'évertuait à le repousser. « Ce que j'aimerais savoir, c'est... pourquoi vous vous intéressez à moi comme ça ? Pourquoi vous faites preuve d'autant de sympathie ? Vous me connaissez presque pas... Si c'était un de vos collègues dont je suivais les cours depuis 7 ans, je comprendrais. Mais vous... pourquoi vous vous embêtez avec ça ? Pourquoi vous vous embêtez avec… moi ? Vous savez pas dans quoi vous vous engagez... Sinon vous n'insisteriez pas comme ça.»

    A mesure qu'il parlait, il se rendait compte que tout ceci n'était qu'un prétexte. Il ne faisait que cela, se trouver des prétextes pour ne pas avoir s'ouvrir à Lupin, alors qu'il savait qu'il le pouvait. Il avait déjà confiance en lui, alors ce n'était pas une question de le côtoyer depuis 7 ans ou non, c'était juste qu'il n'était pas habitué à s'ouvrir aux autres, et qu'il essayait de se justifier en prétendant que c'était le comportement du professeur qui clochait. Il était stupide. D’autant plus que s’il y avait bien quelqu’un dont il voulait accepter l’aide, c’était l’homme qui se tenait devant lui. Un adulte, avec son lot d’expériences passées, de sagesse, de souvenirs. Quelqu’un qui saurait trouver les mots justes, et pas simplement quelqu’un qui se contenterait de le fixer avec gêne une foi qu’il aurait ouvert son cœur.

    Il lâcha un léger soupir, puis passa une main dans ses mèches sombres. Ses doigts s’y crispèrent un instant, signe qu’il était perdu. Complètement. Son regard fixait la couverture du livre posé devant lui sans vraiment la voir et, prenant une profonde inspiration, il se décida enfin et repoussa l’ouvrage pour l’éloigner de lui. A voix basse, comme si le fait de le chuchoter avait pu en atténuer la vivacité, mais pourtant certain que Lupin l’entendrait, il articula doucement : « Je sais pas quoi faire. » Faiblesse avouée à demi-mots. Ce fut sur le même ton qu’il continua, sans oser relever les yeux vers le professeur qui se tenait toujours debout, prêt à partir : « Comment on fait pour redonner confiance à un loup-garou qui reste désespérément injoignable depuis trois mois ? Pour lui faire comprendre que je ne lui en veux pas, et que je n’ai pas peur de lui. » Sur la fin, sa voix s’étrangla un peu, et il toussota pour essayer de le dissimuler. Il n’en avait pas conscience, mais sa question aurait très bien pu s’appliquer aussi pour l’homme qui se tenait en face de lui. « Ou pour ne plus faire de cauchemars. Comment on fait, professeur ? » Lorsque son regard revint enfin s’ancrer dans celui de Remus, ce n’était plus ce regard rieur et assuré qu’il avait pu afficher un peu plus tôt, et il n’y brillait plus cette malice qu’il s’efforçait pourtant toujours de conserver. Ce n’était plus le regard d’un jeune homme de 17 ans qui allait achever ses études à Poudlard, et qui avait encore de longues et belles années devant lui.

    C’était un enfant, un adolescent terrorisé par ses cauchemars, incapable de trouver la conduite à adopter et désespéré de ne pas réussir à joindre son meilleur ami depuis des semaines. Désolé de ne pas savoir s'ouvrir de manière claire & intelligible. Seul dans une pièce noire, recroquevillé dans un coin et essayant de s’y fondre pour disparaître. Un enfant qui avait besoin d’aide, et qui avait enfin réussi à tendre timidement les doigts vers la main qu’on lui offrait. Il espérait juste ne pas avoir à tomber de trop haut.

    « Je sais qu'il n'y a pas de solution miracle. J'aimerais juste que ça s'arrête. Réussir à reprendre une vie normale... Prétendre que tout est normal.»
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Dim 15 Fév - 22:08

    « Les gens essaient de faire de l’argent avec tout et n’importe quoi. C’est terrible qu’ils se servent de ça et mettent des vies en danger pour essayer de s’enrichir. »

    Une fois encore, le jeune professeur eut l’occasion de noter cette soudaine colère dissimulée soigneusement dans la voix de l’élève assit en face de lui. Il avait conscience que ce sujet auquel ils ne cessaient de débattre était quelque peu sensible pour le Poufsouffle. On lui avait dit. On lui avait tout raconté. Et ce simple « on » n’était qu’entre autre Minerva McGonagall ainsi que le Directeur de Poudlard. Peut-être avaient-ils pris la peine de lui expliquer ce qu’avait vécu ce jeune homme pour l’unique raison qu’il était lui-même loup-garou et que par conséquent ; il serait le mieux placé pour l’aider. Remus n’en savait rien, mais il était certain de pouvoir l’aider ; ou du moins il s’y essayait depuis le premier jour où il avait eu l’occasion de lui parler en aparté. L’ancien Gryffon observait alors toujours cet élève pour lequel il vouait une attention des plus particulières. Avec aucune autre personne de sa tranche, hormis le jeune Harry qui était tout de même le fils de son meilleur ami défunt, Remus ne partageait cette étrange relation. Il avait pleinement conscience que ce lien qui les liait pouvait en quelque sorte, effrayer le joueur de Quidditch. Après tout, pourquoi un nouveau membre du corps professoral pouvait-il bien porter autant d’attention à un élève qu’il n’avait jamais connu auparavant ? Certes, cela pouvait paraitre intrigant aux yeux du grand ténébreux.

    La conversation reprit lentement, évoquant notamment l’aspect politique des créatures, la façon dont les sorciers dits « normaux » les considéraient. Et suite à la répétition du terme « créature » qui devait être une once agaçante pour Evander, Remus lui accorda un fin sourire en lui assurant qu’il éviterait de provoquer ce mot si celui-ci avait trop d’impacte sur lui. Après reconsidération sans doute, l’élève avoua qu’il réagissait parfois quelque peu trop excessivement. Et sur ce point, le loup-garou ne put que sourire, un tantinet amusé. Bien que l’ambiance fût tendue, Remus dut avouer qu’il appréciait la présence que lui offrait le Jaune & Noir. Seulement, ce plaisir si anodin se transforma du tout au tout lorsque le joueur de Quidditch se mit à poser une question qui interloqua le professeur. Remus, las et légèrement agacé, s’était levé et avait collé un ultimatum devant les yeux de ce Poufsouffle qui commençait à se faire énervant à toujours refuser stupidement l’aide si opportune qui lui accordait le loup-garou. Et apparemment, cela le fit enfin réagir. Remus perçut l’une des mains d’Evander se lever fébrilement en sa direction, comme s’il tentait d’attraper un pan de sa robe de sorcier pour le retenir de s’en aller et rester à ses côtés. Mais cette main frêle se stoppa au milieu de son geste, reprenant place sur son genou d’une manière des plus nerveuses qui soit. « Non, c'est pas ce que je voulais dire... Désolé. »

    Remus tourna légèrement les talons, pour avoir une nouvelle fois en face de lui ce visage si jeune et pourtant marqué par des traits de fatigue. Il attendit patiemment qu’il ne daigne à lever ses deux prunelles noires afin qu’il ne s’explique convenablement.

    « Ce que j'aimerais savoir, c'est... pourquoi vous vous intéressez à moi comme ça ? Pourquoi vous faites preuve d'autant de sympathie ? Vous ne me connaissez presque pas... Si c'était un de vos collègues dont je suivais les cours depuis 7 ans, je comprendrais. Mais vous... pourquoi vous vous embêtez avec ça ? Pourquoi vous vous embêtez avec… moi ? Vous ne savez pas dans quoi vous vous engagez... Sinon vous n'insisteriez pas comme ça.» Merlin, il tournait une nouvelle fois autour du pot. Remus souffla de déception. « C’est vrai, je te l’accorde tu me connais que depuis le début de l’année. » Remus croisa alors ses bras contre son torse, en conservant son regard dans celui d’Evander. « Mais contrairement à ce que tu penses, je crois aisément dans quoi je m’engage… » Evidement qu’il le savait ! Il savait d’ailleurs tout dans les moindres détails, mais ça il n’allait en aucun cas le laisser paraître au jeune homme. Remus voulait qu’il parle de lui-même, n’allant tout de même pas lui sortir les vers du nez de force. Cela ne l’aiderait alors en aucun cas. Il l’observa longuement en gardant son mutisme. Apparemment, Evander paraissait être en pleine réflexion…Ses yeux étaient perdus sur la couverture du livre, ses mains se crispaient dans sa chevelure et son visage était dorénavant fermé comme du marbre.

    « Je sais pas quoi faire. Comment on fait pour redonner confiance à un loup-garou qui reste désespérément injoignable depuis trois mois ? Pour lui faire comprendre que je ne lui en veux pas, et que je n’ai pas peur de lui. Ou pour ne plus faire de cauchemars. Comment on fait, professeur ? » Remus eut une soudaine grimace au coin de ses lèvres en entendant ses paroles si durement prononcées qui pouvaient s’appliquer à lui aussi. Heureusement que le Poufsouffle avait les yeux baissés et qu’il ne pouvait pas voir cette mince déconfite qu’affichait le professeur. Ce dernier finit par se reprendre, s’asseyant en face de lui bien qu’il ne le regardait toujours pas droit dans les yeux.

    « Tu pourrais commencer par me faire confiance et admettre que je ne veux que t’aider Evander. Je ne suis pas là pour te juger sur quoique se soit ; mais seulement pour t’aider… »

    Sa voix si douce et chaleureuse faisait contraste avec celle du garçon. Il avait envie de le prendre dans ses bras et le laisser pleurer contre son épaule lorsqu’il le voyait dans cet état…Sensible comme était l’ancien Gryffondore, il aurait bien voulut lui offrir cette étreinte qu’il devait très certainement rechercher du plus profond de lui-même. Seulement, cela deviendrait incongru de sa part. Un professeur ne pouvant pas avoir cet élan envers un élève…Ou pas ? Remus resta alors assis sur sa chaise, croisant désormais ses doigts sur la table. Il essaya de rester un tantinet serein et saint d’esprit, alors que ce jeune homme était entièrement désemparé et bouleversé. « Je sais qu'il n'y a pas de solution miracle. J'aimerais juste que ça s'arrête. Réussir à reprendre une vie normale... Prétendre que tout est normal.» Enfin. Evander se confiait enfin à Remus. Ce dernier ne pouvait que s’en sentir honoré et satisfait. « Evander…Tu ne pourras jamais oublier cet épisode de ta vie. Tu seras contraint de vivre avec. » Ses paroles n’étaient pas très réconfortantes, certes. Mais il ne voulait pas le bercer d’illusion non plus. « Tu ne peux que le surmonter et l’affronter pour reprendre une vie normale. Et je peux t’aider, tu ne peux pas y arriver tout seul en conservant tous ces souvenirs enfouis dans ton esprit…Ca ne ferait que te renfermer sur toi-même encore un peu plus » C’était tellement vrai, tellement réaliste, que Remus se sentit lui-même touché par ses propres mots. Cela lui rappelait que trop bien le moment de sa vie où il s’était retrouvé confronté à sa lycanthropie. Il tenta alors de rester objectif face à cet adolescent qui ressemblait plus à un enfant en bas âge qui était perdu et apeuré.

    « Le mieux serait que tu apaises enfin ton esprit Evander. Que tu cesses de garder ta peine et ta douleur pour toi. As-tu déjà raconté à quelqu’un ce qui s’était passé ? »

    Sa voix était toujours aussi douce et mélodieuse, bien que légèrement prudente. Il ne voulait pas le brusquer, surtout pas maintenant. Remus sentait qu’il pourrait fondre en larme et enfin se lâcher, tout comme s’énerver et partir en courant. Dans les deux cas, Evander s’était partiellement ouvert à lui en lui révélant sa faiblesse. Le lycanthrope attendit alors patiemment, fixant cet élève qui était toujours en face de lui. Son air bienveillant affiché sur son visage témoigné de l’attention toute particulière qu’il vouait au Poufsouffle. Après tout, qui mieux que lui pouvait comprendre ce qu’il ressentait ? Lui-même loup-garou. L’envie de lui dévoiler cette face cachée de sa personnalité lui brûlait la langue…mais il ne pouvait pas. Il ne voulait pas prendre ce risque.

    « Je ne veux pas te brusquer…je ne veux même pas te forcer… »

    Ces derniers mots prononcés avec d’une voix de velours avaient pour simple but de l’encourager en quelque sorte. Le professeur reprit son silence impérial, alors que ses deux perles bleues étaient posées sur son interlocuteur.
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Mar 17 Fév - 2:24

    Il fut infiniment soulagé de voir que le professeur ne partait pas. C'était assez étrange d'ailleurs, car il n'avait cherché qu'à l'éloigner, mais en réalisant que Lupin pourrait décider de partir et ne pas revenir, une peur presque panique lui avait glacé les entrailles. C'était d'ailleurs pour cela qu'il avait presque attrapé la cape du professeur afin de le retenir... Même si Remus faisait toujours tout son possible pour amener la conversation dans des zones qu'Evander préférait ignorer, sa présence avait quelque chose de rassurant. Il n'avait pas eu l'occasion d'avoir une présence adulte auprès de lui ces derniers temps. Les lettres qu'il échangeait avec ses parents n'étaient absolument pas les lettres types que tout élève de Poudlard envoyait et recevait de ses géniteurs... Peut-être la compagnie de Remus parvenait-elle à combler cela. Le Poufsouffle n'en savait rien, et à vrai dire, il n'avait pas envie de se pencher sur la question. La seule chose qu'il venait de réaliser, et à laquelle il voulait penser, c'était qu'il voulait avoir confiance en cet homme, et qu'il allait tenter le coup. Même si c'était un professeur, et que ce dernier n'aurait peut-être pas dû faire preuve d'autant d'intérêt envers un élève. De toute façon, c'était trop tard... Evan se sentait comme lié à lui, plus qu'il ne l'aurait voulu, et plus qu'il ne l'aurait accepté au début.

    Remus finit par se réinstaller en face de lui, et Evan se détendit quelque peu. Il était toujours un peu sur la défensive, mais cette réserve n'était plus vraiment dirigée contre le professeur de DCFM. Il essayait juste de se maîtriser, lui. Il n'avait absolument pas l'intention de laisser ses nerfs lâcher ce soir, fût-ce devant le professeur Lupin. La voix de ce dernier était... douce. Pleine de promesses que le Poufsouffle aurait aimé pouvoir croire sur le champ. Il avait l'impression que s'il l'écoutait, il se concentrait juste sur le son de sa voix, et sur ces intonations bienveillantes et chaleureuses, ça passerait juste. Que ce simple fait l'apaiserait plus que toutes les potions de sommeil qu'on avait pu lui donner à Sainte Mangouste l'été dernier. « Tu pourrais commencer par me faire confiance et admettre que je ne veux que t'aider, Evander. Je ne suis pas là pour te juger sur quoi que ce soit ; mais seulement pour t'aider. » Le jeune homme acquiesça lentement, relevant enfin les yeux vers Remus et croisant, enfin, son regard. Ça avait quelque chose de rassurant, de lire dans les yeux du professeur quelque chose qui n'était pas de la pitié, ou de la gêne. Evander avait beau scruter ces prunelles noisettes, il n'y lisait qu'une sincérité évidente, et ce fut pour cela qu'il répondit dans un souffle :

    « J'ai confiance en vous, Prof, c'est juste que... Je ne sais pas s'il y a vraiment quelque chose à faire. Je... » Le son de sa voix se fit un peu plus faible, bien que toujours audible pour Remus. D'autant plus que le professeur devait avoir une ouïe plus aiguisée que la normale, bien qu'Evander l'ignorât. « Je passe presque toutes mes nuits à revoir ça, dans ma tête. Sibyl, et Luke qui se retransforme, et mes parents, et... et le sang. Alors quand il fait jour... » Profonde inspiration, un peu erratique, qu'il prit avant de pouvoir continuer, luttant ainsi contre le noeud qui se formait dans sa gorge. « Je fais tout pour ne pas y penser. » Sourire désabusé qui vint jouer sur ses lèvres. Même si Lupin ne pouvait rien y faire... le fait de prononcer ces mots-là à voix haute, en le regardant dans les yeux, était étrangement plus facile que ce qu'il avait pu imaginer. Et malgré le noeud qui lui enserrait la gorge, il n'avait pas l'impression qu'il allait pleurer. Pas encore, du moins, et il aurait préféré être certain de ne pas craquer comme ça. Ça aurait certainement mis le professeur mal à l'aise, malgré tout ce qu'il pouvait lui assurer.

    « Evander... Tu ne pourras jamais oublier cet épisode de ta vie. Tu serais contraint de vivre avec. » Le Jaune & Noir ferma un instant les yeux, puis acquiesça. « Je sais. Mais c'est... » Il eut un rire sans joie, mais sa voix se cassa au milieu et il finit par se racler la gorge. Un peu comme un craquement au niveau de sa poitrine, l'une de ces innombrables barrières qu'il avait mises en place qui venait de se fissurer. Peut-être même de s'effondrer, il n'en savait rien. L'angoisse remontait, tout doucement. Il détestait ça. « Le pire c'est quand je réalise que l'absence de mon frère, j'ai fini par l'accepter, parce que c'est quelque chose que je ne peux plus changer, alors que l'absence de Luke.. j'arrive pas à vivre avec. » Il releva les yeux vers Remus, et réalisa que sa vue était un peu brouillée. Il fronça légèrement les sourcils, comme pour essayer de rendre à sa vue la netteté qu'elle aurait dû avoir, et acheva : « J'ai l'impression de l'avoir trahi... C'est ma faute s'il a été tué et pourtant, ce que j'ai le plus de mal à accepter, c'est que Luke refuse de répondre à mes lettres... » Il passa une main sur son visage, inspirant profondément. Ça allait... Il parvenait encore à se contrôler. A peu près. A contenir sa peine et son angoisse.

    « As-tu déjà raconté à quelqu'un ce qu'il s'était passé ? » A nouveau, il hocha la tête pour acquiescer. « A mes parents, qui ont tellement été choqués qu'ils m'ont clairement fait comprendre que c'était ma faute... Et à un médicomage. D'autres ont essayé, mais c'était juste de la curiosité malsaine. J'ai pas été très facile à vivre depuis la rentrée... » Il baissa la tête, observant ses poings serrés à s'en faire blanchir les jointures. Il ne savait pas quoi dire. Il n'était même pas sûr de réussir à ouvrir la bouche après ça. « Je ne veux pas te brusquer... je ne veux même pas te forcer... » Il le savait. Il savait tout cela, mais c'était une chose de l'évoquer à demi-mots, c'en était une autre de devoir faire des phrases qui avaient un sens pour retracer cet événement pénible.

    « On voulait pas le laisser seul. » Il avait soufflé cela comme on aurait lâché un aveu dans l'obscurité de la nuit, avec l'espoir que quelqu'un entendrait sans juger. Que quelqu'un entendrait, et pardonnerait. « Il avait énormément de mal à l'accepter, alors on voulait pas le laisser tout seul, et qu'il se réveille en forêt complètement perdu. » Il se força à relever les yeux vers Remus, comme pour puiser un peu de courage dans les yeux de l'ancien Gryffondor. Il posa ses mains sur la table, doigts croisés. Il serrait un peu trop fort, mais ne s'en rendait pas vraiment compte. Ça lui permettait de canaliser tous les sentiments qui lui déchiraient le coeur. « C'était stupide... Pourtant, on n'a pas eu de problèmes de la nuit. On avait bien protégé la cabane avec des sorts, le loup ne pouvait pas s'en prendre à nous... Il s'est même pas approché, en fait. Mais le matin, Sibyl a cru que le jour était suffisamment levé et il est sorti pendant que je dormais... » A nouveau, une de ses mains vint s'enfouir dans ses cheveux. Il avait du mal à respirer normalement. Ses yeux le brûlaient, sa poitrine aussi. Il ne voulait pas... pleurer. Pas alors qu'il n'était pas sûr de pouvoir s'arrêter après. « J'aurais dû le protéger... C'était mon petit frère et j'ai pas été capable de veiller sur lui.. » La culpabilité était évidente dans sa voix éraillée. Il sentait les larmes affleurer au bord de ses prunelles cobalt. Dans un raclement de chaise, le Poufsouffle se leva et s'éloigna de quelques pas, tournant le dos au Professeur, et passa une main sur son visage.

    « Désolé, » murmura-t-il à l'adresse de Lupin. Il ne savait même pas de quoi il s'excusait. De l'embêter avec ça, ou de ne pas être assez fort pour pouvoir évoquer tout ça sans pleurer comme un gosse. Il lutta contre les larmes pendant de longues secondes et, quand il fut certain que celles-ci ne couleraient pas, osa faire de nouveau face à Lupin.
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Sam 21 Fév - 21:17

    « Tu pourrais commencer par me faire confiance et admettre que je ne veux que t'aider, Evander. Je ne suis pas là pour te juger sur quoi que ce soit ; mais seulement pour t'aider. »

    Il avait pleinement conscience que les minutes qui allaient suivre allaient être très éprouvantes pour le jeune élève. Mais il fallait passer par cet épisode pour qu’ensuite, il se sente mieux. Ou du moins pour qu’il y travaille. Remus préféra alors le laisser parler, ne voulant pas l’interrompre alors qu’il commençait lentement à parler à cœur ouvert. Cela pourrait le perturber un temps soit peu et il serait alors susceptible de remettre sa carapace à tout moment, avant de s’enfuir sans ménagement pour quitter cette drôle d’ambiance qui régnait autour d’eux. Remus remercia alors subitement les dieux pour cette absence de personne autour d’eux dans l’endroit qu’ils occupaient. L’ancien Gryffondore reposa ses yeux bleus sur l’élève, lorsqu’il l’entendit rétorquer à sa précédente remarque. Le loup-garou écouta avec tristesse les mots si durement prononcés de la part du Poufsouffle. L’état dans lequel il était fendait presque le cœur du professeur, sûrement trop sensible et investit avec l’histoire d’Evander. Il ne bougea pas, se contentant de le laisser parler pour qu’il soulage tout ce qui était jusque là refoulé dans un coin de son esprit. Remus apprit alors deux prénoms : Sibyl et Luke. Il en déduit rapidement qu’il s’agissait de son frère et de son meilleur ami. Le loup ne fit pourtant pas une seule remarque, conservant son air bienveillant et chaleureux sur son visage. Mais devant ce silence qui s’installa, le professeur se permit une remarque en précisant qu’il ne pourrait jamais oublier cet épisode de sa vie et qu’il serait contraint de vivre avec. Mais cela n’exclus pas le fait qu’il pouvait aussi accepter les faits et comprendre qu’il n’y était pour rien. Ce qui promettait d’être difficile à lui faire rentrer dans le crâne.

    « Je sais. Mais c'est... » Un drôle de rire sortit ensuite de sa bouche. Remus mit cela sur le compte de la nervosité, alors qu’il le regardait toujours en attendant qu’il ne continue son récit. Ils étaient pour le moment bien partis, l’ancien Gryffondore espéra qu’ils continueraient ainsi. « Le pire c'est quand je réalise que l'absence de mon frère, j'ai fini par l'accepter, parce que c'est quelque chose que je ne peux plus changer, alors que l'absence de Luke… j'arrive pas à vivre avec. J'ai l'impression de l'avoir trahi... C'est ma faute s'il a été tué et pourtant, ce que j'ai le plus de mal à accepter, c'est que Luke refuse de répondre à mes lettres... »

    Il ne connaissait pas tous les détails sur la mort de son petit frère. Remus préféra alors ne pas se risquer à faire des commentaires sur ce point-ci, ne voulant pas froisser le jeune Jaune & Noir si jamais il se trompait sur certaines choses. Le professeur se concentra sur la deuxième partie de sa réplique ; celle concernant son meilleur ami. Il avait la nette impression de se revoir à travers cet adolescent qui avait sans doute mordu le frère d’Evander alors qu’il ne pouvait se contrôler sous sa forme de lycan. Mais là, il pouvait l’avouer au Poufsouffle.

    « Cela a dut être d’autant plus troublant et bouleversant pour lui Evander…Imagine comme il doit être profondément attristé suite à ce qu’il a fait sans pouvoir se contrôler. » Il marqua une pause en se passant subitement l’une de ses mains dans les cheveux d’une façon nerveuse qui le surprit lui-même « Peut-être que tu devrais le voir pour lui parler de vive voix. Des lettres ne suffisent pas dans certains cas… »

    Il ne le défendait pas, tentait juste de démontrer à Evander que l’attitude de son meilleur ami pouvait s’expliquer par ce qu’il avait vécu. Il reposa alors son attention sur le Poufsouffle, alors qu’il répondait enfin à la question qu’il s’était permis de poser en lui demandant si avant lui, d’autres personnes avaient écouté son histoire.

    « A mes parents, qui ont tellement été choqués qu'ils m'ont clairement fait comprendre que c'était ma faute... Et à un Médicomage. D'autres ont essayé, mais c'était juste de la curiosité malsaine. J'ai pas été très facile à vivre depuis la rentrée... »
    « Ton comportement en début d’année peu être compréhensible… » Il tenta un léger sourire pour l’encourager, alors qu’il voyait que le jeune homme devait sans doute avoir de plus en plus de mal à parler, pendant que le sujet se préciser à chaque parole qu’il prononçait.
    « On voulait pas le laisser seul. Il avait énormément de mal à l'accepter, alors on voulait pas le laisser tout seul, et qu'il se réveille en forêt complètement perdu. » Son regard resta le même, toujours aussi bienveillant et encourageant alors qu’Evander leva ses prunelles vers les siennes. « C'était stupide... Pourtant, on n'a pas eu de problèmes de la nuit. On avait bien protégé la cabane avec des sorts, le loup ne pouvait pas s'en prendre à nous... Il s'est même pas approché, en fait. Mais le matin, Sibyl a cru que le jour était suffisamment levé et il est sorti pendant que je dormais... J'aurais dû le protéger... C'était mon petit frère et j'ai pas été capable de veiller sur lui… »

    Remus n’eut pas le temps de faire une quelconque remarque qu’il ne s’était déjà lever pour lui tourner le dos. Le loup-garou le regarda un instant, alors qu’il était debout là juste devant lui un peu plus loin. Il devina aisément que c’était pour cacher ses larmes qui perlaient au bord de ses yeux si ténébreux. Il ne put que le comprendre ce qu’il ressentait, que sentir son cœur se serrer devant ce qu’il venait de lui avouer, que vouloir l’aider davantage suite à ces révélation. Evander se sentait tellement coupable de la mort de son frère que le loup-garou faillit se lever et venir l’épauler face à la tristesse et la culpabilité qui le submergeait. Mais il se contenta de garder ses fesses posées sur sa chaise, son regard encré sur la silhouette du jeune homme et les mains serrées sur ses genoux pour s’empêcher de commettre quelque chose qui pourrait davantage rendre la situation ambigüe. Déjà que le Poufsouffle avait mis un certain temps à accepter cette aide si gentiment offerte de la part d’un inconnu. Il n’allait pas non plus se risquer à le prendre dans ses bras, à poser une main sur son épaule, cela pourrait être quelque peu gênant.

    « Désolé »
    « Désolé d’être humain et d’avoir des réactions tout à fait plausibles ? Allons Evander, tu n’as pas à t’excuser… » Sa voix se fit plus douce alors que le jeune homme fit volte-face tout en restant debout. « Tu es un frère merveilleux et j’aurai moi-même voulut que le mien te ressemble si j’avais eu la chance d’en avoir. Mais tu ne pouvais en aucun cas prévoir son comportement et ce qu’il allait faire »

    Remus le regardait toujours droit dans les yeux, essayant de faire comprendre à ce jeune homme qu’il n’y été pour rien.

    « Tu as rempli ton devoir de grand frère en mettant en place plusieurs sortilèges sur votre tente, mais tu ne pouvais pas non plus veiller toute la nuit pour garder un œil sur ton petit frère…Ce qui est arrivé n’est en aucun cas ta faute, tu l’as protégé jusqu’au bout »

    Il aurait tellement voulu qu’il accepte ce qu’il lui disait en ce moment, qu’il comprenne que cette tragédie n’était en aucun cas le résultat de ses erreurs ; mais il s’attendait bien évidemment à ce qu’il réfute ces paroles. Ce qui étonnait le plus Remus, c’était le comportement anormal de ses parents. Ces personnes lui avaient mis dans la tête qu’il était l’unique responsable à cette soirée noire, alors que ce n’était nullement le cas ! Comment un adolescent de dix-sept ans pouvait-il bien sauver une quelconque personne face à un loup-garou ? Même de grands sorciers ne préfèreraient pas se glisser entre le chemin des lycans. Remus le savait que trop bien. Ses mains vinrent alors se croiser sur la table, pendant qu’il les tripotait sans s’en rendre compte, ses pensées étant trop plongées dans son vécu. Son attention revint néanmoins sur le jeune homme, lorsque ses deux perles bleues osèrent s’encrer dans celle du Poufsouffle. « Tu ne pouvais rien faire…tu n’y ais pour rien » Ce murmure prononcé dans un souffle presqu’inaudible lui rappela plusieurs épisodes de sa propre vie, à ses débuts de lycanthrope.
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Mar 3 Mar - 0:07

    « Cela a dû être d’autant plus troublant et bouleversant pour lui Evander… Imagine comme il doit être profondément attristé suite à ce qu’il a fait sans pouvoir se contrôler. » Evander observa son professeur se passer une main dans les cheveux, et fut étonné de voir que ce geste-là paraissait trahir la même nervosité que lui. Il avait le même réflexe lorsque quelque chose le contrariait, mais peut-être n’était-ce que le fruit de son imagination. « Peut-être que tu devrais le voir pour lui parler de vive voix. Des lettres ne suffisent pas dans certains cas… » Le Poufsouffle secoua la tête, poussant un léger soupir peiné. Il savait cela. Il n’imaginait que trop bien à quel point Luke pouvait être bouleversé, il l’avait clairement lu sur ses traits lors de cette effroyable aube teintée de sang. Et il aurait donné tout ce qu’il possédait pour savoir où il se trouvait, et comment il allait. Il n’en pouvait plus d’écrire sans jamais avoir de réponse. Quand il répondit au professeur, il avait l’air fatigué. Et il l’était, terriblement. Ecrire des rouleaux entiers sans jamais obtenir une réponse, avec pourtant la certitude qu’il le lisait, car le cachet dont il fermait ses lèvres était toujours craquelé lorsqu’il les récupérait, des jours plus tard. Il le lisait, mais ne lui répondait jamais. Son silence était pire que tout, fissurant à chaque retour à l’expéditeur ses défenses si péniblement érigées. Et il ne le supportait plus.

    « Je demande que ça, pouvoir lui parler de vive voix… Mais je ne sais pas où il est. » La peur perçait légèrement dans sa voix basse. Combien de fois avait-il craint que Luke ne commette l’irréparable ? « Je crois que le Professeur Dumbledore le sait, parce qu’il a essayé de le convaincre de revenir à Poudlard, mais Luke a refusé… Et il lui a demandé de ne pas me dire où il se trouve. » Il parlait sans réussir à détacher son regard de celui du professeur de DFCM. Ses prunelles bleues avaient quelque chose de rassurant, qui lui donnait la force de parler. Il savait que Remus l’écoutait, sans le juger, et sans non plus chercher à le rassurer par des mots prononcés et entendus des milliers de fois. Quelque part, il avait l’impression qu’il le comprenait bien plus qu’il ne le laissait paraître. Doucement, il continua : « J’aimerais lui faire comprendre que je veux l’aider et que je ne lui en veux pas. Je sais que c’était pas sa faute, et je sais aussi qu’on pourra jamais en guérir tous les deux si on… si on ne se revoit pas. Ça m’angoisse de pas savoir où il est, ni ce qu’il pense, parce que je sais pas ce qu’il pourrait faire… »

    L’été dernier, le Professeur Dumbledore s’était rendu chez Evan pour les soutenir dans cette épreuve. Tous deux avaient discuté un peu, et naturellement, le Poufsouffle avait demandé au Directeur s’il savait où se trouvait son ami. Derrière ses lunettes en demi-lunes, le regard azur du professeur s’était fait désolé, et il avait simplement répondu que Luke ne souhaitait pas retourner à Poudlard. Evan n’avait même pas eu le courage de lui demander où il se trouvait, car au ton qu’avait employé Dumbledore, il savait que ce dernier ne le lui aurait pas dit. Il en avait éprouvé une certaine rancœur envers l’ancien professeur de Métamorphose, mais au fond, il savait qu’il ne pouvait pas lui en tenir rigueur. Il ne faisait qu’accepter la volonté de Luke, et si les rôles avaient été inversés, il savait parfaitement qu’il aurait apprécié également la discrétion du sorcier. C’était juste… difficile d’accepter et d’admettre que quelqu’un dans Poudlard savait où se trouvait Luke et ne pouvait pas le lui dire.

    « Ton comportement en début d’année peut être compréhensible… » D’un sourire, il remercia le professeur autant qu’il s’excusa, car il s’était montré particulièrement borné avec lui. Surtout avec lui, car il avait été le seul à insister réellement. Il se lança ensuite dans son récit, avec l’espoir infime que le fait de mettre des mots là-dessus, et de savoir qu’on l’écoutait avec attention, l’aiderait à s’en détacher. Il se demanda un instant comment un regard pouvait être aussi bienveillant, et sans parvenir à l’apaiser totalement, les prunelles du professeurs le dissipaient légèrement ce froid qui le glaçait de l’intérieur. Il n’aimait généralement pas regarder ses interlocuteurs droit dans les yeux, mais avec Lupin, le problème semblait ne pas se poser. C’était bizarre, cette manière qu’il avait de l’observer, comme si chaque mot que le Poufsouffle avait prononcé trouvait un écho en lui. Evan ne se doutait pas à quel point, mais Lupin n’eut pas besoin de poser une main sur son épaule, ou de lui transmettre de sa force, car ses yeux faisaient déjà tout ça. « Désolé. » C’était récurrent chez lui. S’excuser, même quand il n’était pas vraiment en tort, dès qu’il était gêné et qu’il se sentait perdre ses moyens. Dès qu’il avait l’impression de mal faire, ou de déranger. En l’occurrence, alors qu’il luttait contre ces perles brûlantes qui cherchaient à s’échapper de ses yeux clos, il avait l’impression de faire perdre son temps à Lupin. Pourtant, il lui fit de nouveau face, car maintenant qu’il avait commencé, il voulait aller jusqu’au bout. Et les paroles du professeur l’y encouragèrent.

    « Désolé d’être humain et d’avoir des réactions tout à fait plausibles ? Allons Evander, tu n’as pas à t’excuser… » Un léger sourire passa sur ses lèvres closes alors que, lentement, il venait reprendre place en face de Lupin. « Tu es un frère merveilleux. » Ces paroles lui retournèrent le cœur, plus encore qu’il ne le laissa paraître. Il aurait tellement voulu y croire. Mais il avait agi, et agissait toujours, stupidement. Il avait consenti à aller dans la forêt, il s’était endormi en relâchant sa vigilance. Il se refermait comme une huître et se torturait lui-même sans laisser quiconque l’approcher. Et ce comportement stupide en blessait d’autres. Il n’avait rien de… merveilleux. « Tu as rempli ton devoir de grand frère en mettant en place plusieurs sortilèges sur votre tente, mais tu ne pouvais pas non plus veiller toute la nuit pour garder un œil sur ton petit frère…Ce qui est arrivé n’est en aucun cas ta faute, tu l’as protégé jusqu’au bout. »

    « Mais c’était encore moins la leur. » Protestation puérile, mais vraie à son sens. Il ne pouvait en aucun cas blâmer Luke, qui ne contrôlait en rien ses actes. Et il ne pouvait ni ne voulait blâmer son cadet, pour la simple raison qu’il ne pouvait pas admettre que c’était Sibyl qui avait fait preuve d’imprudence en sortant trop tôt. Il ne pouvait simplement pas. Alors il rejetait la faute sur lui-même, parce qu’il avait beau s’en prendre aux cieux et au destin, et à tous les mages qui avaient existé, aucun ne lui répondait. « Tu ne pouvais rien faire… Tu n’y es pour rien. » Faiblement, il acquiesça. Peut-être que s’il entendait Lupin le répéter, ça finirait par rentrer, et il y croirait. Peut-être. Ses mains revinrent se croiser sur la table, juste en face de celles du professeur, visiblement soumises aux mêmes gestes de nervosité. Pensivement, comme dans un état second, il observa leurs mains à tous deux, détaillant les différences et les similitudes. La peau de l’ancien Gryffondor était barrée de fines cicatrices dont certaines semblaient très anciennes, et d’autres au contraire plutôt récentes. Ses mains à lui comportaient quelques cals dus aux entrainements intensifs de Quidditch qui avaient repris, mais dans l’ensemble, il avait l’impression d’observer ses mains dans un miroir. L’expérience était assez étrange, mais alors qu’il se livrait à ces digressions intérieures, son esprit s’apaisa. L’angoisse qui lui enserrait la poitrine s’estompa peu à peu, les larmes contre lesquelles il avait lutté refluèrent d’elles-mêmes. La tempête qui faisait rage dans son esprit se calma, enfin.

    Dans un chuchotement presque inaudible, il dit : « Je ne peux rien y changer, de toute manière. » Il cligna des yeux, comme semblant se sortir de cette torpeur momentanée, et reporta son regard sur Remus. « Que je me dise que c’est de ma faute ou non, de toute manière, ça ne ramènera pas mon frère. Mais… » Il inspira, profondément, soulagé de voir que sa respiration aussi avait repris un rythme normal et s’était apaisée. « Mais il y a des choses que je peux encore changer. Des choses que je peux encore sauver. Mon amitié avec Luke en fait partie… » Il ne savait pas réellement pourquoi il disait cela. Ça sonnait un peu décalé, hors de leur conversation. Une constatation, simple, même enfantine. Mais le dire avait quelque chose de rassurant. Un pas de plus vers l’acceptation, peut-être. « Et je ne supporte pas de ne pas savoir quoi faire. »

    Un silence passa, pendant lequel il continua d’observer le professeur Lupin. Puis, penchant légèrement la tête sur le côté, il demanda : « Je peux vous poser une question ? » Grimace légère qui passa sur ses traits. « Si c’est trop indiscret, j’espère que vous m’excuserez, mais… vous avez l’air… impliqué. Je veux dire, vous ne réagissez pas comme quelqu’un qui se contenterait d’écouter et qui essaierait de se mettre à la place des autres. »


Dernière édition par Evander M. Connor le Ven 3 Juil - 19:51, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Dim 5 Avr - 12:13

    Long silence. Très angoissant et pesant à vrai dire. Comment pouvait-il en être autrement de toute manière ? Remus ne cessait de lancer de furtifs coups d’œil en direction du jeune homme, alors que ce dernier paraissait plongé dans une torpeur indéfinie. Bien qu’il tente de l’aider depuis un long moment, le Lion avait le sentiment de n’être qu’inutile. De ne servir à rien, face à ce que lui confiait petit à petit le Blaireau. Chose totalement insupportable aux yeux du professeur. Lui, qui en règle générale, ne pouvait laisser une personne souffrir dans son coin sans ressentir l’immense besoin d’apaiser sa douleur. Mais là, la chose fut des plus complexes. Evander n’avait pas vécu la même chose que ses petits camarades, étant donné qu’il avait perdu un jeune frère ainsi qu’un meilleur ami durant l’été dernier. Ce qui explique entièrement son caractère apparemment hostile depuis la rentrée de septembre. Bien qu’il ne le connaisse pas réellement, Remus s’obstinait maintenant depuis plusieurs mois à gagner la confiance du brun ténébreux. « Vous pourriez l’aider Remus, vous seul pouvez comprendre ce qu’il a vécu parmi nous… » Voilà ce que lui avait sermonné le Directeur, alors qu’il lui avait expliqué l’histoire entière.

    Un souffle las s’échappa de ses lèvres, alors que son regard ne quitta pas le visage du jeune homme qui paraissait toujours plongé dans ses réflexions les plus intimes. Le Lion voulut alors écraser ce silence trop pesant, en poursuivant la conversation, mais il n’en eut pas le temps. Evander parut sortir de ses rêveries, alors que ses yeux se ravivèrent de cette légère lueur très faible « Je ne peux rien y changer, de toute manière. » Serait-ce un début ? Ou une pauvre affirmation pathétique emplie de nostalgie et de culpabilité. Il ne saurait le dire, le timbre de sa voix étant peu explicite lors de la prononciation de cette courte phrase. Cependant, pour suivre l’élève et lui montrer qu’il n’était pas seul assis à cette table ; Remus affirma ses dires en hochant lentement de la tête d’une manière positive. Evidemment qu’il ne pouvait rien y changer. A moins de posséder un Retourneur de Temps, chose qu’il ne voulait même pas mentionner au jeune homme.

    « Que je me dise que c’est de ma faute ou non, de toute manière, ça ne ramènera pas mon frère. Mais…Mais il y a des choses que je peux encore changer. Des choses que je peux encore sauver. Mon amitié avec Luke en fait partie… »
    « Oui, je vois ou tu veux en venir… » Douce voix mélodieuse accompagnée d’un faible sourire qui se logea au coin de ses lèvres « Je suis certain que tu parviendras à retrouver ton ami. Tu le retrouveras, seulement peut-être pas demain »

    Se penchant un tant soit peu en arrière, Remus colla l’intégralité de son dos au dossier de la chaise, afin de croiser ses bras contre son torse. Ses prunelles bleutées revinrent dans leur port d’attache ; à savoir les deux yeux sombres du Poufsouffle. Par la phrase qu’il venait de dire, Remus voulait tout bonnement lui faire comprendre que son ami ne pourrait pas se cacher toute sa vie. Qu’Evander finirait par le retrouver tôt ou tard. Seulement, il ne fallait pas s’attendre à le rencontrer à Pré-au-Lard, les mains dans les poches le lendemain. Non. Le jeune homme devrait sans aucun doute se faire des plus patients s’il souhaitait réellement renouer avec son fervent ami. D’ailleurs, le garçon en question pouvait très bien se trouver dans une contrée à des lieux de Poudlard en ce moment même. Ce qui ne faciliterait pas les choses, effectivement. D’autant plus que le Jaune & Brun ne savait apparemment rien sur la destination qu’avait bien pu prendre le jeune Lycan, ce qui expliquait l’agacement plus que présent en lui. L’ignorance pouvait rendre un homme fou.« Et je ne supporte pas de ne pas savoir quoi faire. » Ce qui confirmait justement la pensée du professeur à cet instant. Evander ne supportait nullement ce nuage brumeux qui devait stagner dans ses esprits depuis plusieurs mois maintenant au sujet de son meilleur ami.

    Gigotant légèrement sur sa chaise, Remus passa nerveusement sa main sur sa joue, sentant sa barbe naissante sous sa paume. Une idée venait de germer dans son esprit. Une idée qui pourrait plaire au garçon et qui pourrait également lui redonner un tant soit peu goût à la vie. Parce que là, Lunard avait la fervente impression d’avoir un légume en face de lui, ramolli par tout ce qu’il avait pu vivre l’été dernier.

    « Peut-être…Peut-être pourrions nous le chercher ensemble » Voilà. L’idée avait franchit la barrière que formaient ses lèvres. C’était désormais indéniable, il ne pourrait pas revenir sur ses paroles. Néanmoins, son idée pouvait paraitre plausible. Evander connaissait son ami depuis fort longtemps et Remus connaissait Albus –puisqu’apparemment ce vieux citronné semblait en savoir beaucoup– depuis fort longtemps. A eux deux, ils pourraient sans doute retrouver la trace du Lycanthrope tant aimé aux yeux sombres du garçon assis en face de lui « Ca te ferait deux fois plus de chance de le retrouver et moi ça me permettrait de revoir ce sourire insoucieux et cette lueur pleine de vie sur ton visage de jeune homme » Il était vrai que la mine d’Evander différait largement de ses condisciples. Aucun autre adolescent de Poudlard ne lui ressemblait. Evidemment. Personne d’autre n’avait vécu les mêmes choses que lui, évidemment…

    Remus lui accorda un sourire plus enthousiaste, plus grand et davantage empli d’espoir. Ses mains revinrent se croiser devant son torse, tandis qu’un autre silence s’installa. Du moins, pour peu de temps.

    « Je peux vous poser une question ? »
    « Il est temps que les rôles s’inversent, je suppose » Demi réponse qu’il lui adressa. Il connaissait parfaitement ce qui allait suivre ce qui, sans doute, le rendit assez méfiant. Remus gigota alors une nouvelle fois sur sa chaise, se sentant de moins en moins à l’aise dans cette discussion qu’il sentait dériver à son sujet. Nerveusement, il sourit en attendant que cette question ne franchisse enfin les lèvres du Poufsouffle.
    « Si c’est trop indiscret, j’espère que vous m’excuserez, mais… vous avez l’air… impliqué. Je veux dire, vous ne réagissez pas comme quelqu’un qui se contenterait d’écouter et qui essaierait de se mettre à la place des autres. » Enfin. Il ne s’était nullement trompé sur le genre de question. Tentant de paraître des plus normaux face à ce questionnement que lui adressait Evander, Remus ne put cependant s’empêcher de passer une nouvelle fois sa main droite sur sa joue, sentant cette barbe de quelques jours qu’il négligeait ; ainsi que les fines traces de son immonde cicatrice.

    « Je… » Merlin. Quelle question tordue ! Il ne pouvait pas lui expliquer l’origine du fort intérêt qu’il lui accordait, ce serait se vendre tout seul. Sentant les secondes s’écouler en même temps qu’une angoisse apparaitre dans le creux de son estomac, le Lion tenta de reprendre mais avec une voix moins assurée cette fois « Je suis professeur de DCFM Evander, j’ai connu d’autres personnes qui étaient elles aussi dans la même situation que toi…Ou du moins sur quelques points » Mensonge, véritable mensonge. La simple évocation de son statut de professeur lui avait parut suffisant pour se justifier. Seulement, maintenant qu’il y réfléchissait, cela n’allait pas assouvir la curiosité du jeune homme. Il fallait déjà qu’il croit à cette broutille d’explication, chose qui n’était pas tâche aisée. Se sentant encore moins à l’aise qu’auparavant, Remus se leva subitement, ne pouvant plus rester assis sans bouger en ayant en face de lui le regard si profond du jeune homme qui lui, s’était confié ouvertement quelques minutes de cela. C’était tout bonnement insupportable de devoir lui mentir. Le Lion détestait mentir. Ce qui devait expliquer la raison pour laquelle il était si piètre dans ce domaine d’ailleurs. Gardant ses mains croisées dans son dos, ne regardant surtout pas les deux prunelles noires onyx du Jaune & Brun ; Remus fixait l’étagère située un peu plus loin devant eux « Je crois que je t’ai assez dérangé pour aujourd’hui…Peut-être que je devrais rejoindre mes appartements maintenant »

    Voilà qu’il devenait troublé et confus. Il ne savait même plus s’il pouvait rejoindre ses quartiers, demandant indirectement son avis au jeune homme. Pitoyable. Comment Evander allait-il croire à ses justifications désormais ? Avec ce comportement qui le trahissait sur plus d’un point. Ne voulant toujours pas croiser son regard, Remus resta un instant stoïque. Il attendait en réalité une réaction de la part du garçon. Bien évidemment, il serait contraint de rester si jamais ce chérubin avait la brillante idée de lui demander et là ; le Lion ne pourrait s’en aller pour éviter d’autres questions trop…compromettantes. Le Rouge & Or pria alors les Dieux, espérant vainement que le Poufsouffle n’ai pas d’autres questions. Chose qui lui paraissait inconcevable « Merlin… » Murmure qui lui échappa, traduisant parfaitement cette situation dans laquelle il se trouvait.
Revenir en haut Aller en bas

InvitéInvité

avatar
MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   Ven 3 Juil - 20:43

Allez, je le boucle enfin xD

    « Je suis certain que tu parviendras à retrouver ton ami. Tu le retrouveras, seulement peut-être pas demain. »

    Il hocha pensivement la tête, demeurant silencieux. C’était ça le pire. Ca n’était pas le fait de rejeter ou non toute la faute sur lui, ou de sentir que ses parents ne pouvaient plus poser les yeux sur lui sans revoir Sibyl ; le plus dur était de rester cloîtré dans cette ignorance et de ne rien pouvoir faire à part attendre que Luke fasse le premier pas vers lui, parce que lui avait essayé sans succès. Avec cette crainte permanente de voir les jours s’égrener en semaines, puis en mois, et de se réveiller un jour en comprenant qu’il ne reviendrait pas, jamais. Il se sentait obligé de faire le trajet jusqu’à Luke tout en sachant que celui-ci avait besoin de temps ; mais qui pouvait dire quel effet le temps aurait réellement sur son meilleur ami ? Et si au contraire, les mois passant l’enfonçaient un peu plus dans la certitude que lui et lui seul était coupable, et qu’il valait mieux pour tout le monde qu’il ne revînt jamais ? C’était un risque, une éventualité qu’Evan refusait purement et simplement. Il fallait qu’il revienne… Il fallait qu’il comprenne qu’il en avait le droit, qu’il pouvait continuer à vivre normalement, tout comme lui-même avait repris une vie normale. Dans tous les sens que l’on pouvait donner à « normal » étant donné les circonstances. Il se trouvait partagé entre le besoin de revoir Luke, et la nécessité de le laisser venir de lui-même, lorsqu’il le jugerait bon. C’était beaucoup trop aléatoire pour quelqu’un comme Evan, dont l’esprit fertile élaborait des milliers de scénarios possibles.

    Il sortit de ses pensées pour observer le professeur, qui passait à ce moment là une main sur son visage. Le Poufsouffle n’avait pas vraiment pris conscience de la barbe naissante sur la mâchoire de son vis-à-vis. Plutôt que de le vieillir, il trouvait que cela rajeunissait Lupin en lui conférant une apparence non pas négligée mais nonchalante, adoucie. Probablement car certaines cicatrices s’en trouvaient dissimulées légèrement. Il sentait que Lupin réfléchissait, et que le sujet de sa réflexion le tracassait. Le geste qu’il venait d’avoir était assez éloquent pour percevoir la nervosité habitant l’enseignant, et cela intrigua le jeune homme. Qu’allait-il donc dire qui le mettait dans cet état ? De toute manière, la barrière entre l’élève et le professeur avait été franchie depuis bien longtemps maintenant, avant même qu’Evander n’admette et n’accepte que Remus voulait lui apporter son aide et son soutien. Il écarquilla les yeux lorsque ce dernier prit enfin la parole.

    « Peut-être… peut-être pourrions-nous le chercher ensemble. » Incompréhension. Incrédulité. Et finalement, espoir. Bêtement, Evander sentit son cœur s’emballer et il se redressa légèrement sur son siège, sans en croire ses oreilles. Il lui proposait de… chercher Luke ? Jamais il ne se serait attendu à cela. Le fait qu’il l’eût écouté et qu’il ait veillé sur lui ces derniers mois était déjà beaucoup, alors… qu’il lui fasse une telle proposition ne faisait qu’ajouter à sa certitude qu’il avait été stupide. Lupin n’avait pas d’arrières pensées, il était simplement bon. Et lui, il l’avait fui pendant des semaines, il l’avait évité, envoyé balader avec délicatesse, sans pouvoir se résoudre à lui faire face. Il offrit un sourire remplit de gratitude au professeur, qui expliqua alors : « Ca te ferait deux fois plus de chance de le retrouver et moi ça me permettrait de revoir ce sourire insoucieux et cette lueur pleine de vie sur ton visage de jeune homme » Le Poufsouffle émit un rire silencieux, se gardant bien de lui répondre qu’il aimerait lui aussi le voir agir un jour de manière totalement naturelle et détendue. Car, il en était certain, le professeur Lupin avait un secret, et s’il acceptait de ne pas le connaître, il n’en demeurait pas moins intrigué. Il en était persuadé, ce sourire et cette attitude bienveillante n’étaient que des façades destinées à dissimuler aux autres ainsi qu’à alléger le poids de ce qu’il gardait pour lui. Sincèrement, il espérait, quel que fut le secret de Lupin, qu’il était tout de même en mesure de le partager avec d’autres. « Merci. » Ce fut la seule chose qu’il trouva à répondre, trop surpris qu’il était pour réussir à faire de l’humour, ou même essayer de le dissuader. « Rien ne vous y oblige, alors… merci. »

    Puis, les rôles semblèrent s’inverser l’espace d’un instant. A nouveau, Lupin eut ce geste nerveux de passer sa main sur sa joue, et Evan détourna les yeux à ce moment, semblant ne pas le voir. Peut-être pour le mettre en confiance, il ne savait pas vraiment. Il avait presque pu le sentir s’enfermer dans une coquille de méfiance et de prudence avant même qu’il eût posé sa question ; quel secret Lupin pouvait-il donc bien garder ? Enfin… peut-être qu’il ne voyait que ce qu’il voulait voir, et qu’il cherchait des problèmes là où il n’y en avait pas. Peut-être que Lupin était quelqu’un de tout à fait normal, dont la vie était aussi calme et dénuée de problèmes que pouvait l’être celle de n’importe qui. Il n’y croyait pas, mais c’était possible, oui. « Je suis professeur de DCFM Evander, j’ai connu d’autres personnes qui étaient elles aussi dans la même situation que toi…Ou du moins sur quelques points. » Ça non plus, il n’y crut pas un seul instant, et cela dut se voir au sourire un peu moqueur qui vint relever le coin de ses lèvres. Il secouait la tête lorsque Remus se leva subitement, et son regard cobalt resta ancré sur la silhouette du professeur. Avant même qu’il ne put répondre quelque chose, son interlocuteur reprit : « Je crois que je t’ai assez dérangé pour aujourd’hui…Peut-être que je devrais rejoindre mes appartements maintenant. »

    Il hocha doucement la tête. Lupin était mal à l’aise, et cela se voyait ; il ne désirait pas le retenir ici et le presser de questions. Le Poufsouffle se leva à son tour, faisant racler sa chaise sur le sol froid de la bibliothèque, et rassembla ses affaires qu’il mit dans son sac. « Vous savez, pour un homme censé avoir affronté des créatures dangereuses, vous faites pourtant un piètre menteur face à un simple élève. » Son ton aurait pu être sec et cassant, mais il n’en était rien. Au contraire, Evander espérait arracher un sourire au professeur et sa voix était légère, douce. Comme Lupin refusait de croiser son regard, il vint se placer face à lui et chercha ses prunelles claires, sans se départir de son sourire tranquille. « Vous n’étiez pas obligé de répondre, vous savez. Un simple “Cette question est trop personnelle” aurait suffi, je ne suis pas du genre à insister. » Il laissa un court silence passer, puis continua : « Vous n’êtes pas obligé de partir, c’est moi qui vais y aller, mon cours de Méta va bientôt commencer. » A vrai dire, il n’avait pas la moindre idée de l’heure qu’il était, mais Lupin n’irait certainement pas vérifier son emploi du temps, et puis, il valait mieux que ce soit lui qui s’éclipse. Au moins, il épargnerait à Lupin de donner l’impression de fuir. Il tendit une main à Remus. « Vous êtes quelqu’un de bien, et j’ai décidé de vous faire confiance, alors… je préfère que vous ne répondiez pas du tout plutôt que vous trouviez des excuses. Ma curiosité n’en sera pas satisfaite, mais au moins, je saurai quelles questions poser et lesquelles éviter. » Son sourire se teinta de malice. De complicité, peut-être.

    Il se détourna pour prendre son sac posé sur la table et, avant de s’éloigner, acheva :

    « Merci, prof. Merci pour tout. Bonne fin de journée ! »

    L’instant d’après, il avait disparu derrière une rangée d’étagères, laissant le professeur seul dans la bibliothèque.



THE END (at last)
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Quarante-huit. Aïe. [Remus !]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Quarante-huit. Aïe. [Remus !]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
#. Eloge de la folie :: SWELLING SOLUTION :: Saison 1-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit